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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 20:43

Minéraliser les émissions de carbone : une méthode ancienne qui a peu d'avenir

Atlantico.fr : Qu'en est-il réellement de la maturité technique des solutions de Captation et de Stockage du Carbone ?

François Gervais : La minéralisation du CO2 sous forme de carbonate de calcium, principal constituant du calcaire, est connue et pratiquée depuis l’antiquité. La calcination du calcaire produit la chaux vive, l’oxyde de calcium, lui-même assez réactif pour absorber le CO2 atmosphérique en reformant du carbonate de calcium. Les différents projets de séquestration en sont des variantes. 

Le principal problème est une question d’échelle. Bien qu’il ne représente que 0,04 % de sa composition en volume, l’atmosphère contient 3200 milliards de tonnes de CO2. Le GIEC nous dit que doubler cette proportion échaufferait la Terre entre 1°C et 2,5°C, fourchette d’incertitude de la réponse climatique transitoire. 44 % des émissions restent dans l’air. Emettre ou éviter d’émettre une tonne de CO2 aurait donc un impact sur le climat de (1/3200000000000) x 44 % x (1°–2,5°C), soit 0,2 millième de milliardième de degré C, ou 0,2 picodegré C par tonne de CO2. Le seuil de mesurabilité de la température de la Terre étant de 0,06°C, le projet islandais reste excessivement loin du compte. Rappelons que les principaux pays émetteurs sont dans l’ordre décroissant, Chine, États-Unis, Inde, Russie, Japon, la France arrivant très loin derrière avec seulement 0,9 % des émissions mondiales. Globalement, il faudrait minéraliser 300 milliards de tonnes de CO2 atmosphérique pour commencer à avoir un début d’impact mesurable sur le climat. Les deux stations en activité les plus dimensionnées, l’une américaine, l’autre canadienne, ne stockent annuellement que le millionième de cet objectif.

Soulignons une autre illustration de ces ordres de grandeur. Usines désertées, constructions et travaux publics interrompus, mobilité en chute libre, tourisme à l’arrêt, entreprises et compagnies aériennes au bord de la faillite : autant d’émissions de CO2 en moins. Mais quel a été l’impact de la récession économique due au confinement lié au covid-19 sur le taux de CO2 dans l’air ? Surprise : il reste parfaitement invisible dans la tendance mesurée à l’Observatoire de Mauna Loa (www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/mlo.html).

Rappelons que le Français émet en moyenne 5 tonnes de CO2 par an. L’impact des 65 millions de nos concitoyens sur le climat est donc limité à 65000000 x 5 t/an x 0,2 picodegré/t, soit moins de 0,0001°C par an, restant très en-dessous du seuil de mesurabilité. 

Sont-elles, dans l'absolu, réellement porteuses pour l'environnement ?

Serait-il réellement porteur pour l’environnement d’installer des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de stations de stockage suffisamment dimensionnées compte-tenu de leurs inévitables nuisances, indépendamment du coût qui serait prohibitif ? 

En revanche, un tiers des émissions de CO2 bénéficient à la croissance de la végétation et aux plantes nutritives. Les satellites observent ainsi un verdissement de la Terre, l’équivalent d’un sixième continent vert de 18 millions de kilomètres carrés (33 fois la superficie de la France métropolitaine) correspondant à une augmentation de biomasse de 20 %. Le bénéfice pour l’Humanité entre 1961 et 2011 a ainsi atteint 520 milliards d’euros pour le riz à lui seul, 245 milliards d’euros pour le blé, 3000 milliards d’euros pour l’ensemble des plantes nutritives. A moins de 0,015 % de CO2 dans l’atmosphère, les plantes meurent. Son augmentation de 0,01 % en un siècle peut être vue comme une marge de sécurité.   

Quelles solutions alternatives pourraient-être envisageables ? 

Plutôt que minéraliser le CO2, une solution pourrait être de l’utiliser en le transformant en algocarburant par un procédé de photosynthèse à base de micro-algues. Pour l’instant, le retour énergétique sur investissement énergétique ne semble pas encore au rendez-vous. Les recherches se poursuivent. Si elles débouchent, il n’est pas exclu qu’à terme le CO2 atmosphérique devienne une richesse énergétique s’ajoutant à son caractère indispensable et irremplaçable pour la croissance de la végétation et des récoltes.

Atlantico le 21 juin 2020

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 22:36

Communiqué de presse de l’Imperial College of London du 01/04/2020

Des chercheurs ont trouvé des preuves de forêts tropicales humides près du pôle Sud il y a 90 millions d’années, suggérant que le climat était exceptionnellement chaud à l’époque.

Une équipe du Royaume-Uni et d’Allemagne a découvert des sols forestiers du Crétacé à moins de 900 km du pôle Sud. Leur analyse des racines, du pollen et des spores préservés montre que le monde à cette époque était beaucoup plus chaud que ce que l’on pensait.
La découverte et l’analyse ont été effectuées par une équipe internationale de chercheurs dirigée par des géo scientifiques du Alfred Helgener Institute Helmholtz Center for Polar and Marine Research en Allemagne et comprenant des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Leurs résultats ont été publiés le 1er avril dans la revue Nature .
La co-auteure Tina van de Flierdt, du Département des sciences de la terre et de l’ingénierie de l’Imperial College a déclaré :

La préservation de cette forêt vieille de 90 millions d’années est exceptionnelle, mais le monde qu’elle révèle est encore plus surprenant. Même pendant les mois d’obscurité, les forêts pluviales tempérées marécageuses ont pu pousser près du pôle Sud, révélant un climat encore plus chaud que ce que l’on attendait.

Tina van de Flierdt de l’Imperial College , co-auteure

Les travaux suggèrent également que les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère étaient plus élevés que ce que l’on pensait au milieu du Crétacé, il y a 115 à 80 millions d’années.

Le milieu du Crétacé a été l’apogée des dinosaures, mais a également été la période la plus chaude des 140 dernières millions d’années, avec des températures sous les tropiques pouvant atteindre 35 degrés Celsius et le niveau de la mer 170 mètres plus haut qu’aujourd’hui.

Cependant, on savait peu de choses sur l’environnement au sud du cercle antarctique à cette époque. Les chercheurs ont découvert des preuves d’une forêt pluviale tempérée dans la région, comme on en trouverait aujourd’hui en Nouvelle-Zélande. Et cela malgré une nuit polaire de quatre mois, ce qui signifie que quatre mois par an, il n’y avait pas du tout de soleil pour donner la vie.

La présence de la forêt suggère que les températures moyennes étaient d’environ 12 degrés Celsius et qu’il n’y avait probablement pas de calotte glaciaire au pôle Sud à l’époque.

Les preuves de la forêt antarctique proviennent d’un noyau de sédiments forés dans le fond marin près des glaciers de Pine Island et de Thwaites dans l’ouest de l’Antarctique. Une section du noyau, qui aurait initialement été déposée sur terre, a attiré l’attention des chercheurs avec sa couleur étrange.

L’équipe a scanné la section du noyau et a découvert un réseau dense de racines fossiles, qui était si bien conservé qu’on pouvait distinguer des structures cellulaires individuelles. L’échantillon contenait également d’innombrables traces de pollen et de spores de plantes, y compris les restes de fleurs jamais trouvées à ces hautes latitudes antarctiques.

Pour reconstruire l’environnement de cette forêt préservée, l’équipe a évalué les conditions climatiques dans lesquelles vivent les descendants modernes des plantes, ainsi que l’analyse des indicateurs de température et de précipitation au sein de l’échantillon.

Ils ont constaté que la température moyenne annuelle de l’air était d’environ 12 degrés Celsius, soit environ deux degrés de plus que la température moyenne en Allemagne aujourd’hui. Les températures estivales moyennes étaient d’environ 19 degrés Celsius. La température de l’eau dans les rivières et les marécages a atteint jusqu’à 20 degrés et la quantité et l’intensité des précipitations dans l’ouest de l’Antarctique étaient similaires à celles du pays de Galles d’aujourd’hui.

Site de découverte en antarctique (Crédit : Imperial college of london)

Les chercheurs concluent qu’il y a 90 millions d’années le continent antarctique était couvert d’une végétation dense, qu’il n’y avait pas de calotte glaciaire dans la région du pôle Sud et que la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère était beaucoup plus élevée que cela était supposé précédemment pour le Crétacé.

L’auteur principal, le Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine, a déclaré :

Avant notre étude, l’hypothèse générale était que la concentration mondiale de dioxyde de carbone dans le Crétacé était d’environ 1000 ppm. Mais dans nos expériences basées sur des modèles, il a fallu des niveaux de concentration de 1120 à 1680 ppm pour atteindre les températures moyennes à l’époque dans l’Antarctique.

Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 12:03
Durant l’année 2018, l’Afrique a connu plusieurs grandes zones de conflictualité. Qu’il s’agisse de l’Afrique du Nord, de l’espace saharo-sahélien, de la zone tchado-nigériane, de la Centrafrique (RCA), de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ou de la Corne de l'Afrique, en 2019, toutes continueront à faire l'actualité.  Nulle part, en effet, le réel n’est pris en compte, toutes les solutions proposées étant d’ordre électoral. 
 
Or, les élections africaines relevant de l’ethno-mathématique, elles ne font que confirmer les rapports démographiques, à savoir que les peuples les plus nombreux l’emportent toujours sur les moins nombreux. 
Tant qu’une évolution du « One man, one vote » individualiste vers un vote de groupe ne sera pas définie, au lieu de pacifier les situations conflictuelles, la démocratie ne fera donc que les envenimer. 
 
Au point de vue économique, durant l’année 2018, les pays producteurs de matières premières n’ont toujours pas entamé l’impératif mouvement de diversification qui, seul, pourrait leur permettre d’échapper aux malédictions liées à la variation des cours. 
 
Au point de vue social, le continent continuera à s’enfoncer dans le néant,  sa démographie y étant plus forte que le développement. 
Le cas du Sahel est à cet égard particulièrement parlant. Voilà en effet une région incapable de nourrir ses habitants et où la population double quasiment tous les 25 ans avec un croît de 3,9% et une moyenne de 7,6 enfants par femme. En 2040, cette région fragile, en voie de désertification et aux ressources plus que limitées, devra ainsi faire vivre plus de 150 millions d’habitants !!!
 
Pour simplement stabiliser la pauvreté, il faudrait à l’Afrique une croissance de 7% par an durant plusieurs décennies. Or, avec une croissance moyenne de 2 à 3%, le continent s’appauvrit année après année.
 
Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement quand, par manque de confiance, les investisseurs boudent l’Afrique ? Là encore, les chiffres sont sans appel : en 2017, sur 2000 milliards de dollars d’IED (investissements étrangers directs) mondiaux, le continent dans la globalité de ses 55 Etats et de son 1,2 milliard d’habitants, en a reçu 60, soit moins que l’Irlande qui, avec ses 5 millions d’habitants en a engrangé plus de 79 milliards…
 
Les « Gilets jaunes », et plus généralement tous les contribuables, seront intéressés d’apprendre que, selon les chiffres officiels du gouvernement, en 2018, la France aura versé 10,45 milliards (mds) d’euros pour l’APD (Aide publique au développement), soit 2 mds de plus qu’en 2015, 75% de cette somme allant à l’Afrique. Si à ces cadeaux faits grâce aux impôts des Français, nous ajoutons les 2 mds liés à l’asile et à l’intégration, le milliard de l’aide aux mineurs isolés et divers autres postes associés à la gestion de l’immigration africaine, comme l’aide médicale, ce sont au minimum 15 mds  (sans compter les dons faits par les régions), qui auront servi à contenter le Zambèze tout en rationnant la Corrèze... 
A titre de comparaison pédagogique, le budget du ministère du Travail et de l’emploi est de 13,1 mds, celui du ministère des Solidarités et de la Santé de 9 mds, celui de la Sécurité de 13,64 mds et celui de la Justice de 7,29 mds...
Bernard Lugan, http://bernardlugan.blogspot.com, janvier 2019

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 12:02

Emmanuel Macron s'apprête à recevoir les présidents sénégalais et ivoiriens. Migrations, pauvreté, démographie... Les problèmes du continent africain sont nombreux : mais la France est très loin d'être en mesure de contribuer à leur résolution.

Vendredi 20 avril 2018, les deux derniers piliers de l’ancienne «françafrique», à savoir les présidents Macky Sall du Sénégal et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, seront reçus par Emmanuel Macron. La situation du continent africain est à ce point préoccupante que l’on voit mal ce que pourra leur promettre le président français en dehors de discours creux et de vœux pieux ?

D’autant plus que, contrairement aux idées-reçues, l’Afrique ne compte pas pour l’économie française. Alors que la totalité de ses exportations mondiales est d’un peu moins de 500 milliards d’euros, la France vend à la seule Afrique sud saharienne pour à peine 14 milliards d’euros de biens et marchandises, soit moins de 3% de toutes ses exportations. La zone CFA totalise à elle seule 46% de ces presque 14 milliards, soit à peine un peu plus de 1% de toutes les exportations françaises. Pour ce qui est des importations, les chiffres sont voisins. Quant à la zone CFA elle-même, elle n’est pas cette «chasse commerciale gardée» permettant aux productions françaises de bénéficier d’une sorte de marché réservé comme certains l’affirment puisque, depuis une décennie, la part de la France dans le marché de cette zone n’est en effet que de 11% environ, loin derrière la Chine.

Militairement, c’est sur la France que repose la «police» du Sahel. Or, Paris n’est pas en mesure de s’attaquer aux causes de la guerre qui s’y déroule. Ces dernières sont en effet inscrites dans la géographie et l’histoire de cette vaste région dans laquelle les populations «blanches», ou du moins à peau «claire», ultra minoritaires vivent au nord cependant que des populations noires vivent au sud. Traditionnellement, les pasteurs nordistes razziaient les agriculteurs vivant le long du fleuve.

La colonisation rassembla nomades et sédentaires dans les limites administratives de l'AOF (Afrique occidentale française). Lors de la décolonisation, les délimitations internes à ce vaste ensemble devinrent des frontières d'Etats. A l'intérieur de ces frontières, l’ethno-mathématique électorale donna automatiquement la victoire, donc le pouvoir aux plus nombreux, c’est-à-dire aux sudistes. Au Mali et au Niger, les Touareg qui refusèrent d’être soumis à leurs anciennes victimes se soulevèrent à maintes reprises. C'est sur ce terreau propice que se développèrent ensuite les trafiquants de toutes sortes, puis, aujourd’hui les islamistes, le djihadisme étant d’abord ici la surinfection d’une plaie ethnique.

Conscient que la question est insoluble, le président français cherche donc actuellement une porte de sortie.

Plus généralement, les dirigeants français ont bien conscience que ni la France, ni même l’Union européenne ne peuvent véritablement aider l’Afrique. Comment le pourraient-ils quand, du nord au sud et de l'est à l'ouest, le continent africain est ravagé par des guerres ou des crises. De la Méditerranée aux prolongements sahariens, la dislocation libyenne entretient un foyer majeur de déstabilisation. Dans le cône austral, ce qui fut la puissante Afrique du Sud sombre lentement dans un chaos social. De l'Atlantique à l'océan Indien, toute la bande sahélienne est enflammée par un mouvement à la fois fondamentaliste et mafieux dont les ancrages se situent au Mali, dans le nord du Nigeria et en Somalie; plus au sud, la Centrafrique a explosé cependant que l'immense RDC n'en finit pas de mourir.

Economiquement, et à l’exception d’enclaves dévolues à l’exportation de ressources minières confiées à des sociétés transnationales sans lien avec l’économie locale, l’Afrique est aujourd’hui largement en dehors du commerce, donc de l’économie mondiale. Malgré le pétrole et les minerais, sa part dans les échanges mondiaux (importations plus exportations), est en effet dérisoire. De 6% en 1980, elle s’est effondrée à 2% dans la décennie 1990, avant de «remonter» à un peu plus de 3% aujourd’hui.

En Afrique, les crises alimentaires sont permanentes, les infrastructures de santé ont disparu comme l'a montré la tragédie d'Ebola en Afrique de l'Ouest ou la flambée de peste à Madagascar, l'insécurité est généralisée et la pauvreté atteint des niveaux sidérants.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population du continent, soit environ 600 millions de personnes, vit avec moins de 1,25 dollar (moins de 1 euro) par jour. Si nous ajoutons à ce chiffre les 250 millions d'Africains ayant un revenu situé entre 2 et 4 dollars, soit, juste à la limite supérieure de l'extrême pauvreté, cela fait un total d'environ 670 millions d'Africains sur une population totale de 1,1 milliard qui vit dans la pauvreté.

Le développement passe par la formation de cadres et par l'innovation, or sur une moyenne de moins de 200 000 brevets d’inventions déposés dans le monde, environ 0,2% le sont par des Africains, dont les 80% par des Sud-africains dont 90% par des Sud-Africains blancs, les 10% restant par des Sud-Africains d’origine indienne. Le drame est que l’Afrique ne dépose pas de brevets, mais qu’elle exporte ses cerveaux, ce qui est clairement une forme d’assassinat pour un continent qui ne compte que 83 ingénieurs par million d’habitants quand l’Europe en a 1 000.

Des diplômés quittent donc l’Afrique où ils sont indispensables, pour aller s’employer dans le monde développé industrialisé où ils sont en surnombre. Or, cette nouvelle forme de traite des Noirs qui porte sur les plus précieux des Africains, ses diplômés, se fait avec l’habituelle complicité des «gentils» de l’anti-ségrégation et des requins du capitalisme associés pour la circonstance. Au nom du paradigme de la culpabilité qui les hante, les premiers s’interdisent de voir qu’en les accueillant, ils saignent l’Afrique. Les seconds les encouragent à venir au nom des lois du marché, du travail global et de la mobilité de la main d’œuvre. Résultat, des dizaines de milliers de boat people se livrent au bon vouloir de gangs qui les lancent dans de mortelles traversées en direction de la «terre promise» européenne.

Le président Macron est conscient de ce problème, mais il n’a aucun moyen, sinon homéopathique, de persuader les Africains de le régler. A moins d’établir un partenariat avec les pays de l’Afrique du Nord qui vont être les premiers à être touchés car, c’est d’abord sur eux que vont se déverser les futures masses de migrants sub-sahariens.

Comment en serait-il autrement alors que la croissance démographique africaine est supérieure à 3% ? Elle est le résultat d'une fécondité très élevée (4,5 enfants par femme au Soudan et 7,1 au Niger), ce qui fait qu’en 2040, le Sahel, région fragile et aux ressources plus que limitées devra faire vivre plus de 150 millions d'habitants.

Là encore, la France est impuissante car elle n’a aucun moyen de contraindre les Africains à adopter de drastiques mais impératives politiques de contrôle des naissances.

Bernard Lugan, le 20 avril 2018

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 12:02

 

INTRODUCTION

Dans les années 1960 l'Asie, en proie aux guerres et à la pauvreté extrême, était le continent dont l'avenir était le plus compromis. Cinquante ans plus tard, dans le contexte de la mondialisation, il est devenu la locomotive de la croissance mondiale avec des puissances établies comme le Japon et émergentes, comme la Chine ou l'Inde.

Cette situation très encourageante ne doit pas pour autant occulter les immenses défis auxquels doivent faire face les habitants de la région. Ainsi convient-il de s'interroger : la croissance économique rapide est-elle forcément au service du développement , c'est-à-dire du bien- être des populations;  en d'autres termes est-elle durable ?

Pour répondre à cette question essentielle il conviendra tout d'abord de présenter les aspects et les causes de la croissance économique de l'Asie du Sud et de l'Est, puis d'analyser les difficultés d'une partie importante de la population, enfin de mettre en évidence les risques environnementaux et politiques liés à cette course à la croissance.

 

1- La région qui tire la croissance économique mondiale

Cette première partie relaie le mot "croissance" de l'intitulé et vise donc à démontrer que l'espace étudié connaît une croissance économique très rapide.

A- L'intégration dans la mondialisation de l'Asie du Sud et de l'Est (CONSTAT)

- Espace Pacifique est devenu l'espace le plus dynamique dans le cadre de la mondialisation. En 2015 la région = 40% du PMB (produit mondial brut) Les États moteurs = Japon, les Dragons et les Tigres + Chine et Inde.

- Depuis 2000, la croissance de la région = x4.5 celle de la zone euro.

- FTN asiatiques de plus en plus puissantes et nombreuses: ACER, TATA, HYUNDAI, SAMSUNG, TOYOTA etc.

B- Des facteurs explicatifs multiples 

- Essor très important des échanges (puissance commerciale) et des productions grâce à la DIT (division internationale du travail) qui conduit aux IDE / délocalisations d'entreprises occidentales pour profiter d'un coût de main d'oeuvre très avantageux. 

- Stratégies de décollages successifs (« oies sauvages » débuté par le Japon puis copié par les Dragons et la Chine qui suivit le processus de manière accélérée) d'où un rattrapage technologique (industries de pointe très performantes au Japon, chez les Dragons et désormais en Chine)  et pays ateliers (Vietnam, Indonésie) / Chine devenue « l'usine du monde » / Inde « bureau du monde »

- Un effort considérable sur le système d'éducation: désormais l'Asie forme des élites (chercheurs, ingénieurs, professeurs,  médecins etc.) comparables ou supérieures à celles des pays de la Triade hors Japon. Ex: résultats exceptionnels des élèves de Singapour, Taiwan, Shanghai ou Corée.

C- Le circuit intégré asiatique

- L'essor économique s'explique aussi par l'intégration croissante des économies régionales. 

-des échanges intra-régionaux en forte croissance (désormais plus de la 1/2 des échanges globaux de la zone) / notion de "corridor économique" / ASEAN / Organisation de Shanghai / « Chindia »

 

2- Des difficultés importantes pour les populations de la région

Cette seconde partie est liée au terme "défi" du sujet. Elle traite les problèmes principaux des populations

A- Des progrès incontestables

- baisse de la fécondité par le planning familial (Ex: Inde) ou des politiques volontaristes ("enfant unique" en Chine) et la scolarisation des filles / augmentation des revenus / quasi-disparition des crises alimentaires (famines)

B- Les défis démographiques

- vieillissement ("choc argenté") / sex-ratio préoccupant en Inde ("fondamentalisme démographique") et en Chine : environ 120 hommes pour 100 femmes / dans certains pays la croissance assez rapide de la population (Philippines, Indonésie) est problématique.

C- Les problèmes liés à la métropolisation

- exode rural, urbanisation souvent incontrôlée – bidonvilles- , pollutions, circulation chaotique, insécurité = violences + fragilisation / catastrophes naturelles. Ex: Mumbai, Djakarta, Manille, Shanghai 

D- Des inégalités sociales croissantes sources de tensions

- 40% de la pop. de l'Asie du Sud vit avec moins de 1.25$/jour, 17% en Asie de l'Est

- écart croissant des niveaux de vie entre villes et campagnes / littoraux et zones continentales (différence de 1 à 10 en Chine)

- Des IDH qui restent moyens dans la plupart des pays sauf dans le cas du Japon et des Dragons

- des mouvements sociaux plus fréquents comme en Thaïlande ("chemises rouges"), Cambodge ou Bangladesh

Conclusion provisoire: on a donc une croissance sans développement satisfaisant pour une majorité de la population.

 

3- Des menaces sérieuses : l'environnement et les rivalités régionales

Cette troisième et dernière partie répond à la question des "défis" dans les domaines environnemental et géopolitique

A- L'environnement sacrifié sur l'autel de la croissance: la durabilité du modèle de croissance compromise

- Situation très préoccupante dans tous les domaines environnementaux

- Epuisement des ressources qui conduit la Chine à l'achat de terres rares et agricoles notamment en Afrique / déforestation (Indonésie)

- Pollutions diverses qui ont d'ores et déjà des effets sanitaires graves (surmortalité en Chine par ex à cause de la pollution de l'air) 

RQ: les émissions de CO2/ hab (le CO2 n'étant pas un facteur polluant mais d'effet de serre) de la zone restent toutefois inférieures à celle de la plupart des pays occidentaux ou du Moyen-Orient.

B- Une région où les tensions politiques demeurent

- Idée fondamentale: pour répondre aux besoins croissants des Etats entrent en conflit pour la maîtrise de richesses naturelles (voir les problèmes de ZEE entre Chine et Japon / Chine et Vietnam / Malaisie pour des îles à cause de la présence avérée de ressources pétrolières). 

- La croissance rapide des deux géants (Chine et Inde) conduit à exacerber les tensions entre ceux-ci ("stratégie du collier de perle" de la Chine pour encercler l'Inde) et inquiète les voisins.

- Conséquence: des budgets militaires en forte augmentation dans la plupart des pays

 

CONCLUSION

La région connaît depuis une vingtaine d'années un véritable miracle économique dont le prix à payer en terme d'équilibre sociétal et environnemental est élevé.

L'urbanisation galopante qui accompagne l'essor économique crée de nouvelles difficultés insolubles pour les habitants. Ceux-ci globalement plus aisés en ville qu'en milieu rural sont encore nombreux à vivre sous le seuil de grande pauvreté. En outre, les problèmes environnementaux se cumulent et si un début de réaction des autorités publiques a eu lieu, il semble encore bien timide pour faire face aux conséquences déjà palpables de la croissance explosive.

Pour l'instant condamnée à copier un modèle de développement traditionnel issu des pays occidentaux qui continuent largement à l'appliquer eux-mêmes, les responsables politiques de l'Asie devront sans doute changer de paradigme pour répondre plus efficacement aux besoins essentiels de leurs citoyens, liés de fait au destin de leur environnement écologique.

 

 

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 10:02

Les chiffres parlent: si dans les années 1960, les africains qualifiés, universitaires ou cadres étaient moins de 2000 à émigrer chaque année, ce chiffre a triplé entre 1975 et 1984, puis décuplé à la fin des années 1980, pour atteindre aujourd'hui le chiffre énorme de 20000 départs annuels. L'Afrique de vide ainsi de ses cerveaux ! Dans ce monde compétition, que deviendront nnos nations africaines dépourvues de cadres d'administration ou d'affaires, d'enseignants, d'ingénieurs, de chercheurs, alors que celles des autres continents investissent précisément dans le facteur humain ? D'autant que cette « fuite des cerveaux » profite en fin de compte aux pays développés, à tel point que le président de la Commission de l'Union africain, Alpha Oumar Konaré, va jusqu'à qualifier le phénomène de traite des cerveaux »

 

Anicet Georges Dologuélé, ancien premier ministre centrafricain, Jeune Afrique, 25 décembre 2005, p51

 

Dans les faits, il apparaît que la migration estudiantine peut aussi être une stratégie délibérée pour les candidats à l'émigration. En effet, qu'il s'agisse des EU, de la France ou de l'Allemagne, les conditions d'obtention d'un visa pour un étudiant sont en général moins restrictives que celle que doit remplir un Africain déjà diplômé (…) Au terme de son cursus, les pays d'accueil accordent d'ailleurs habituellement un délai de plusieurs mois aux diplômés pour trouver un emploi correspondant à leur formation et prolonger aini, cette fois-ci dans la vie active, leur séjour. Si les Etats voient d'un bon oeil l'arrivée des étudiants étrangers, ils ne sont pas les seuls. Les universités, elles aussi, apprécient la venue de ces populations. La raison est simple: elles reprsentent souvent une source de financement très intéressante pour leur budget

Revue Jeune Afrique, 24 octobre 2010, page 165

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:07
Schéma concernant le conflit israélo-palestinien

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 13:06
A de rares exceptions près, cette carte met en lumière une rupture civilisationnelle et géopolitique, laquelle ?

A de rares exceptions près, cette carte met en lumière une rupture civilisationnelle et géopolitique, laquelle ?

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 22:21

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9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 09:35

Choisissez le croquis le plus adéquat pour répondre au sujet et reproduisez-le sur la carte vierge donnée en cours

Organisation et dynamiques territoriales au Brésil
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