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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:10


Fin 2007, les habitants des villes sont devenus plus nombreux que ceux des campagnes : ils sont 3,3 milliards. En 2030, ils représenteront 60 % de la population mondiale. La plupart d'entre eux vivront dans le monde en développement. Mais si les mégapoles se multiplient, c’est aussi le cas des bidonvilles, où vit environ le tiers des habitants des cités. 

Les mégapoles

En 2005, on dénombrait vingt agglomérations de plus de 10 millions d’habitants, alors qu'elles n'étaient que deux en 1950 et trois en 1975. Quinze de ces villes se situent dans des pays en développement. A elles seules, ces vingt mégapoles représentent 9 % de la populationmondiale. La plus grande d'entre elles est Tokyo, avec 35 millions d'habitants. Les 9 autres plus importantes mégapoles seront Mumbai (ou Bombay) et Mexico avec 21 millions d'habitants, São Paulo -20 millions, New York -19 millions, Delhi -18 millions, Shanghai -17 millions, enfin, Calcutta, Dhaka et Jakarta avec 16 millions d'habitants. (1)

loadimg (1)

Les tissus urbains des grandes villes ont tendance à fusionner pour créer de gigantesques « conurbations ». Ainsi, le corridor de Tokaido, autour de Tokyo et d’Osaka, pourrait représenter plus de 80 millions d’habitants, tandis que le corridor du Nord-Ouest, entre Washington, New York et Boston en compterait 55 millions. Souvent, la limite exacte entre une ville et une agglomération est difficile à tracer. 

Les dynamiques d’urbanisation

La population mondiale s’est rapidement urbanisée au XXème siècle. Alors que la population des villes dépassait à peine 13% en 1900, elle a atteint 50% en 2007. On est passé de 220 millions d’urbains en 1900 à 3,3 milliards en 2007. La population de l’Europe, de l’Amérique et de l’Océanie est déjà urbaine à plus de 70%. Celle de l’Afrique et de l’Asie l’est moins (environ 40% d’urbains), mais devrait l’être à plus de 50% d’ici 2030.

Cette transformation s’est accomplie en grande partie en raison de l’exode rural. Dans les pays du Nord, la migration des habitants des campagnes vers les villes a débuté dès le XVIIIe siècle. Aujourd’hui, elle concerne essentiellement les pays du Sud et s’accentueront dans les prochaines décennies. Selon les Nations-Unies, 50% de la croissance des villes des pays en développement est liée à l’exode rural.

Ce phénomène coïncide avec l’explosion démographique, caractéristique commune aux pays en développement(l’Afrique est passée de 302 millions d’habitants en 1975 à 922 millions en 2005). La croissance extrêmement rapide de certaines villes pose évidemment des problèmes de gestion considérables. Selon le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA), la ville de Dhaka, par exemple, est passée de 300 000 habitants en 1950 à 10 millions en 2004.

A l'inverse, dans certains pays développés, des citadins quittent les espaces urbains pour s’établir dans de petites communes. Ils constituent le groupe des néo-ruraux. En France, au cours des cinq dernières années, 2 millions de citadins seraient partis des espaces urbains pour s’installer dans des communes de moins de 2000 habitants (2).

croissance des megapoles

Formes urbaines

Les villes peuvent prendre des formes très différentes.
Contrairement à la ville européenne, la ville d’Amérique du Nord a un centre ville conçu selon un plan hippodamien (les rues se croisent à angle droit). Ces villes sont composées de trois couronnes : - la première constitue le CBD (central business district), c’est-à-dire le quartier des affaires,

- la seconde correspond à une zone de forte paupérisation (ghettos)

- tandis que les périphéries, très étalées dans l’espace, abritent des foyers aux revenus confortables.

En Afrique, la formation des villes est liée à l’héritage colonial, à l’exception de quelques villes anciennes d’Afrique du Nord et de la vallée du Nil.

Ces villes attirent de nouvelles populations, grignotant ainsi un peu plus l’espace et accélérant la fragmentation urbaine. La ville africaine est en effet souvent une ville étalée, au développement périphérique «bidonvillaire». L’agglomération du Caire, par exemple, s’étend sur 46 kilomètres du Nord au Sud et 35 kilomètres d’Est en Ouest.

La ville d’Amérique latine propose quasiment les mêmes modalités de développement. A partir d’un tissu urbain fortement marqué par la période coloniale (plan en damier par exemple), se développe une périphérie caractérisée par un habitat précaire (bidonvilles), notamment dans les vallées. Un habitat individuel et aéré tend également à se diffuser à proximité de ces foyers d’habitations modestes.

Exclusion

En Europe, l’étalement urbain peut s’accompagner d’une forme d’exclusion et d’éloignement culturel même s’il faut distinguer le péri-urbain des classes défavorisées du péri-urbain constitué de maisons individuelles pour classes moyennes voire supérieures.

Dans d’autres endroits, l’urbanisation entraîne la multiplication de quartiers informels, favelas, barrios, taudis, bidonvilles, etc. caractérisés par une grande pauvreté, un mauvais accès à l’eau potable ou aux sanitaires, à l’éducation, aux services de santé, etc.
En 2005, 37 % de la population urbaine des pays en développement habitait dans les bidonvilles.

La ville dense

Au niveau mondial, la densité urbaine moyenne est de 906 hab/km2 . Elle est plus forte dans les pays en développement, où elle atteint 1392 hab/km2, voire 2547 hab/km2 dans les pays les moins développés. (3) Dans les grandes métropoles, les concentrations atteignent des valeurs très élevées. Ainsi, Paris a une densité de 20 437 hab/km2 pour une densité nationale de 109 hab/km2 ; Londres avoisine les 5000 hab/km2 pour une densité nationale de 400 hab/km2 .

En termes de surface, les citadins se concentrent sur 2,7% des terres émergées. Mais, paradoxalement, si la population des villes augmente, la densité de celles-ci diminue : les villes s’étalent. Le phénomène prend des formes très différentes selon les régions et les périodes, mais on estime que la surface des grandes agglomérations urbaines croît d’environ 1% par an en moyenne en Europe. Sur la période 1990-2000, la croissance des zones urbaines et des infrastructures associées équivaut à 800 000 hectares (soit une augmentation de 5,4% sur la période), l’équivalent de la surface du Luxembourg, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement. (4)

Par ailleurs, une hauteur importante des immeubles ne signifie pas forcément concentration, en effet, un grand ensemble de banlieues avec ses grandes esplanades vides alentour est deux fois moins dense qu’un quartier haussmannien.

Densité et environnement

La ville dense se trouve souvent associée aux nuisances, à la pollution ou encore au manque d’hygiène. Cependant la ville étalée dévore l’espace et participe à la dégradation de certains milieux et paysages.

Par ailleurs, une ville étalée génère des déplacements urbains pendulaires, et donc davantage d'émissions degaz à effet de serre qu’une ville dense. En revanche, la forte utilisation des transports en commun dans la villecompacte limite et remplace le trafic des véhicules privés, même si la forte pression exercée sur les rares zones libres peut avoir des impacts négatifs sur la qualité des paysages.

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Published by Profhistgéo - dans Géographie 3ème
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