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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

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"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 08:13

Ces peurs ne sont que l'autre face d'un mensonge qui fut propagé par ignorance, pour les uns, et par intérêt pour les autres. Non, la globalisation ou la mondialisation ne fut pas, ne fut jamais « heureuse ». Le mythe du « doux commerce » venant se substituer aux conflits guerriers a été trop propagé pour ne pas laisser quelques traces... Mais à la vérité ce n'est qu'un mythe. Toujours, le navire de guerre a précédé le navire marchand. Les puissances dominantes ont en permanence usé de leur force pour s'ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l'échange.

La mondialisation que nous avons connue depuis près de 40 ans a résulté de la combinaison de la globalisation financière qui s'est mise en place avec le détricotage des accords de Bretton Woods en 1973, et de la globalisation marchande, qui s'est incarnée dans le libre-échange. A chacune de leurs étapes, ces dernières ont imposé leur lots de violences et de guerre.

Nous en voyons aujourd'hui le résultat: une marche généralisée à la régression, tant économique que sociale, qui frappe d'abord les pays dits « riches » mais qui n'épargne pas ceux que l'on désigne comme des pays « émergents ». Elle conduit à une surexploitation des ressources naturelles plongeant plus d'un milliard et demi d'être humains dans des crises écologiques qui vont chaque jour empirant. Elle a provoqué la destruction du lien social dans un grand nombre de pays et confronté là aussi des masses innombrables au spectre de la guerre de tous contre tous, au choc d'un individualisme forcené qui laisse présager d'autres régressions, bien pires encore. De cette mondialisation, il a résulté des changements majeurs, rarement positifs, d'une telle ampleur que cela a conduit à la fétichiser. De phénomène historique, elle est apparue sous la plume de ses défenseurs comme un être doté de conscience et d'omniscience, capable de réaliser le bonheur de tous. Quel mensonge et quelle dérision ! On nous a fait oublier que, produit de l'action humaine, elle était condamnée à connaître le sort es autres produits de l'action humaine, et donc à disparaîre. On a voulu la comparer à une force transcendante pour mieux masquer les intérêts qu'elle a servis. En ceci il faut voir une capitulation de la pensée.

Jacques Sapir, La démondialisation, 2012, Ed. Seuil

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 09:02

Les chiffres parlent: si dans les années 1960, les africains qualifiés, universitaires ou cadres étaient moins de 2000 à émigrer chaque année, ce chiffre a triplé entre 1975 et 1984, puis décuplé à la fin des années 1980, pour atteindre aujourd'hui le chiffre énorme de 20000 départs annuels. L'Afrique de vide ainsi de ses cerveaux ! Dans ce monde compétition, que deviendront nnos nations africaines dépourvues de cadres d'administration ou d'affaires, d'enseignants, d'ingénieurs, de chercheurs, alors que celles des autres continents investissent précisément dans le facteur humain ? D'autant que cette « fuite des cerveaux » profite en fin de compte aux pays développés, à tel point que le président de la Commission de l'Union africain, Alpha Oumar Konaré, va jusqu'à qualifier le phénomène de traite des cerveaux »

 

Anicet Georges Dologuélé, ancien premier ministre centrafricain, Jeune Afrique, 25 décembre 2005, p51

 

Dans les faits, il apparaît que la migration estudiantine peut aussi être une stratégie délibérée pour les candidats à l'émigration. En effet, qu'il s'agisse des EU, de la France ou de l'Allemagne, les conditions d'obtention d'un visa pour un étudiant sont en général moins restrictives que celle que doit remplir un Africain déjà diplômé (…) Au terme de son cursus, les pays d'accueil accordent d'ailleurs habituellement un délai de plusieurs mois aux diplômés pour trouver un emploi correspondant à leur formation et prolonger aini, cette fois-ci dans la vie active, leur séjour. Si les Etats voient d'un bon oeil l'arrivée des étudiants étrangers, ils ne sont pas les seuls. Les universités, elles aussi, apprécient la venue de ces populations. La raison est simple: elles reprsentent souvent une source de financement très intéressante pour leur budget

Revue Jeune Afrique, 24 octobre 2010, page 165

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 11:00

 

Sujet

Travailler et obéir au village en Europe occidentale du XI e au XIII e siècles

 

Problématiques possibles

  • Comment a évolué le quotidien des villageois entre le XI et XIII siècles ? (plan chronologique)

  • Quelles étaient les contraintes et traits de la vie paysanne ? (plan thématique)

  • Qui détenait le pouvoir au sein des villages et quelles activités prédominaient ? (plan thématique)

Mots clés

tenancier, serf, assolement triennal, légumineuses, moulins, charrue, collier d'épaule, réchauffement climatique, droit de ban, champart, cens, banalités, dîme, eucharistie...

 

Introduction possible

Durant le moyen-âge central le village constitue le lieu de vie de 90% des habitants d'Europe occidentale. Espace du quotidien marqué par l'emprise à la fois seigneuriale et de la religion catholique, symbolisée par le château et l'église, il est profondément marqué par le travail agricole qui reste de loin l'activité principale de la population européenne.

Il est donc intéressant, dans ces conditions, de se demander quelles étaient les contraintes et traits principaux de la vie paysanne.

Pour répondre à cette question il conviendra dans un premier temps de montrer que la terre est le support majeur du travail des villageois, puis d'insister sur la figure du seigneur comme élément du pouvoir exercé sur les villageois, enfin d'évoquer l'omniprésence de la puissance spirituelle de l'Eglise.

 

 

Plan possible

 

1- La terre, support essentiel du labeur villageois

A- Les travaux agricoles  

    • Le rythme des saisons

    • La petite exploitation est la règle

    • La part prépondérante des céréales

    • Outillage simple

B- Temps de progrès

    • Les outils s'améliorent (charrue remplace l'araire, collier d'épaule remplace collier de cou)

    • La généralisation de l'assolement triennal et donc aussi diversification des cultures (légumineuses, plantes textiles et tinctoriales)

    • L'ère des moulins qui se multiplient (à eau, à vent orientable, à marée)

    • Un climat plus généreux (réchauffement)

    • Les défrichements et leurs conséquences 

2- Le seigneur comme figure centrale du pouvoir au sein des villages

A- Une autorité et une force que symbolise le château-fort

    • Le droit de ban (droits de mutations et banalités)

    • La fonction combattante: source de protection et de crainte

    • Une autorité parfois contestée: les révoltes paysannes et l'octroi de chartes (XII-XIIIe siècles)

B- Une ponction importante sur le travail paysan

 

                     - la propriété terrienne, source du pouvoir seigneurial

                     - la plupart sont des tenanciers et serfs dont le nombre diminue tout de même.

                     - Le droit de propriété: champart, cens, corvées, banalités

 

3- L'omniprésence de l'autorité spirituelle de l'Eglise

A- Un bâtiment au cœur de tout village: l'église

    • Un monument qui s'impose à tous et domine architecturalement l'habitat.

    • Un lieu commun à tous pour les offices religieux.

    • Le rappel d'un impôt à payer: la dîme

B- Un personnage clé: le prêtre

    • Un guide pour les âmes, relais indirect de l'autorité papale à Rome

    • Des règles rigoureuses à suivre (messes fréquentes avec la communion = eucharistie, confession des péchés, jeûne, pélerinage)

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 11:19

Abbaye de Fronfroide (Département de l'Aude, France)

 

Les premières en date de ces règles occidentales, celle d'Augustin, remontent au IVè siècle et la plus connue attribuée à Benoît de Nursie. (…) Ces associations (les monastères) autonomes qui s'égrènent sur quinze siècles présentent les propriétés qu'on reconnaît non aux choses mais aux corps vivants: la stabilité (ils résistent à ce qui pourrait les démolir aisément), la solidité, preuve de solidarité entre ses constituants, la cohérence, pour ne pas dire la cohésion, et la figurabilité (un faciès propre à chacun).

Levons de suite un quiproquo. Le moine (du grec monos, seul) n'est pas celui qui vit seul, à part, en anachorète, mais celui qui cherche à se sanctifier en s'unifiant lui-même. Le péché est éparpillement. Les frères sont disponibles mais suroccupés, avec un horaire qui ne paraît pas laisser de temps mort (cuisine, vaisselle, lessive, intendance, travail de la terre, offices etc.). (…)

Chacun des trois vœux solennels du profès1 est un cri d'insoumission, un gant jeté à notre nouvel ordre moral: la chasteté, un défi à l'obligation de « jouissez sans entraves »; la pauvreté, à l'arrogance économique; l'obéissance, aux fastidieux devoirs de scandale. (...)La recherche en intimité de l'Un salvateur – l'union à Dieu et l'unité en soi – n'implique pas l'isolement physique. Comme s'il fallait se mettre à plusieurs pour atteindre au recueillement, rassembler son cœur et ses forces. (…) « La première espèce de moines, dit la règle de St Benoît, est celle des cénobites, c'est-à-dire de ceux qui vivent en commun dans un monastère et combattent sous une règle et un abbé. »

(…) Tout espace clos commande la vertu parce que la survie d'un microcosme2 étanchéisé dépend de sa discipline (...)

L'assemblée médiévale des frères applique depuis le VIè siècle le principe de l'élection pour désigner le supérieur (qui n'apparaît dans les communes qu'en 1143). Élection consensuelle, visant à l'unanimité, après longue discussion. Les cisterciens ont inauguré le vote à bulletin secret, et les dominicains, le vote à la majorité simple.(...)

Très longue est la liste de ce que nous devons aux frères des villes et des clairières: nos meilleurs collèges (Oxford et Cambridge), nos écoles militaires, nos maisons de retraite, notre hôtellerie, nos ladreries3, orphelinats, bibliothèques, asiles de fous, nos hospices et nos hôpitaux. Ajoutons-y pèle-mêle, la gastronomie, le réseau routier (ponts, quais, viaducs compris), l'agriculture et l'agronomie, les eaux et forêts, la papeterie (proche des moulins à eau), la bière (inventée au IXè siècle, les premières brasseries ayant été des couvents, et la bière trappiste gardant la palme), le whisky, né dans les monastères d'Écosse (sans doute du besoin d'alcooliser l'eau par mesure d'hygiène), en plus du houblon et de l'orge, la vigne et le vin (nécessaire à l'eucharistie), le marquage du temps (l'horloge mécanique, progrès technique décisif, inventée pour calculer et synchroniser les offices). Un bouffeur de curés emprunte sa langue aux moines chaque fois qu'il parle de déjeûner (rompre le jeûne), de sa profession (déclaration de foi), sa pitance (la portion du moine), qu'il rejette toute capitulation (le compromis passé entre l'abbé et ses subordonnés, les moins capitulaires)qu'il veut avoir voix au chapitre ou pouvoir décompter les voix, s'agissant de bulletins récoltés par tel candidat (car le moine devait déclarer son opinion à haute et intelligible voix), à l'issu d'un scrutin (scrupuleux dénombrement de voix). N'oublions pas en chemin la lecture silencieuse qui a rompu avec un millénaire de lecture acoustique, à haute voix.

Régis debray, Le feu sacré, Chapitre Fraternité « l'exploit monastique », Folio-essais, 2003,

 

1- Personne qui fait ses voeux religieux

2- Image réduite du monde, société en miniature

3- Lieux pour soigner les lépreux

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:50

Le sacrement du baptême, miniature XIIe siècle

L'intégration d'un nouveau né à la communauté des fidèles passe par le baptême. Ce sacrement qui efface le péché originel a donc une fonction sociale. En cas d'urgence, les laïcs, hommes et femmes, doivent l'administrer eux-mêmes. (…)

Autre rite de passage auquel préside le curé, le mariage doit désormais se dérouler publiquement. Les empêchements entraînés par la parenté canonique (réduits par Latran IV de 7 à 4 degrés) relèvent désormais de l'officialité. Partout les célébrations clandestines sont condamnées, sous peine d'amende pour le célébrant. Il appartient également au curé de publier les sentences d'excommunication dont les évêques usent et abusent. De simples prêtres vont jusqu'à prendre l'initiative de telles sanctions. L'abus des excommunications (souvent pour dettes) explique qu'elles ne frappent outre-mesure les destinataires qui font même de l'obstruction. (…) L'obligation pour les paroissiens d'assister aux offices ne se limite pas à la messe du dimanche. Elle s'étend aux jours fériés (de 50 à 60 selon les diocèses). Le contrôle du clergé s'étend désormais à la pratique des sacrements imposée par le canon de Latran IV: « tout fidèle parvenu à l'âge de discrétion doit confesser ses pêchés au moins une fois l'an à son curé, accomplir la pénitence qui lui est imposée, recevoir au moins à Pâques, le sacrement de l'eucharistie ». L'idée que les sacrements sont des remèdes et celui qui les administre un médecin fait figure de lieu commun que diffusent les prédicateurs.

La confession, tout en évitant l'enfer au pénitent, assure l'emprise du curé sur ses paroissiens. A partir de 8 ans, ceux-ci doivent avouer leurs fautes au moins une fois par an. (…) Il n'est pas encore question de confessionnal, mais les prêtres doivent disposer d'un endroit « où les gens puissent les voir l'étole au cou ». Également sous l'influence du concile de Latran IV, la généralisation de la communion pascale a pour corollaire le développement d'un respect quasi-superstitieux pour le Saint Sacrement.

B. Merdrignac, la Vie religieuse en France au Moyen-Âge, Synthèse-Histoire, 1994

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 08:42

L’avocat Robert Kennedy junior, neveu de l’ancien président américain John F. Kennedy, a révélé dans un article pour le magazine Politico les véritables causes de la guerre en Syrie.

La racine du conflit armé en Syrie, provient en grande partie du refus du président syrien Bachar al-Assad du passage d’un pipeline de gaz du Qatar vers l’Europe.

« La décision américaine. d’organiser une campagne contre Bachar al-Assad n’a pas commencé avec les manifestations pacifiques du printemps arabe en 2011, mais en 2009, lorsque le Qatar a offert de construire un pipeline pour 10 000 millions de dollars qui traverserait l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie" 

Ce projet aurait veillé à ce que les pays arabes du Golfe aient un avantage décisif sur les marchés mondiaux de gaz et aurait renforcé le Qatar, un proche allié de Washington dans la région, a déclaré Kennedy junior.

Le président syrien Bachar al-Assad, a rejeté le projet au motif que cela nuirait aux intérêts de son allié russe, le plus grand fournisseur de gaz naturel vers l’Europe. Un an plus tard, Al-Assad a commencé à négocier avec l’Iran pour construire un autre gazoduc qui transporterait le gaz de l’Iran vers le Liban et le pays perse serait devenu un des plus grands fournisseurs de gaz vers l’Europe, a expliqué l’avocat.

640x392_28014_250597Immédiatement après le refus du projet initial, les agences de renseignement américaines, Le Qatar, l’Arabie Saoudite et le régime israélien ont commencé à financer la soi-disant opposition syrienne et à préparer une révolte pour renverser le gouvernement syrien, a dit M. Kennedy, qui a cité des données de divers rapports de renseignement auxquels il a eu accès.

 

Dans cet objectif, la CIA a transféré six millions de dollars à la télévision britannique Barada dans le but de préparer des reportages en faveur du renversement du président syrien, a-t-il ajouté.

La CIA a utilisé les membres du groupe extrémiste État islamique pour protéger les intérêts des Etats-Unis sur les hydrocarbures et instrumentaliser les forces radicales pour réduire l’influence de (l’ancienne) Union Soviétique dans la région a conclu le jeune avocat Robert Kennedy.

Pendant ce temps, les Etats-Unis poursuivent leur soutien financier, logistique et militaire aux groupes d’opposition armés, qui ont échoué à renverser le gouvernement syrien, malgré cinq années de guerre.

Les États-Unis essayent même d’obtenir la levée des sanctions qui empêchent l’envoi d’armes anti-aériennes au territoire syrien dans le but de renforcer le front de groupes armés qui luttent contre l’armée arabe syrienne.

16 février 2016, reseau international.net

Sources:

http://www.politico.eu/article/why-the-arabs-dont-want-us-in-syria-mideast-conflict-oil-intervention/

http://www.hispantv.com/newsdetail/siria/216231/siria-crisis-transferencia-gas-catar-eeuu-isis


 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 08:40

On a vu des puissances hégémoniques depuis l'origine de l'humanité. Mais la suprématie des Etats-Unis aujourd'hui 'hui se distingue entre toutes par la rapidité avec laquelle elle est apparue, par son envergure planétaire et les modalités qu'elle revêt. Il aura fallu moins d' un siècle aux Etats-Unis, dont le rayonnement était jusqu'alors cantonné à l'hémisphère occidental,pour se transformer- sous l'influence de la dynamique des relations internationales - en une puissance dont le poids et la capacité d' intervention sont sans précédent.

(...)

La domination culturelle des États-Unis a jusqu'à présent été un aspect sous-estimé de sa puissance globale. Quoi que l'on pense de ses qualités esthétiques, la culture de masse américaine exerce, sur la jeunesse en particulier, une séduction irrésistible. Malgré l'hédonisme superficiel et les styles de vie stéréotypés qu'elle vante, son attrait n'en demeure pas moins irréfutable. Les programmes américains alimentent les trois quarts du marché mondial de la télévision et du cinéma. Cette domination est tout aussi marquée dans le domaine des musiques populaires, et, de plus en plus, des phénomènes de mode – vestimentaires, alimentaires ou autres - nés aux États-Unis se diffusent par imitation dans le monde entier. Sur Internet, l'anglais sert de lengua franca et une majorité écrasante des services en ligne, sur les réseaux informatiques, sont localisés aux États Unis, ce qui a une influence décisive sur le contenu des communications.

Les États-Unis attirent, dans une proportion de plus en plus grande, les individus qui souhaitent approfondir leur formation ou se spécialiser. On estime à un demi-million les entrées annuelles sur le territoire de nouveaux étudiants étrangers. Parmi les meilleurs d'entre eux, bon nombre ne retourneront jamais dans leur pays d'origine. On trouve des diplômés des universités américaines dans les cabinets gouvernementaux sur tous les continents.

 

Auteur: Zbigniew Brzezinski Date de parution: 1997

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:42

"En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le "cancer" qui ronge irrémédiablement les économies de marchés de propriété privée." Maurice Allais

La grande dépression de 1929-1934 et le mécanisme du crédit

L'origine et le développement de la Grande Dépression de 1929-1934 représentent certainement la meilleure illustration que l'on puisse donner des effets nocifs du mécanisme du crédit :

Ø la création de monnaie ex nihilo par le système bancaire ;

Ø la couverture fractionnaire des dépôts ;

Ø le financement d'investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme ;

Ø le financement de la spéculation par le crédit

Ø et les variations de la valeur réelle de la monnaie et de l'activité économique qui en résultent.

L'ampleur de la crise de 1929 a été la conséquence inévitable de l'expansion déraisonnable des crédits boursiers qui l'a précédée aux États-Unis et de la montée extravagante des cours de Bourse qu'elle a permise, sinon suscitée. 

Au regard de la prospérité de l'économie et de la montée des cours jusqu'en 1929, le diagnostic de l'opinion dominante était aussi général qu'affirmatif. Il s'agissait d'une « New Era », d'une nouvelle ère de prospérité générale, qui s'ouvrait au monde entier.

Cependant, l'analyse qui précède montre avec quelle prudence on doit considérer la prospérité d'une économie en termes réels, dès lors que se développent des déséquilibres potentiels, à première vue mineurs en valeur relative, mais susceptibles d'entraîner, lorsqu'ils se concrétisent et se cumulent, de profondes modifications de la psychologie collective.

 

La crise mondiale d’aujourd’hui et la Grande Dépression: de profondes similitudes

 

D De profondes similitudes apparaissent entre la crise mondiale d'aujourd'hui et la Grande Dépression de 1929-1934: la création et la destruction de moyens de paiement par le système du crédit, le financement d'investissements à long terme avec des fonds empruntés à court terme, le développement d'un endettement gigantesque, une spéculation massive sur les actions et les monnaies, un système financier et monétaire fondamentalement instable.

Cependant, des différences majeures existent entre les deux crises. Elles correspondent à des facteurs fondamentalement aggravants.

·       1- En 1929 , le monde était partagé entre deux zones distinctes : d'une part, l'Occident, essentiellement les États-Unis et l'Europe et, d'autre part, le monde communiste, la Russie soviétique et la Chine. Une grande part du tiers-monde d'aujourd'hui était sous la domination des empires coloniaux, essentiel­lement ceux de la Grande-Bretagne et de la France. 

Aujourd'hui, depuis les années 70, une mondialisation géographiquement de plus en plus étendue des économies s'est développée, incluant les pays issus des anciens empires coloniaux, la Russie et les pays de l'Europe de l'Est depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. La nouvelle division du monde se fonde sur les inégalités de développement économique.

Il y a ainsi entre la situation de 1929 et la situation actuelle une différence considérable d’échelle, c’est le monde entier qui actuellement est concerné. 

·       2- Depuis les années 70, une seconde différence, majeure également et sans doute plus aggravante encore, apparaît relativement à la situation du monde de 1929. 

Une mondialisation précipitée et excessive a entraîné par elle-même des difficultés majeures. Une instabilité sociale potentielle est apparue partout, une accentuation des inégalités particulièrement marquée aux États-Unis, et un chômage massif en Europe occidentale

La Russie et les pays de l'Europe de l'Est ont rencontré également des difficultés majeures en raison d'une libéralisation trop hâtive. 

Alors qu'en 1929 le chômage n'est apparu en Europe qu'à la suite de la crise financière et monétaire, un chômage massif se constate déjà aujourd'hui au sein de l'Union européenne, pour des causes très différentes, et ce chômage ne pourrait qu'être très aggravé si la crise financière et monétaire mondiale d'aujourd'hui devait se développer. 

·      3- En fait, on ne saurait trop insister sur les profondes similitudes, tout à fait essentielles, qui existent entre la crise d'aujourd'hui et les crises qui l'ont précédée, dont la plus significative est sans doute celle de 1929. Ce qui est réellement important, en effet, ce n'est pas tant l'analyse des modalités relativement complexes, des « technicalities » de la crise actuelle, qu'une compréhension profonde des facteurs qui l'ont générée. 

De cette compréhension dépendent en effet un diagnostic correct de la crise actuelle et l'élaboration des réformes qu'il conviendrait de réaliser pour mettre fin aux crises qui ne cessent de ravager les économies depuis au moins deux siècles, toujours de plus en plus fortes en raison de leur extension progressive au monde entier. 

Rien de fondamentalement nouveau dans la crise de 1929

Ce qui, pour l'essentiel, explique le développement de la New Era, aux États-Unis et dans le monde, dans les années qui ont précédé le krach de 1929, c'est l'ignorance, une ignorance profonde de toutes les crises du XIXe siècle et de leur signification réelle.

La crise de 1929-1934 n'était en fait qu'une répétition particulièrement marquée des crises qui s'étaient succédé au XIXème siècle[10], et dont sans doute la crise de 1873-1879 avait été une des plus significatives. En fait toutes les grandes crises des XVIII, XIX et XX siècles ont résulté du développement excessif des promesses des promesses de payer et de leur monétisation. Partout et à toute époque, les mêmes causes génèrent les mêmes effets et ce qui doit arriver arrive.

Maurice Allais

 

[10] 

  Lors de la crise de 1837, le révérend Leonard Bacon déclarait dans son sermon du 21 mai : « A few months ago, the unparalleled prosperity of our country was the theme of universal gratulation. Such a development of resources, so rapid an augmentation of individual and public wealth, so great a manifestation of the spirit of enterprise, so strong and seemingly rational a confidence in the prospect of unlimited success, were never known before. But how suddenly bas all this prosperity been arrested ! That confidence, which in modern times, and especially in our own country, is the basis of commercial intercourse, is fai­ling in every quarter ; and all the financial interests of the country seem to be convulsed and disorganized. The merchant whose business... [was] conducted on safe principIes... [finds that] loss succeeds to loss, till he shuts up his manufactory and dismisses his laborers. The speculator who dreamed himself rich, finds his fancied riches disappearing like an! exhalation... What more may before us... It is enough to know that this distress is hourly becoming wider and more intense...» (in Irving Fisher, Booms and Depressions, 1932).

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 21:02
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 16:59

75%, c'est désormais la part des français qui considèrent qu'il y a trop d'immigrés , 60% pensant qu'on « ne se sent plus chez soi comme avant en France »

Cette enquête intitulée « fractures françaises » parue en avril 2014, ne fait que confirmer une tendance mesurée par les sondages depuis des années. Ipsos met ainsi en évidence une évolution profonde de la société sur les thématiques identitaires: repli et crispation identitaire, exacerbation de la défiance.. Les résultats confirment l'hostilité parfois massive à l'égard des étrangers:66% des français sont ainsi d'accord avec l'idée selon laquelle il y a trop d'étrangers en France, 47% pensent que pour réduire le nombre de chômeurs il faut réduire le nombre d'immigrés. Le rejet de l'Islam est majoritaire: 63% des français considèrent que cette religion n'est pas compatible avec les valeurs de la société française. (46% à gauche 72% à l'UMP). L'évolution concerne une majorité de citoyens quelle que soit leur couleur politique (…)

Cette évolution sociétale est-elle spécifique à l'Héxagone ?

Une autre enquête de l'institut IPSOS en juin 2011 permet de prendre du recul et d'observer ces tendances à l'échelle mondiale. L'étude menée dans 23 pays du monde montre que si 54 % des français pensent qu'il y a trop d'immigrés, ce pourcentage correspond à la moyenne des pays interrogés. Le pourcentage est beaucoup plus élevé pour les britanniques (77%), , les belges (72%), les italiens et les espagnols (67%), les russes (77%), les argentins (61%), les indiens (59%) ou les américains (60%)... et singulièrement bas pour le Japon (30%) où les flux migratoires sont très faibles. (...) Difficile au vu de ces résultats de soutenir que le rejet de l'immigration exprimerait donc la peur d'une Europe blanche, chrétienne, vieillissante face à une immigration extra-européenne, musulmane et jeune. Processus universel, la peur de l'immigration concerne tous les individus quelle que soit leur origine ou leur culture.

En 2014 une enquête consacrée aux musulmans de région parisienne montre à bien des égards que la perception de l'immigration n'est pas très différente quelle que soit l'origine des français concernés. Ainsi, si 82% des musulmans franciliens interrogés sont favorables au droit de vote des étrangers ils sont la moitié à juger « qu'il y a trop d'immigrés » (5 points de plus que la moyenne francilienne), et 52% à considérer que l'on « ne se sent plus chez soi comme avant » (11 points de plus que la moyenne francilienne).

C. Guilluy, La France périphérique, Champs Essai,2014

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