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Le terme « société de consommation » est la simplification du terme « société industrielle de consommation dirigée », défini par Henri Lefebvre comme étant l'état du capitalisme d'après la
Seconde Guerre mondiale (le Salon des arts ménagers en est le fer de lance au milieu des années 1950).
Une société de consommation est une société dans laquelle l'achat de biens de consommation est à la fois le principe et la finalité de cette société.
Dans celle-ci, le niveau moyen de revenu élevé satisfait non seulement les besoins considérés comme essentiels (alimentation,
logement, éducation, santé,…) mais il permet aussi d'accumuler des biens (par plaisir, pression sociale ou publicitaire) et de les utiliser ou juste les montrer (pour des raisons esthétiques ou autres), dépenses que certains jugent superflues[4]. Son symbole est l'objet « consommable » qui s'use et qu'il faut renouveler, voire l'objet jetable. S'il est possible de produire des objets
plus résistants, celà augmenterait leur coût et leur durée de vie, ce qui nuirait alors à la consommation.
Pour les opposants à la société de consommation, l'idéologie se résume ainsi : le remède à tous les désirs est de les assouvir. Et pour assouvir ses désirs, il faut gagner suffisamment d'argent pour pouvoir se le permettre. Cela suppose que, dans cette idéologie, tout est mercantilisable.
Certaines critiques insistent sur le fait que cette focalisation sur les biens matériels pose un problème moral et philosophique pour le consommateur, une question
concernant la finalité de l'Homme et de la vie terrestre.
D'autres critiques insistent sur les implications concrètes de la consommation, à travers ce qu'elle implique en termes de production, transport et distribution. Ces critiques pointent notamment les conséquences en termes de conditions de travail, les conséquences sur l'environnement, les ressources naturelles et la santé. La comparaison du niveau de consommation finale avec la capacité terrestre de production de ressources natruelles et d'absorption de la pollution a conduit à l'émergence d'un concept scientifique de surconsommation.
Sur le plan philosophique, la recherche de bien matériels, quête sans fin, pousserait également selon certains au phénomène moral de surconsommation.
La critique de la consommation se réalise à plusieurs niveaux qui entraînent parfois des confusions :
C'est dans cette perspective que rentre la consom'action (néologisme) ou consommation responsable est un phénomène socio-culturel récent, principalement dans des milieux "alternatifs". Il exprime l'idée selon laquelle on peut "voter avec son caddie" en choisissant à qui l'on donne son argent, en choisissant de consommer non plus seulement de manière consumériste, mais en tenant compte du « développement durable ».
Un axe de défense de la consommation, repose sur l'idée qu'il s'agit d'une évolution naturelle et inéluctable des sociétés, issue du progrès technique ainsi que de l'enrichissement généralisé. Vue sous l'angle de la microéconomie, cette défense postule qu'une consommation croissante est le fruit du désir naturel de bien-être matériel de chaque individu.
La défense de la consommation repose également sur l'idée que cette décision individuelle, égoïste dans son principe selon le terme utilisé en sociologie de la consommation, abouti à
l'enrichissement généralisé de la société.
La consommation créé et maintient l'emploi, la hausse du niveau de vie, l'innovation et la créativité humaine, etc.
Dans cette perspective, des phénomènes condamnés par la morale classique - le gaspillage, le superflu, l'éphémère et la redondance - constituent en fait des moteurs du développement économique et de l'innovation.
D'un point de vue moral, la quête du superflu serait même l'une des caractéristiques qui distinguerait l'être humain de l'animal,
limité dans ses attentes, besoins, envies et aspirations.
La société de consommation a également été présentée comme un élément positif d'un point de vue moral par opposition à d'autres modèles sociaux. La quête de biens matériels et leur possession permettant de canaliser les passions humaines dans des domaines d'où la violence (au moins physique) serait exclue. Par ailleurs, les citoyens des sociétés de consommation seraient moins enclins à désirer la guerre compte tenu de ce qu'ils auraient à perdre (biens, niveau de vie).
Philosophie
La philosophie pose notamment la question de la consommation d'un point de vue moral.
Les religions portent généralement un regard relativement distancié, voir critique, vis-à-vis de la consommation qui est représente l'attachement aux
biens matériels du monde et risque donc, à leurs yeux, de détourner l'Homme d'autres valeurs.
- Dans le judaïsme, l'économie du Sabbat et les leçon de la manne apportée par Dieu lors de la traversée du désert par les Hébreux (ne ramasser que ce dont on a besoin, ne pas faire de réserves) ont également été interprété comme des appels à la modération de la
consommation.
- Pour l'église catholique, le synode épiscopal qui a suivi Vatican II a déclaré que la cause philosophique de la société de consommation était un excès d'immanentisme, c'est-à-dire une forme de sensualisme porté exclusivement vers la vie matérielle. [3] Cette forme de matérialisme est apparentée à l'enseignement de Spinoza.
- Dans le bouddhisme, le but de l'Homme est d'atteindre le
Nirvāna, qui se caractérise par la libération de tout désir matériel, source de souffrance, la fusion par la méditation
dans un Tout spirituel qui fait disparaître la personne et la fin du cycle des réincarnations. Ces objectif
apparaissent contradictoire avec une consommation de biens et services allant au-delà de ce qu'exige le maintien en forme de la personne humaine.
Notes et références