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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

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"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:58

Bien que vivant dans une société dominée par les hommes, les femmes jouent un rôle important au moyen Age, et ce dans toutes les couches sociales, à la ville comme à la campagne.

Le modèle chrétien du mariage, édifié sur l'idée d'une union entre deux être égaux, unis de manière indissoluble et liés par des devoirs réciproques, est déjà en soi une amélioration de la situation de la femme dans un couple par rapport à l'Antiquité. "Nec domina, nec ancilla, sed socia", ni maîtresse, ni servante, mais compagne, a-t-on coutume de dire aux temps féodaux. La femme n'est plus une perpétuelle mineure, passant de la tutelle d'un père à celle d'un mari, comme l'exigeait le droit romain.  Dès le VIIè siècle, le consentement des parents, c'est à dire du père et de la mère, n'est plus, aux yeux de l'Eglise, indispensable à la validité du mariage. Une véritable révolution.

A partir du XIIIè siècle, les intérêts financiers de la femme mariée sont préservés. Majeures très jeunes, dès 12 ans dans la plupart des coutumes, les femmes restent propriétaires de leurs biens propres. Les maris en ont l'usage appelé saisine, mais ils ne peuvent, eux, en disposer. A l'inverse en cas de don ou de vente des biens propres au mari, le consentement de la femme doit toujours être mentionné. Les juristes protègent ainsi la future veuve des éventuelles prodgalités de l'époux et des contestations soulevées en cas de décès par les enfants ou les collatéraux. Par ailleurs si la femme apporte une dot, le mari doit lui constituer un douaire, une sorte d'assurance décès. En effet, si l'époux meurt, la femme a la jouissance d'une partie des biens de celui-ci, à la hauteur de la moitié dans les familles roturières et du tiers chez les nobles. Ce droit au douaire a pour but d'assurer sa subsistance au cas où elle ne se remarierait pas, car une femme dotée ne peut plus figurer au partage successoral avec ses frères. L'épouse peut également remplacer son mari absent ou empêché, à plus forte raison en cas de décès, et nombre de châtelaines, devenues chefs de famille, administrent seules les domaines. 

Enfin en ville comme à la campagne, les femmes participent activement à la vie économique. Beaucoup tiennent, avec  leurs maris, des boutiques et des ateliers. Mais une grande partie d'entre elles, célibataires ou veuves, exercent un métier en toute indépendance. D'ailleurs, une commerçante a le droit de témoigner en justice pour tout ce qui concerne son commerce.

Jusqu'à la fin du XVè siècle, les femmes bénéficient de la "capacité juridique", une expression signifiant que l'épouse peut agir sans l'autorisation de son mari. A partir du XVIè siècle, celle-ci va devenir peu à peu juridiquement incapable, c'est-à-dire que ses actes, sans autorisation de son époux seront nuls. Au fil des siècles, le contrôle marital va devenir de plus en plus pesant. Le point culminant de ce long processus aboutira au XIXè siècle, aux mesures du Code Napoléon faisant à nouveau des femmes d'éternelles mineures.

 

Véronique Dumas, revue Historia

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