• : HISTOIRE-GÉO en LIBERTÉ
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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 20:55

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"L'étude de l'histoire apporte à la jeunesse l'expérience qui lui manque, elle peut aider l'adolescent à surmonter sa tentation la plus habituelle: jeter l'exclusive, condamner d'avance telle tendance, telle personne, tel groupe; n'avoir de l'univers qu'une vision limitée à sa vision propre (et s'il ne s'agissait que des adolescents !). A l'âge où il importe de confronter les valeurs reçues, celles de l'entourage, de la petite enfance, de la famille ou du milieu social, avec sa propre personnalité, l'étude de l'Histoire élargirait le champ de cette investigation et fournirait des dimensions impossibles à acquérir autrement. "

Régine Pernoud

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 16:48

 

La liberté de pensée qu'elle implique (l'Histoire) et nécessite comme toute recherche scientifique, ne peut en aucun cas être confondue avec les fantaisies intellectuelles d'un individu, dictées par ses options politiques, ses opinions personnelles ou ses impulsions du moment, ou plus simplement par le désir d'écrire un volume à gros tirage. L'Histoire a son domaine. Elle cesse d'exister si elle n'est plus la recherche du vrai, fondée sur des documents authentiques; elle s'évapore littéralement; mieux elle n'est plus que fraude et mystification. C'est ici l'occasion de citer la très belle définition d'Henri-Irénée Marrou: "Homme de science, l'historien se trouve comme délégué par ses frères les hommes à la conquête de la vérité." 

Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen âge, 1979

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:58

Bien que vivant dans une société dominée par les hommes, les femmes jouent un rôle important au moyen Age, et ce dans toutes les couches sociales, à la ville comme à la campagne.

Le modèle chrétien du mariage, édifié sur l'idée d'une union entre deux être égaux, unis de manière indissoluble et liés par des devoirs réciproques, est déjà en soi une amélioration de la situation de la femme dans un couple par rapport à l'Antiquité. "Nec domina, nec ancilla, sed socia", ni maîtresse, ni servante, mais compagne, a-t-on coutume de dire aux temps féodaux. La femme n'est plus une perpétuelle mineure, passant de la tutelle d'un père à celle d'un mari, comme l'exigeait le droit romain.  Dès le VIIè siècle, le consentement des parents, c'est à dire du père et de la mère, n'est plus, aux yeux de l'Eglise, indispensable à la validité du mariage. Une véritable révolution.

A partir du XIIIè siècle, les intérêts financiers de la femme mariée sont préservés. Majeures très jeunes, dès 12 ans dans la plupart des coutumes, les femmes restent propriétaires de leurs biens propres. Les maris en ont l'usage appelé saisine, mais ils ne peuvent, eux, en disposer. A l'inverse en cas de don ou de vente des biens propres au mari, le consentement de la femme doit toujours être mentionné. Les juristes protègent ainsi la future veuve des éventuelles prodgalités de l'époux et des contestations soulevées en cas de décès par les enfants ou les collatéraux. Par ailleurs si la femme apporte une dot, le mari doit lui constituer un douaire, une sorte d'assurance décès. En effet, si l'époux meurt, la femme a la jouissance d'une partie des biens de celui-ci, à la hauteur de la moitié dans les familles roturières et du tiers chez les nobles. Ce droit au douaire a pour but d'assurer sa subsistance au cas où elle ne se remarierait pas, car une femme dotée ne peut plus figurer au partage successoral avec ses frères. L'épouse peut également remplacer son mari absent ou empêché, à plus forte raison en cas de décès, et nombre de châtelaines, devenues chefs de famille, administrent seules les domaines. 

Enfin en ville comme à la campagne, les femmes participent activement à la vie économique. Beaucoup tiennent, avec  leurs maris, des boutiques et des ateliers. Mais une grande partie d'entre elles, célibataires ou veuves, exercent un métier en toute indépendance. D'ailleurs, une commerçante a le droit de témoigner en justice pour tout ce qui concerne son commerce.

Jusqu'à la fin du XVè siècle, les femmes bénéficient de la "capacité juridique", une expression signifiant que l'épouse peut agir sans l'autorisation de son mari. A partir du XVIè siècle, celle-ci va devenir peu à peu juridiquement incapable, c'est-à-dire que ses actes, sans autorisation de son époux seront nuls. Au fil des siècles, le contrôle marital va devenir de plus en plus pesant. Le point culminant de ce long processus aboutira au XIXè siècle, aux mesures du Code Napoléon faisant à nouveau des femmes d'éternelles mineures.

 

Véronique Dumas, revue Historia

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 13:50

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Georges Duby dans Le mâle Moyen Age a contesté le jugement positif porté par Régine Pernoud sur "la femme au temps des cathédrales". Un autre grand médiéviste, Jeaz Favier considère que "dans l'ensemble le moyen âge protège la femme, tenue pour fragile et exposée." Evidemment si l'on raisonne à partir du concept de "parité", il est certain que la femme, au moyen âge, ne jouit pas de la même autonomie que l'homme. Encore doit-on considérer les droits essentiels dont elle bénéficie. Dans les assemblées urbaines ou les communes rurales, les femmes, lorsqu'elles sont chefs de famille, possèdent le droit de vote. Chez les paysans, les artisans ou les commerçants, il n'est pas rare que la femme dirige l'exploitation, l'atelier ou la boutique. A la fin du XIII siècle, à Paris, on trouve des femmes médecins, maîtresses d'école, apothicaires, teinturières ou relieuses.

Régine Pernoud souligne que, à ce qui se passe en Extrême Orient ou dans les pays musulmans, les progrès du libre choix du conjoint accompagnent la diffusion du christianisme. Entre le Vè et le Xè siècle, l'Eglise se bat pour limiter les cas d'annulation de mariage et interdire la répudiation - coutume romaine et coutume germanique - , ce qui améliore considérablement la condition féminine.

En 1990, Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale, reprend devant l'hémicycle du Palais-Bourbon un vieux mensonge historique: "les docteurs de l'Eglise ont discuté pendant des siècles pour savoir si les femmes avaient une âme".

Lancé au XVII siècle, ce mensonge fait partie depuis du répertaoire anticlérical. Quel est son origine ? Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours, né en 539, raconte un incident survenu cinquante ans avant sa naissance. Au synode de Mâcon en 486, un prélat aurait soutenu "qu'on ne devait pas comprendre les femmes sous le nom d'hommes", utilisant le mot "homo" (être humain) avec le sens restrictif du latin vir (individu de sexe mâle). Grégoire de Tours rapporte que, s'appuyant sur l'Ecriture, "les arguments des évêques firent revenir" l'intervenant de cette interprétation erronée, ce qui fit "cesser la discussion". En fait de contreverse qui aurait duré des siècles, c'est tout. Si l'Eglise avait douté de la pleine nature humaine de la femme (un corps et une âme, selon la théologie), comment aurait-elle pu vénérer la mère du Christ, déclarer saintes tant de martyres de l'aube chrétienne (Agnès, Cécile, Agathe, Blandine...) et distribuer le baptême et communion à des créatures sans âme ?

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D'Héloïse à Hildegarde de Bingen, on ne compte les hautes figures féminines de la chrétienté médiévale. Au XII siècle, la première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chemillé, nommée à 22 ans commande un monastère double, regroupant une communauté d'hommes et une communauté de femmes. Les moines ne se sont jamais plaints d'être dirigés par une femme. Et les reines ? Couronnées comme le roi, elles exercent le pouvoir en leur absence. Aliénor d'Aquitaine ou Blanche de Castille, quelques-unes de ces femmes dominent leur époque

 

Jean Sévilla, Historiquement Correct, 2003

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 16:46

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 22:28

 

fofo_pesq.jpgJuste après la guerre, la Shoah servit aussi à fonder Israël. La souffrance de l'holocauste fut le prix du retrour à Jérusalem, le génocide le paiement de la terre. Il ne fallait pas moins d'un évènement jamais vu, d'un malheur inouï, d'un crime absolu, pour justifier au profit de ses victimes la création d'un état aussi extraordinaire lui-même. Et pour que les autres l'acceptent. Sans la Shoah personne n'aurait admis l'incongruité que fut la création d'Israël. Un bref survol des soixante ans qui l'ont préparé permet de s'en rendre compte.

Né en 1860 à Budapest d'un père banquier, le journaliste et dramaturge Thomas Herzl vit à Vienne dans la bourgeoisie juive libérale dont il partage le goût des lumières et l'assimilation quand, devant la montée de l'antisémitisme (1880-1900), il conçoit l'idée de rassembler le peuple juif dispersé. Il la baptise sionisme  Son nationalisme teinté de social n'est pas religieux, mais colonial: s'étant adressé en vain au Kaiser pour faire aboutir ses projets, il se tourne vers l'Angleterre et plus précisément vers Cecil Rhodes en lui disant "Mon programme est un programme colonial". Il songe à installer sa colonie où on lui laissera un bout de terre, Chypre, l'Ouganda, l'Argentine, le Congo... Il n'est pas religieux, il est même athée, mais avec le temps, il se rend compte que ceux qu'intéresse le projet le sont et que seule Sion les fait rêver, il voit que la "puissante légende" de la Bible, ce sont ses mots est le seul ciment du peuple juif. Aussi avec la première guerre mondiale et le démembrement de l'empire Ottoman, obtient-il en 1917 du premier ministre anglais Balfour, lui-même d'origine juive, que soit garanti "un foyer national juif en Palestine". C'est l'amorce du retour et de la Révolution sioniste.

Rien n'autorisait le premier ministre Britannique à faire cette promesse: à l'époque la guerre n'était pas finie, on ne savait pas comment elle tournerait, ni si les Turcs s'en iraient.  (...) Il fallut pour donner corps à "la déclaration Balfour", obtenir que la France renonce à ses droits au profit de la Grande-Bretagne, ce qui nécessita de nombreuses interventions, dont celle de Léon Blum. Outre ces anomalies diplomatiques, il y en eut une autre, morale, qui devait porter dans la suite des fruits mortels: les populations locales ne furent pas consultées sur ce fameux foyer juif. L'Angleterre obtint seulement l'approbation, sous conditions, de l'un des fils de l'émir du Hedjaz (en quoi était-il compétent ?), par l'intermédiaire du catastrophique Lawrence, dit d'Arabie. La colonisation juive entre les deux guerres fut lente, peu nombreuse, difficile, hétérogène. Des heurts eurent lieu avec les Arabes puis avec la puissance mandataire anglaise. Une armée secrète l'Irgoun, commença contre les uns et les autres une guérilla. Les plus durs de ses membres entrèrent en contact avec les Nazis pour que ceux-ci facilitent l'allia des jeunes de groupes paramilitaires juifs allemands et fournissent des armes contre les anglais.

En 1945, alors que l'Europe exsangue perdait son prestige dans le monde, alors que les emirs coloniaux français et anglais craquaient (...) alors qu’américains et russes entendaient en finir avec un colonialisme qui heurtait leur humanisme affiché et gênait leurs intérêts; à ce moment là commence le processus colonial qui va mener à la création d'Israël. Et cela dans une région très sensible, tout près de l'Egypte et du canal de Suez, tout près de la Syrie que Londres vient de soustraire à l'influence française, non loin de l'Arabie et de son pétrole. Bref dans la poudrière du Proche-Orient, on autorise, au moment où souffle le vent de la décolonisation, la création d'un état colonial, dont on sait de surcroît  par l'expérience de l'entre deux-guerres, que ses colons s'entendent mal avec des indigènes.

Une telle somme d'anomalies inouïes n'a pu passer que grâce à la Shoah.

L'URSS participa au consensus sur Israël. Elle contribua  à sa manière naïve, au récit du crime unique. (...) Elle alla même jusqu'à faire voter à l'ONU en 1975, une résolution assimilant le sionisme à un racisme. Mais jamais elle ne remit en cause la Shoah. (...) Le crime absolu exonérait l'URSS de ses propres crimes (y compris antisémites: plus Hitler avait éliminé de juifs, moins on comptait ceux que Staline avait éliminés) et permettait ainsi de maintenir sur l'ensemble de la planète la préférence communiste. (...) Sans la Shoah, il n'y a plus de "fascisme" qui vaille, il n'y a plus d'arme politique absolue.

Hannibal, A quoi sert l'histoire ? (2009)

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 19:20

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"Les faits rien que les faits !" s'éxclament bien des historiens en herbe... 

On voit bien ici que le fait historique dont l'existence est reconnue par tous, peut être, dès le départ - c'est à dire dès 1789- un objet de manipulation à des fins propagandistes.

Il y a le fait mais surtout, plus important, le regard porté sur le fait qui dépend de la façon dont on le raconte - avec plus ou moins d'exactitude - et de l'importance qu'on lui donne.

Le grand historien Pierre Miquel a même de ce thème écrit un ouvrage intitulé "les mensonges de l'histoire". (2008, coll Tempus)

Voici donc, avec la célèbre (peut-être trop célèbre ?) prise de la Bastille du 14 juillet 1789, la preuve éclatante que l'histoire est très souvent une "série de mensonges sur lesquels tout le monde (ou presque) est d'accord". (Napoléon Bonaparte)

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:45

La légende noire de l'Amérique espagnole n'est pas nouvelle. Elle a été forgée, au XVIIè siècle, par Théodore de Bry. Entre 1590 et 1623, ce protestant flamand a publié une collection de récits de voyages aux Indes dont le but était d'exposer les mille et une turpitudes auxquelles les papistes s'étaient adonnés aux colonies. Les philosophes des Lumières puis les anticléricaux du XIXè siècle ont repris ces accusations. Elles reviennent aujourd'hui dans une autre perspective: il s'agit de vanter l'égalité des cultures et de culpabiliser les anciennes nations colonisatrices.

Dans les guides de voyage consacrés au Pérou ou au Mexique, il est désormais convenu de s'extasier sur les Aztèques et les Incas, face auxquels, sans respect pour leur mode de vie, les conquistadors n'auraient montré que cupidité et brutalité. Les journaux apportent le même écho. "Les conquérants, lit-on dans le quotidien La Croix du 12 octobre 1992, ont argué du caractère sanguinaire de la religion aztèque pour exterminer une civilisation jugée "satanique", mais il n'y eu pas le moindre effort pour essayer de comprendre la signification de certaines pratiques." Le Point du 13 juillet 2001 compare l'empire inca "aux Etats européens de l'époque et aux grandes civilisations de l'Antiquité", tout en admettant qu'on n'y connaissait " ni l'écriture, ni la roue, ni le cheval, ni le boeuf " (une légende photo précise que l'animal de trait des Incas, c'était... la femme); c'est seulement en incidente que les lecteurs apprennent que chez les Incas, "des filles étaient offertes aux fonctionnaires méritants et que d'autres, ne présentant pas le moindre défaut physique, étaient réservées pour les sacrifices humains". Curieux. Les mêmes qui dénoncent sans relâche les méthodes de l'inquisition espagnole se montrent d'une inépuisable indulgence envers les coutumes de l'Amérique précolombienne, pourtant mille fois plus cruelles. Encore une indignation sélective ? Ou serait-ce une forme de mépris, ces civilisations étant trop arriérées pour qu'on puisse leur appliquer les mêmes critères moraux qu'à nous ?Codex Magliabechiano (folio 70r)

(...) Dans les Caraïbes, les tribus cannibales, en perpétuel état de guerre, effectuaient des razzias pour enlever et manger leurs congénères. L'Empire aztèque, une théocratie, vouait un culte au soleil dont la colère devait être apaisée par l'immolation de victimes, choisies de préférence chez l'ennemi. Les conquistadors ont tous dit leur effarement après qu'ils eurent pénétré dans les temples indiens: il s'agissait de charniers envahis par la puanteur et les mouches, où les prêtres mettaient à mort des vierges, des enfants et des prisonniers, arrachant leur coeur pour barbouiller de sang les idoles, puis précipitant les cadavres en bas de l'édifice afin qu'ils soient dépecés et dévorés. "Chaque jour, raconte Bernal Diaz del Castillo, les Indiens sacrifiaient devant nous trois, quatre, cinq hommes dont le sang couvrait les murs. Ils coupaient bras, jambes, cuisses et les mangeaient, comme chez nous, la viande de boucherie". Les temples aztèques que gravissent aujourd'hui les touristes étaient, avant la conquête espagnole, le théâtre d'abominables cruautés. Chez les incas, le phénomène était analogue.

 

Paradoxalement , un espagnol a largement contribué à la légende noire du Nouveau monde. En 1541 Bartolomé de Las Casas adresse à Charles Quint une Brevissime relation de la destruction des Indes, dans laquelle il dénonce l'esclavage et les massacres dont les autochtones auraient été victimes, réduits à "la servitude la plus dure, la plus horrible et la plus implacable qu'on ait jamais imposée à des hommes et à des bêtes." (...)  Mais si excessives que soient les critiques Las Casas elles remplissent un rôle salutaire: elles alertent Charles Quint sur le sort des indiens. Déjà quand Christophe Colomb avait capturé les indigènes et les avait envoyés comme esclaves en Espagne (usage ordinaire dans le monde méditerranéen avant 1492), Isabelle de Castille les avait fait libérer, donnant ses instructions. Les Indiens devaient "être traités comme des personnes libres et non comme des esclaves". Instruction renouvelée en 1504 dans le testament de la reine. (...) En 1542 après avoir pris connaissance des avertissements de Las Casas, Charles Quint édicte de nouvelles lois qui limite les encomiendas et prohibent l'esclavage. Sur place, les ordres ne sont pas forcément suivis. Néanmoins, un droit est défini: c'est un progrès. (...)

Un an après la découverte de l'Amérique, en 1493, le pape Alexandre VI par la bulle Piis Fidelium, affirmait l'unité du genre humain. EN 1537 par la bulle Sublimis Deus, Paul III confirmait ce principe: " Les Indiens sont des hommes véritables, capables de recevoir les foi chrétienne par l'exemple d'une vie vertueuse. Ils ne doivent être privés ni de leur liberté ni de la jouissance de leurs biens".

En 1552, à Lima, le premier concile d'Amérique interdit la destruction des temples et des idoles. "Nous ordonnons, proclament les évêques, que personne ne baptise d'Indien de plus de huit ans sans s'assurer qu'il y vienne voloontairement; ni ne baptise d'enfant indien avant l'âge de raison contre la voloonté de ses parents". Henry Hawks, un protestant anglais, trafique pendant cinq années dans le Nouveau Monde. En 1572, de retour à Londres, il publie une relation de son voyage: "les Indiens révèrent beaucoup les religieux, écrit-il, parce que, grâce à eux et à leur influence, ils se voient libres d'esclavage." (...) Conclusion de Bartolomé Benassar : " L'Eglise du Nouveau Monde est loin d'avoir été toujours exemplaire. Cependant, elle a exercé dans l'ensemble un rôle positif et a été à l'avant garde de la défense des Indiens contre les abus de toutes sortes". 

Une dernière légende: le génocide des Indiens. Selon certaines sources, un demi-siècle après l'arrivée des Européens, 90% de la population indigène auraient été disparu. En réalité, faute de documents fiables, nul ne saurait quantifier avec exactitude la dépopulation survenue parmi les autochtones. Les Européens sont certes responsables, mais involontairement: sur le nouveau continent, ils ont introduit des microbes auxquels l'organisme des indigènes n'était pas préparé à résister. Médecin, directeur de recherches au CNRS et auteur de deux ouvrages sur la civilisation indienne, Nathan Wachtel estime que "la cause principale de ce désastre, on la connaît: ce sont les épidémies. Les amérindiens n'étant pas immunisés contre les maladies (grippe, peste, variole) importées par les colonisateurs. Le terme de génocide me semble impropre. Des massacres, des violences de toutes sortes ont certes eu lieu, mais on ne saurait imputer aux Européens le projet conscient et raisonné d'une élimination systématique par le fer et par le feu."

 

Jean Sévilla, Historiquement Correct, Perrin 2003

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:16

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Nous avons démontré par des preuves écrites qu'un certain nombre d'associations déterminantes ont existé entre des banquiers internationaux de Wall Street et l'ascension de Hitler et la montée du nazisme en Allemagne.

Premièrement: Wall Street a financé les cartels allemands au mileu des années de 1920, lesquels à leur tour ont amené Hitler au pouvoir.

Deuxièmement: le financement de Hitler et de ses S.S semeurs de terreur provenait en partie de filiales de sociétés américaines, dont celle de Henry Ford en 1922, de versements effectués par IG Farben et General electric en 1933, et enfin de versements à Heinrich Himmler, jusqu'en  1944, par Standard Oil of New Jersey et la filiale d'ITT.

Troisièmement: des multinationales américaines contrôlées par Wall Street ont largement tiré profit du programme de construction militaire de Hitler dans les années 1930 et au moins jusqu'en 1942.

Quatrièmement: ces mêmes banquiers internationaux ont utilisé leur influence aux Etats-Unis pour cacher leur collaboration de guerre et, pour y parvenir, ils ont infiltré le Conseil de contrôle allié en Allemagne. (...)

Henry Ford fut un soutien de Hitler de la première heure (1922) et Edsel Ford poursuivit la tradition familiale en 1942 en encourageant la filiale française de Ford à profiter des commandes d'armement de la Wehrmacht. (...) Henry Ford reçut une médaille nazie en 1938. Les archives de la filiale française de Ford laissent entendre que Ford motors reçut un traitement particulièrement amical de la part des nazis après 1940. Dans le chapitre 7, nous avons établi, preuves à l'appui, une synthèse reprenant les différentes sources de financement de Hitler. Cette synthèse permet de répondre avec des noms et des chiffres précis à la question: qui a financé Hitler ? Ce chapitre accuse Wall Street et, par la même occasion, la famille Ford et personnes d'autre importance aux Etats-Unis. Les Ford ne sont généralement pas associés à Wall Street, mais ils font assurément partie de l'élite du pouvoir. (...)

Autrement dit , comme dans nos deux précédents examens des liens entre des banquiers internationaux new-yorkais et des évènements historiques majeurs - la révolution bolchevique et la présidence de Roosevelt - nous découvrons un modèle de subventions et de manipulations politiques qui est parfaitement démontré.

A. Sutton, Wall Street et l'ascension d'Hitler, 1976

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 16:01

TV et développement
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par Profhistgéo

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