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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

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"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

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"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:24

 

inquisition

 

Viennent immédiatement à l'esprit, dès que ce mot est prononcé, des aveux extirpés sous la torture, une justice expéditive, un bûcher... L'Inquisition c'est avant tout un tribunal de l'Eglise catholique romaine relevant du droit canonique et chargé de statuer sur les cas de non-conformité avec le dogme qui lui sont soumis. Cette juridiction exceptionnelle représente l'autorité du pape lorsque les tribunaux ecclésiastiques s'avèrent inadaptés (...) la procédure inquisitoire est d'abord mise en place au XIIè et XIIIè siècles à des fins de discipline ecclésiastique. L'Eglise s'en sert ensuite pour lutter contre les hérésies. Concernant les peines, la papauté se contente de reprendre celles émises par les pouvoirs temporels - qui se chargent le plus souvent de condamner et brûler les hérétiques, sorcières ou sodomites, sans elle. Dans une société où la foi est prépondérante, les pouvoirs civils veulent avant tout préserver l'ordre social. (...)

Généralement c'est l'évêque qui est chargé du procès mais le pape peut déléguer son autorité à un inquisiteur, la plupart du temps choisi parmi les franciscains ou les dominicains. Les procédures religieuses sont tout aussi rudimentaires que celles de l'autorité civile de l'époque. Quelquefois plus progressistes: un notaire transcrit tous les débats, les accusés ne sont pas incarcérés durant toute la procédure et peuvent récuser un juge ou faire appel à Rome. Ceux qui confessent leurs fautes reçoivent une pénitence religieuse -la fustigation publique au cours d'une messe, l'entretien d'un pauvre, la confiscation des biens ou l'exil, le pèlerinage; dans le cas contraire ils sont excommuniés.

L'usage de la torture ou question, massivement utilisée par les tribunaux séculiers, n'est pas l'apanage de l'Inquisition qui n'y recourt que rarement ou de manière exceptionnelle (moins de 10% des cas)/ Un ecclésiastique ne pouvant verser le sang, les avuex obtenus sous la torture ne sont pas recevables. Dans l'ensemble, le tribunal inquisitoire condamne peu. 

Alors si la justice inquisitoriale s'est montrée beaucoup moins expéditive que la civile, pourquoi cette légende noire ? La mémoire collective a retenu la répression contre les albigeois lors d'une croisade menée de 1208 à 1249 par les grands barons du nord de la France. Mais c'est surout le fanatisme de l'inquisiteur espagnol; Torquemada (XVè siècle) qui a marqué durablement les esprits. La contre-réforme protestante au XVIè siècle, l'antipapisme de l'Eglise anglicane, Voltaire luttant contre l'obscurantisme et, au final, une IIIè République anticléricale: un ensemble de mutations qui va ancrer durablement la vision erronée mais qui convient mieux aux mentalités de notre siècle.

Olivier Tosseri, revue Historia

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