• : HISTOIRE-GÉO en LIBERTÉ
  • : Ce lieu permet d'approfondir les thèmes abordés en classe, de clarifier des points essentiels de méthodologie et d'affûter son esprit critique. Il est dédié aux esprits curieux qui ont soif de compréhension et de liberté intellectuelle.
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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 11:51

breughel

L'étude des jeux et des traités de pédagogie témoigne de l'attention portée aux enfants; on les laisse jouer aux osselets, à la pirouette (la toupie), à la poupée, aux cartes, à la petite guerre, comme faisait Duguesclin avec de jeunes garnements de son âge. L'adulte doit les corriger très jeunes, "plier la verge tant qu'elle est grêle et tendre" (car elle casserait), ne pas hésiter à réprimander, puis à frapper, même s'ils pleurent, car ils sont violents et ont tendance à faire nombre de vilaines choses, à voler, à blasphémer. On leur apprendra d'abord les deux commandements de Dieu: aimer Dieu, aimer son prochain puis, le plus tôt possible, un métier.  Les deux plus beaux sont ceux de clerc (car rien ne s'oppose a priori à ce que l'on devienne prélat, saint ou pape) et de chevalier. Il faut les commencer fort jeunes; durant le Haut Moyen Age, ce sont des bébés que l'on confie à des monastères qui savent parfaitement les élever; au XIIe siècle encore, Suger a commencé à 5 ou 6 ans. Les futurs chevaliers s'entraînent dès 7 ans et au plus tard à 10 ans. A Florence, au début du XVe siècle, on place les petites filles dès 8 ans chez un patron, où on les "oublie"; le garçon en apprentissage au même âge continue à résider fort souvent chez ses parents et y revient quand il se marie; dès 13 ans, filles ou garçons sont considérés comme des adultes et, s'ils sont autonomes, peuvent se marier.

En somme les enfants sont en partie protégés dans la société chrétienne: les avortements, les infanticides, les pratiques contraceptives chez les époux sont péché mortel puni et réprimé, et l'on recommande la continence durant les règles, pour éviter de procréer des enfants monstrueux, durant la grossesse pour éviter de léser ou d'écraser l'embryon, et durant l'allaitement, car on pense que le lait maternel est formé du sang menstruel et qu'une nouvelle fécondatio mobiliserait ce sang et amènerait la mort du nourrisson.

Il existe donc un amour de l'enfant. Mais il est en partie faussé par la dureté des conditions matérielles: morts nombreuses et précoces, souci d'assurer une production future et rapide. Du fait de la brièveté de la vie, les activités productives commencent beaucoup plus tôt que de nos jours et finissent plus tôt encore.

Robert Delort, La Vie au Moyen Age, chapitre "Structures mentales et vie sociale", Ed Point Histoire, 1982 

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