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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

histoire géo einstein

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 00:39

"Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces dernis e non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit.

L'argent n'a pas de patrie; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence; leur unique objectif est le gain"

Napoléon Bonaparte

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 20:02

Une réflexion profonde sur les travers d'un monde "ouvert", "sans frontières".

 
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 11:19
La mondialisation ne pourrait-elle pas faire office de nouvelle espérance ?

Réponse de Régis Debray:

Je ne vois pas trop en quoi. Les marchandises circulent mieux, les signes et les images aussi, vive la Toile et le conteneur. Mais, du même coup, les traditions, les cultures et les religions se côtoient bien davantage, se frottent l'une contre l'autre, et cela fait de l'irritation et de l'inflammation aux jointures. Des réactions allergiques, et donc des replis, des paniques identitaires ça et là.
La mondialisation techno-économique fomente une balkanisation politico-culturelle - 193 Etats à l'Onu quand il n'y en avait que 50 en 1946. Et plus les outillages progressent, plus les imaginaires régressent. Le passé revient en force, avec les fantasmes d'origine. Voyez le Moyen-Orient: les frontières modernes s'effacent, on remonte de l'Etat à l'ethnie. Le plus récent est le plus fragile. Quand il y a crise économique ou politique, ce sont les couches les plus anciennes qui affleurent: le clanique, le tribal, l'ethnique, le religieux. L'archaïsme, ce n'est pas le révolu, c'est le refoulé. Et la postmodernité, en ce sens, sera criblée d'archaïsmes. 
Pourquoi ?
Parce que le nivellement crée un déficit d'appartenance, un désarroi existentiel, d'où le besoin d'un réenracinement traditionaliste, d'un affichage de singularité. On croyait jusqu'à hier que l'évolution du niveau de vie nous débarrasserait du religieux - une école qui s'ouvre, c'est un temple qui ferme. Erreur. Les informaticiens sont plus fondamentalistes que les littéraires, en Inde comme en Islam. L'utopie libérale espérait que la carte bleue gomme les cartes d'identité, en réalité elle les fait sortir au grand jour. En somme la pacification par le doux commerce, l'OMC comme solution de l'énigme enfin trouvée, ça a beau être bardé de statistiques, cela reste le doigt dans l'oeil. Le technocrate domine à Bruxelles, mais il est à côté de la plaque. Disons qu'il n'a que la moitié du programme.
 
(...) Une frontière peut mal tourner, mais l'absence de frontières, c'est la jungle assurée, tôt ou tard.
 
Le Point, 24 septembre 2015
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 22:38

Dans leur majorité, les migrants ne sont plus des ruraux analphabètes, comme lors des déplacements de masse des années 1960, mais des urbains scolarisés, qui ont pu accumuler un pécule (1). Autre tendance récente, nombre d'entre eux aspirent à circuler sans se sédentariser définitivement, avec une double nationalité ou des titres de séjour à entrées multiples. Plus les frontières leurs sont ouvertes et moins ils s'installent.

De nouveaux facteurs expliquent la forte hausse des migrations depuis une vingtaine d'années:

- la constitution d'un imaginaire migratoire (par le biais de la TV et du retour des migrants)

- la connaissance accrue des filières d'entrée dans les pays d'accueil

- la généralisation des passeports qui facilitent la sortie des pays d'origine

- l'existence de solidarités transnationales (diaporas)

- la baisse du coût des transports

- les besoins de main d'oeuvre dans les pays du Nord (2)

Quel que soit, cependant,  le pouvoir d'attraction que l'imaginaire libéral (et son culte de la marchandise) exerce directement sur les nouvelles classes moyennes du tiers-monde (ce que l'extrême gauche libérale appelle, pour sa part, "l'attrait d'une vie meilleure") on ne saurait négliger pour autant le rôle important que jouent, dans la construction de ces nouveaux flux migratoires, les différents réseaux capitalistes illégaux spécialisés dans l'acheminement de la main d'oeuvre clandestine en Europe. Ces réseaux afin de rentabiliser au maximum leur business n'hésitent plus désormais à organiser des "battues" dans les pays d'origine, destinées à convaincre leur "cheptel" potentiel (ce sont les termes techniques employés) d'émigrer au plus vite vers le paradis capitaliste occidental.(3)

Quant à l'idée récemment avancée par Miguel Benasayag - dans l'espoir, sans doute, de conférer ainsi une légitimité philosophique minimale aux nouvelles formes capitalistes de déplacement de la force de travail - et selon laquelle l'acte migratoire serait inscrit, comme tel, dans la nature humaine ("l'homme migre"), il est clair qu'il s'agit d'une façon particulièrement réductrice d'assimiler des processus historiques, politiques et anthropologiques qui n'ont aucun point commun.

JC Michéa, La double pensée,champ essai p185-186,2008

 

1- Ce "pécule" constitue en réalité le plus souvent une somme conséquente au regard des revenus des pays émetteurs. Cet argent est bien entendu nécessaire au paiement des divers passeurs dont les tarifs sont toujours très élevés.

2-Les nouveaux migrants de Catherine Withol de Wenden, L'histoire, janvier-mars 2008)

3- Les routes clandestines. L'Afrique des immigrés et des passeurs, Serge Daniel, Hachette 2008

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 11:37
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 11:18

Introduction

Né dans les années 1980, le téléphone mobile a connu une diffusion très rapide. Aujourd’hui, pour une population mondiale de 7 milliards de personnes, on compte plus de 5,3 milliards d’abonnés au téléphone mobile. Ce produit d’abord réservé aux populations du nord, a séduit ensuite massivement les populations du Sud. C’est pouquoi, on peut se demander en quoi, le téléphone mobile est représentatif du fonctionnement de la mondialisation. En effet, le téléphone est régi par les règles de la concurrence internationale. Les FTN qui le fabriquent exploitent les potentialités de tous les territoires. Il permet aussi de saisir les tensions entre les trois piliers du développement durable.

1- Un produit qui s’inscrit dans la mondialisation

1.1 L’histoire du téléphone mobile

Le téléphone mobile n’est pas une invention en soi. C’est un objet né de l’association de plusieurs technologies. Son invention est attribuée à Martin Cooper, directeur de la recherche-développement chez Motorola. Il passe en 1973 le premier appel sur un téléphone mobile. L’usage commercial commence au Japon en 1979 avec la première génération de téléphones (la « 1G »). En 1981, les pays nordiques adoptent la 1G. En 1983, le premier réseau est lancé à Chicago. En 1991, l’entreprise Nokia lance la « 2G » en Finlande. La petite entreprise de bois, née au XIXe siècle sur la rivière Nokiavirta, devient alors un géant technologique. Les appareils se miniaturisent, ils gagnent en autonomie. Les « smartphones » apparaissent. En 2001, la « 3G » est lancée au Japon. Actuellement la « 4G » est testée en Europe et au Japon.

1.2 Une diffusion rapide

La téléphonie mobile a connu la plus forte diffusion qu’un produit ait pu connaître dans l’histoire de l’humanité. Entre 1988 et 2003, un quart de l’humanité s’équipe d’un téléphone mobile. Puis le mouvement s’accélère. En 7 ans (2004-2011), 50 % des humains (3,8 milliards de personnes) se dotent d’un téléphone mobile. En 2007-08, le nombre de lignes de téléphones fixes augmente de 6 millions (+0,5 %). En revanche, durant ces deux ans, le nombre d’abonnés au téléphone mobile s’accroît de 635 M de personnes (+18 %). En 2010, 300 M d’abonnements ont été vendus dans la seule Chine. 1.3 La variété des usages Le téléphone mobile est un produit universel. Aucun territoire ne lui échappe. Au nord, il est même devenu un produit polyvalent. Des Etats ont développé le « e-gouvernement » pour réduire les dépenses publiques et améliorer la rapidité des services publics (payer une contravention, déposer une plainte. . .). La téléphonie mobile supplante la téléphonie fixe et les réseaux internet classiques. Les infrastructures (les antennes) sont plus légères et moins coûteuses que les installations classiques ; elles sont aussi plus faciles à réparer en cas de catastrophe naturelle. Aujourd’hui, les taux de croissance sont spectaculaires dans les pays du Sud. En Afrique, le mobile est un facteur de développement. Depuis 2002, la croissance annuelle du nombre d’abonnés y est supérieure à 50 %. Pourtant, le continent souffre de nombreux handicaps. Il est difficile de recharger son téléphone quand l’électricité n’est pas partout disponible. Il n’est pas aisé d’envoyer des SMS quand on est analphabète et d’acheter des minutes avec des salaires de l’ordre de 1 à 2 euros par jour. Les nomades utilisent le téléphone pour négocier avec les sédentaires le passage de leurs troupeaux. Les agriculteurs et les communautés rurales ainsi désenclavées peuvent s’informer sur les cours mondiaux des produits agricoles. Les pêcheurs sénégalais utilisent le téléphone comme un GPS de fortune pour s’orienter.

2- Les acteurs du marché du téléphone mobile

2.1 Un marché dominé par le Nord et les pays émergents

L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) qui régule le marché est installée à Genève (Suisse). Les principales FTN qui fabriquent les téléphones sont situées dans un petit nombre de pays : aux Etats-Unis (Apple, Motorola, RIM), en Europe (Vodafone, Sony-Ericsson, Nokia), en Asie (les coréens Samsung et LG). Les FTN recherchent des relais de croissance dans les pays émergents. Or dans ces pays, de nouveaux (et redoutables) concurrents apparaissent : en Chine (China Mobile, Huawei, ZTE. . .), au Mexique (America Movil). Ces nouveaux venus disposent d’un important marché local souvent très protégé et ils exportent aussi bien vers le Sud que vers la Triade. Ils consacrent d’importantes sommes d’argent à la R&D. Le marché de la téléphonie évolue à une très grande vitesse. Une entreprise en pointe peut perdre rapidement sa suprématie si elle n’investit pas assez ou si elle rate un virage technologique. C’est le cas de Nokia concurrencée sur le haut de gamme par Apple et Samsung et par les chinois pour les terminaux à bas coût.

2.2 Les stratégies des FTN

Les FTN utilisent la mondialisation pour maximiser leurs profits. L’entreprise Apple fondée par Steve Jobs constitue l’exemple le plus parlant de la mondialisation de cette activité. En 2007, la marque à la pomme lance le premier « IPhone ». Les différentes phases de la fabrication sont assurées par des acteurs différents situés sur des continents différents. L’entreprise Apple n’assure que certaines tâches : la conception, le marketing, la communication externe. La fabrication des composants est assurée par des soustraitants installés aux EU, en Allemagne, au Japon et en Corée du Sud. LG fournit les écrans tactiles « rétina », Sony les appareils photos et Samsung les batteries. Toutes ces pièces sont acheminées vers la Chine où le Taïwanais Foxconn assure le montage des objets dans d’immenses usines. Apple a développé une stratégie très particulière. Il a créé des boutiques (les « Applestores ») et chaque lancement de produit devient un show pour créer une frénésie dans le public. En Octobre 2011, 4 millions d’« Iphones 4S » ont été ainsi vendus en 3 jours.

2.3 L’action des Etats

De nombreux Etats soutiennent le développement des réseaux mobiles car le mobile est moins cher à installer que la téléphonie fixe. Le téléphone permet à des villages enclavés de faire venir des services de secours ou d’enclencher une dynamique de développement. La Mauritanie s’est lancée avec des partenaires privés dans la réalisation d’un réseau GSM. L’Etat a dépensé 25 M de $ pour se connecter au câble sous-marin. Il envisage de développer la fibre optique sur tout le territoire.

3- Téléphonie mobile et développement durable

3.1 La « fracture numérique »

Tous les pays ne sont pas égaux dans l’accès à la téléphonie mobile. Les pays riches ont des territoires totalement couverts par les différents opérateurs. Dans les pays émergents, les Etats investissent massivement pour connecter tous les territoires. Cependant, au niveau mondial, il existe une fracture numérique. Les pays pauvres n’ont pas toujours les moyens de financer les énormes investissements nécessaires. Leurs populations connaissent donc une « exclusion » numé- rique. Enfin, le prix d’un abonnement reste prohibitif si on le rapporte au salaire local. (D’ailleurs certains opérateurs installés à Paris proposent à leurs clients de payer en France les forfaits de la famille restée au pays natal). Les pays du Sud par la voix d’Abdoulaye Wade ont demandé l’instauration d’une taxe sur les populations des pays riches pour résorber la fracture numérique. En 2005, l’ONU a organisé à Tunis un Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI). En 2006, Doha (Qatar) a accueilli la Conférence Mondiale des Télécommunications.

3.2 Les atteintes au droit du travail

Les sorties des appareils Apple donnent lieu à des scènes de liesse dans les magasins. Les milliers de journalistes accrédités multiplient les articles flatteurs et élogieux. En revanche, rares sont les enquêtes sur les conditions de travail des ouvriers des usines de téléphones mobiles. En 2010, des ouvriers chinois de Foxconn, pour dénoncer leurs conditions de travail (pressions, injures répétées...), sont montés sur le toit de leur usine et se sont jetés dans le vide. De nombreux fans des produits d’Apple, ont alors appris que le salaire des ouvriers passait dans le paiement du badge, du logement, de la nourriture et qu’ils devaient accepter de faire de très nombreuses heures supplémentaires pour pouvoir aider leurs familles restées au village. Les abonnés au téléphone mobile ne doivent pas non plus oublier que le cours des métaux rares a flambé et que des régions entières (Congo-Zaïre) connaissent des violences de la part de bandes criminelles qui veulent capter cette manne.

3.3 Un faible recyclage

Les téléphones ont une durée de vie de plus en plus limitée. Leur sophistication croissante les rend toujours plus fragiles. D’autre part, en raison des progrès techniques constants, ils sont rapidement obsolètes. Les téléphones inutilisés s’entassent dans les tiroirs. Un recyclage systématique aurait l’avantage de permettre une exploitation raisonnable des ressources naturelles et de limiter les gaspillages.

Conclusion

Le téléphone portable est actuellement le produit technologique le plus échangé au monde. Il a contribué à réduire la pauvreté et la détresse humaines. Avec l’augmentation de sa puissance, il est appelé à devenir un véritable ordinateur. Il a contribué à créer le « village global » dans lequel nous vivons. Ce succès économique et technologique a aussi son revers : il montre aussi que la mondialisation aggrave les inégalités, ponctionne les ressources naturelles et dégrade parfois l’environnement.

JACQUES EL ALAMI

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 11:26

 

En 509 avant J-C, Clisthène établit à Athènes un système de gouvernement démocratique où un nombre beaucoup plus important de citoyens peut désormais participer directement à la vie politique de la cité. Quels principes ont permis à cette démocratie de s'affirmer et de durer deux siècles ? Était-elle pleinement satisfaisante ?

 

Le système politique athénien repose sur quelques principes fondateurs essentiels permettant les prises de décisions collectives, la cohésion de la cité et sa défense.

Le premier réside dans l'égalité de tous les citoyens face à la loi, c'est à dire l'isonomie. Qu'ils soient issus de riches familles ou pas, les citoyens devront se soumettre aux mêmes règles - décidées par le vote - et auront théoriquement les mêmes chances de participer à la vie politique. Pour rendre possible ce principe Clisthène fit disparaître les patronymes ancestraux au profit des patronymes liés au lieu de vie essentiel, le dème. Il était ainsi plus difficile de différencier les origines sociales. Ce principe d'égalité s'applique notamment dans le tirage au sort qui concerne par exemple certaines magistratures ou la boulé, conseil de 500 citoyens, chargé de préparer les lois et de surveiller le travail des archontes,ou dans le temps de parole à l'assemblée mesuré par le clepsydre. Le système athénien repose sur le respect du choix de la majorité, d'où l'usage du vote tant dans le domaine législatif à l'écclesia que judiciaire, car les citoyens étaient amenés à voter sur la culpabilité d'accusés au tribunal de l'héliée. Pour permettre aux plus modestes de participer aux séances de ce de ce dernier Périclès instaure le  misthos (indemnité versée aux citoyens pauvres pour qu'ils puissent délaisser leurs activités professionnelles). A partir de - 400 il concernera aussi la participation à l'ecclesia.

Pour garantir la cohésion de la cité d'autres principes majeurs sont défendus. D'abord le fait que les plus riches soient tenus de dépenser une partie de leur fortune personnelle pour financer des projets communs (liturgie) ou des banquets, la participation de tous aux grandes fêtes religieuses notamment les Panathénées en l'honneur de la déesse Athéna. Plus important encore, chaque citoyen est tenu de défendre sa cité si celle-ci est en danger. Sacrifier éventuellement sa vie est un devoir civique qui justifie l'obtention de droits politiques. Ainsi l'acquisition de la citoyenneté se réalise suite à l'éphébie, service militaire de deux ans permettant de former les futurs soldats, et chaque citoyen est tenu de s'équiper militairement par ses propres moyens. Les plus aisés sont des cavaliers, les plus pauvres servent en tant que rameurs dans la flotte, la plupart restent des fantassins lourdement armés nommés hoplites. Enfin le devoir d'exemplarité est au cœur de la citoyenneté athénienne. Cela a pour conséquence la possibilité de la perdre (l'atimie) en cas de faute grave ou d'être ostracisé, c'est à dire exilé, si l'on est soupçonné de vouloir porter atteinte aux institutions démocratiques ou de trahir sa cité.

 

Ces principes correspondant clairement à une démocratie directe n'excluent pas des faiblesses voire des défauts dans le système.

Premièrement la citoyenneté qui implique des droits politiques importants restera restreinte aux Vè et IVè siècles. En effet, les femmes mais aussi les métèques, ou étrangers, et bien sûr les esclaves en sont exclus. Ainsi 15% seulement de la population accède à la citoyenneté. Il est très rare qu'un étranger puisse obtenir le précieux statut même s'il a rendu de grands services à la cité. D'autre part il faut être soi-même fils de deux parents athéniens citoyens pour le devenir.

En outre, si théoriquement tous les citoyens peuvent accéder aux plus hautes charges et peser sur les destin de leur cité, dans les faits il s'avère que ce sont presque toujours les hommes issus des plus riches et vieilles familles aristocratiques d'Athènes qui monopolisent le pouvoir. Périclès en est l'illustration, ayant été élu une trentaine de fois à la plus haute charge, celle de stratège. Ayant reçus une meilleure éducation, disposant donc de capacités oratoires et rhétoriques ainsi que d'une fortune leur permettant d'acheter des fidélités et des votes, ils détiennent de fait entre leurs mains le destin de la cité surtout au Vème siècle. 

Le fonctionnement de la démocratie athénienne conduit irrémédiablement à des dérives bien connues et critiquées surtout à la fin du Vème siècle et au IVème siècle: les discours démagogiques visant à flatter les électeurs pour être élu ou réélu ou le glissement vers une forme de ploutocratie où l'argent devient un moyen sinon de corruption du moins d'achat des votes. On voit donc l'égalité  entre citoyens n'empêche pas en réalité Athènes de connaître une certaine confiscation du pouvoir par les plus favorisés, qu'ils soient aristocrates et/ou fortunés.

 

La cité d'Athènes a appliqué dès le Vème siècle avant J-C les principes fondamentaux de tout système démocratique où chaque citoyen peut exercer des responsabilités politiques et ainsi participer directement aux décisions engageant le destin de sa patrie. La démocratie athénienne ne fut toutefois pas exempte de défauts qui ont été l'objet d'âpres débats entre athéniens; les dérives démagogiques ou ploutocratiques ont ainsi contribué a affaiblir la foi de certains athéniens - le célèbre philosophe Platon par exemple - en leur régime fondé sur l'égalité.

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 21:24
Davos: les 1% les plus riches au monde possèdent plus que les 99% autres

Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions, a indiqué lundi l'ONG britannique Oxfam à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse).

"L'écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s'est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois", constate un rapport de l'ONG intitulé "une économie au service des 1%" publié à l'approche du Forum économique mondial (WEF), qui débute mercredi à Davos. "L'an dernier, Oxfam avait prédit que les 1% posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s'est en fait réalisée dès 2015: un an plus tôt", souligne le rapport.Illustration du creusement spectaculaire des inégalités ces dernières années, l'ONG a calculé que "62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale", alors que "ce chiffre était de 388 il y a cinq ans".

L'ONG appelle les participants au forum de Davos à agir: "nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l’échelle", affirme Manon Aubry, chargée des questions de justice fiscale et d'inégalités chez Oxfam France, citée dans un communiqué. Selon l'ONG, "depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins d'1% de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse".

Pour faire face à cette croissance des inégalités, Oxfam appelle notamment à mettre un terme à "l'ère des paradis fiscaux", soulignant que 9 entreprises sur 10 figurant "parmi les partenaires stratégiques" du WEF "sont présentes dans au moins un paradis fiscal"."Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté", affirme Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, qui sera présente à Davos.L'an dernier, plusieurs économistes avaient contesté la méthodologie utilisée par Oxfam. L'ONG avait défendu l'instrument de mesure utilisé dans cette étude: le patrimoine net, c'est-à-dire les actifs détenus moins les dettes.                                                                                                  

 © 2016 AFP

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 23:23

Dès le XVI siècle, plusieurs conditions essentielles de l'essor du capitalisme moderne se trouvaient réunies:

- accroissement des moyens de paiement

- demande sans cesse croissante

- formation d'une main d'oeuvre  bon marché

- naissance d'un esprit capitaliste

Mais un autre facteur, politique celui-là, était encore nécessaire. L'ampleur des transactions et l'élargissement des marchés supposaient l'abolition de multiples barrières dont était hérissée la société encore féodale de la fin du Moyen-Âge; les entreprises maritimes lointaines, dans une époque où la piraterie était considérée comme une activité presque honorable, représentaient des risques considérables et exigeaient de puissantes protections.

Seul l'Etat national pouvait garantir à la nouvelle classe capitaliste la liberté et la sécurité.(...) C'est l'Etat qui assura la facilité des communications en construisant des routes, des canaux, des ports, en protégeant par sa flotte de guerre les convois commerciaux; c'est lui qui simplifia les opérations financières en exerçant seul son droit régalien de frapper la monnaie; c'est lui encore qui protégea le commerce en édictant des réglementations défavorables à la concurrence étrangère (tarifs douaniers de 1664 et 1667 en France, acte de navigation britannique de 1651); lui enfin qui prit l'initiative de créer de grandes compagnies commerciales telles que les Compagnies des Indes occidentales et orientales.

La doctrine économique de l'Etat aux XVII-XVIII siècles est restée sous le nom de mercantilisme. Elle comportait 3 principes essentiels:

1- la seule véritable richesse est le numéraire, l'or et les métaux précieux

2- pour accroître le stock monétaire, il est nécessaire d'avoir une balance favorable

3- pour obtenir une telle balance, il faut exporter des produits de valeur, manufacturés, mais en même temps s'assurer des matières premières à bas prix et des débouchés en fondant des comptoirs et des colonies sur lesquels l'industrie nationale posséderait un monopole. (...)

Colbert en fondant des manufactures devait être le créateur en France de la grande industrie. Pourvue d'un privilège royal, la manufacture du XVII siècle jouissait d'un monopole de fabrication; à la différence des usines modernes, elle faisait le plus souvent travailler de petits ateliers dispersés, mais elle était exemptée du contrôle corporatif et inaugurait ainsi le déracinement des travailleurs hors des cadres qui les avaient jusqu'alors protégés. (...)

Jean-Baptiste Colbert

Le passage à une autre forme de capitalisme s'est fait sentir peu à peu, à partir de la fin du XVII siècle, tandis que la masse des capitaux ne cessait de grossir grâce à l'attrait désormais universel exercé par les grandes aventures commerciales, par la richesse immobilière, susceptible d'un essor rapide. En France comme en Angleterre les premières années du XVIII siècle virent une fièvre de la spéculation que des scandales financiers comme celui de Law à Paris, de la Compagnies des Indes du Sud à Londres, ne découragèrent qu'un instant. Vers 1750 les capitaux accumulés étaient tels qu'ils allaient être capables de donner toute leur ampleur aux découvertes technologiques qui, dans une société plus pauvre, seraient restées inutilisables.(...)

Les premières grandes innovations technologiques concernèrent l'industrie textile qui était l'industrie de pointe en Angleterre: en 1765, la "Jenny" de James Hargreaves, machine à filer le coton; en 1768 le "waterframe" de Richard Arkwright, machine à filer utilisant la force de l'eau. Pourtant les inventions ne furent pas la cause principale de la révolution industrielle d'où allait sortir le capitalisme moderne. Cette cause fut d'abord commerciale: les inventions n'auraient servi à rien s'il n'y avait pas eu de marchés pour absorber une production accrue. Le développement commercial du port de Liverpool précéda et provoqua l'essor industriel de Manchester et du Lancashire. 

La nécessité d'étendre les marchés allait entraîner la révisions progressive des doctrines mercantilistes qui avec ses barrières protectionnistes et ses règlements dirigistes imposés par les Etats avaient été le berceau protecteur du capitalisme dans l'enfance; arrivé à l'âge adulte le capitalisme réclama une liberté complète qui ne devait être limitée que par la liberté des autres capitalistes, c'est à dire par la concurrence.

Ce changement de mentalité qui trouva son expression la plus radicale dans l'ouvrage d'Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), était apparu dès le début du siècle.(...) Plus tard l'école française des physiocrates, tournée il est vrai surtout vers l'agriculture préconisera un régime de liberté que Turgot s'efforcera d'imposer par ses réformes (1774-1776). Mais Turgot sera renversé par la coalition des privilégiés.

Adam Smith

La France par rapport à l'Angleterre est alors désavantagée à niveau politique: tandis que dans le régime parlementaire britannique la classe des capitalistes exerça rapidement une influence  sur le pouvoir, en France la monarchie absolue se devait de préserver par des mesures artificielles les intérêts déjà condamnés  des premiers ordres traditionnels de la nation. La France prit alors un retard qui ne devait pas être rattrapé. Sans doute, en 1789, se tourna-t-elle vers la liberté politique et économique: elle abolit d'un coup les innombrables barrières douanières intérieures, les péages, les droits féodaux, les réglementations corporatives; en 1791 elle entreprit même l'abaissement des tarifs douaniers extérieurs; mais cette oeuvre de réforme fut interrompue par la guerre, qui commença en 1792 et ne s'acheva qu'en 1815. Napoléon Ier poussa le protectionnisme jusqu'à ses extrêmes limites en instaurant le Blocus continental.

Dictionnaire Mourre, article "Capitalisme"

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 21:54

"Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l'air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur les routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer.Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production de napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants. En revanche le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue".

Bob Kennedy, discours à l'université du Kansas, 18 mars 1968 (soit quelques semaines avant son assassinat).

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