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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 12:11

 

La mondialisation permet de créer davantage de richesses mais renforce les inégalités tant du point de vue spatial, puisque l’accentuation de la rugosité de l’espace s’observe à toutes les échelles - planétaire, régionale, nationale, locale - que sur le plan social : l’écart entre ceux qui peuvent saisir les opportunités offertes par la mondialisation et ceux qui ne trouvent pas leur place, ceux qui tirent profit de l'espace et ceux qui le subissent. Un cinquième de l’humanité seulement consomme (et produit) les quatre cinquièmes des richesses mondiales.

A- Critique du modèle libéral et de la croissance

- Depuis le début des années 90 et la fin de la guerre froide qui marque un moment clé, antimondialistes et altermondialistes, (souvent par le biais d'ONG de syndicats ou d'associations) parfois présents dans certains partis politiques (plutôt les partis dits « d'extrême-gauche ») dénoncent les excès de la mondialisation se traduisant par toute une série de problèmes aggravés qu'incarnent particulièrement les FTN:

- accroissement des inégalités sociales:

     - montée du chômage et/ou de la précarisation dans certains territoires. Des FTN sont très critiquées pour leur non respect des droits élémentaires des travailleurs (salaires, conditions d'emploi Ex: Foxconn en Chine) ; craignant de perdre des parts de marché elles mènent une guerre de l'image pour séduire les consommateurs.

     - part croissante de la richesse redistribuée aux acteurs financiers (actionnaires par le biais de dividendes) au détriment des travailleurs dont les salaires stagnent (capitalisme financier >capitalisme industriel) à cause des politiques de dérégulation et/ou de taux d'imposition dérisoires des grands groupes. L'association ATTAC par exemple propose des alternatives au modèle de développement dominant (instauration de la taxe Tobin pour aider au développement)

La pression médiatique des altermondialistes conduit à un début de mutation des comportements : l'économie sociale et solidaire compte 2 millions d'emplois en France, le microcrédit permet à plus de 200 millions de personnes pauvres dans le monde de réaliser leur projet de création d'entreprise. Le commerce équitable accroît les revenus de 2 millions de paysans des PVD (20% du café en GB).

- une pression environnementale inquiétante (épuisement des ressources – déforestation - , pollutions diverses, concurrence / eau potable dans le cas de Coca-Cola en Inde) Le règne du libre-échange et la baisse des coûts de transports conduisent à produire au loin ce que l'on pourrait fabriquer au plus près. Certains prônent le retour du commerce de proximité, la recherche de la qualité des produits notamment alimentaires (avec la remise en question de l'agriculture intensive) même s'ils sont un peu plus chers, plaident en faveur du développement des industries du recyclage, des énergies renouvelables ou des modes de transport moins énergivores (covoiturage)

- une uniformisation culturelle (world music / world food/ Hollywood) synonyme d'américanisation, que certains nomment « mac donaldisation » ou « disneylandisation » - très bien incarnée dans le téléphone mobile - et qui entraînerait une « apocalypse des traditions » selon les termes de Jean-Pierre Warnier. Mais ce processus a des effets paradoxaux. Selon le philosophe Debray on assiste à un retour en force des archaïsmes et traditions pour combler le vide d’appartenance crée par une "culture mondialisée" qui réduit de plus en plus le citoyen à une consommateur.

B- L'ambiguité croissante des frontières et de leur rôle

- Paradoxalement la mondialisation accompagne une “balkanisation” du monde et donc une multiplication des frontières étatiques (50 Etats en 1945, 195 aujourd'hui). Mais si les frontières sont plus nombreuses elles sont plus poreuses à cause du libre-échange et de la dérégulation financière.

- Ainsi les frontières deviennent davantage des interfaces (smart border entre E.-U. Et Canada) d'un point de vue économique tout en restant des régulateurs de flux migratoires dans la plupart des pays (Etats-Unis vis-à-vis du Mexique, Afrique du Sud / ses voisins du Nord , Israël et territoires occupés etc.). Une demande de frontière comme protection se fait plus vive dans de nombreux pays de la part des classes populaires (les plus faibles)."Là où il y a un faible et un fort, c'est toujours le faible qui demande une frontière. L'idéologie du sans-frontiérisme c'est l'idéologie du riche et du fort" (R.Debray)

Les frontières affaiblies à certains égards regagnent donc du crédit en lien avec un désir de souveraineté et/ ou de sécurité et gardent toute leur pertinence dans un certain nombre de domaines.

C- Les discussions autour du rôle des Etats

- Quelle doit être la place des Etats dans un système mondial qui consacre la montée en puissance d’acteurs non-étatiques ?

- UN CONSTAT : la mondialisation ne signifie pas la disparition des Etats dont l'importance dans l'économie mondiale reste à la fois stratégique et quantitativement importante (par exemple dans les échanges qui concernent les intérêts vitaux: énergies, armes, ressources alimentaires). Mais il est indéniable que l'Etat providence (« welfare state »)des pays occidentaux a été affaibli et que son incapacité à faire face aux dérèglements sociaux (délocalisations, importance accrue par la rentabilité financière) provoqués par la mondialisation est stigmatisée.

-L’IMPACT de la crise de 2008 : celle-ci a-t-elle réellement affaibli l'idéologie néolibérale dominante depuis les années 1980 ?

-L'État est à nouveau perçu comme un régulateur nécessaire des marchés et qui doit suppléer les insuffisances de l'économie voire donner des orientations et des soutiens. Mais en réalité il n'y a pas eu dans le monde des grandes "vagues" de nationalisations (sauf dans quelques pays d'Amérique du Sud comme la Bolivie ou le Venezuela) et de nombreux pays européens diminuent leurs dépenses publiques donc le rôle de l’État .

- Face à une compétition économique de plus en plus contraignante, le protectionnisme connaît un nouvel écho dans les opinions publiques des pays en difficulté (haut niveau de chômage).ex : Argentine, Brésil, Russie, Chine ou Inde. Selon l'OMC, le nombre de mesures protectionnistes initiées en 2011 s'élève à 340, contre 220 en 2010. En fait les droits de douanes n'ont jamais été aussi bas qu'actuellement.Il est vrai que les accords bilatéraux prennent le pas sur les accords multilatéraux.

- Les frontières étatiques restent structurantes même si en déclin indiscutable: l'instabilité de certaines régions et l'interdépendance accrue en font des lieux sensibles et de contrôle pour limiter l'immigration clandestine , les risques sanitaires, les trafics et la cybercriminalité ou bien sûr le terrorisme. EX : 18000 kms de frontières électroniques en 2009

D- Une gouvernance mondiale est-elle nécessaire?

- Avec le changement d'échelle des échanges donc des enjeux et des risques certains dont les altermondialistes défendent le projet de gouvernance mondiale, arguant que les états à leur niveau ne pourront pas relever seuls les défis de demain.

- L'idée n'est pas nouvelle: l'ONU crée en 1945 à la conférence de San Francisco porte en elle les principes de cette gouvernance globale où la défense de la paix et des droits de l'homme sont primordiaux. Aujourd'hui 193 états en font partie et une cinquantaine de programmes et organismes y sont liés (UNICEF, UNESCO, FMI etc.). Des conférences internationales se multiplient autour de grands thèmes comme l'environnement (Rio en 1992, Kyoto en 1997)

- Si les objectifs sont louables, l'efficacité n'est pas toujours au rendez-vous lorsqu'il s'agit d'empêcher des conflits et des massacres (génocide au Rwanda en 1994, guerre civile en Bosnie et en Haïti), ou de mieux réguler l'économie mondiale (FMI et OMC sont en panne tout comme la Cour pénale internationale). 

- Ce projet se heurte toutefois à des oppositions car il implique nécessairement des reculs de souveraineté. Les antimondialistes ou partisans de la démondialisation sont minoritaires mais gagnent du terrain: le vote du Brexit ou l'élection de Trump aux E-U rappellent que le processus de mondialisation et/ou de gouvernance globale n'est ni linéaire ni inéluctable.

 

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 17:54

"Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des évènements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants:

L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne reconnaît pas de tabous. Il  peut être dérangeant.

L'histoire n'est pas morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.

L'histoire n'est pas esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les évènements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.

L'histoire n'est pas la mémoire. (...) L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.

 

C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives ­ notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ­ ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique."

 

Signé par un groupe d'historiens et historiennes dont Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Pierre Milza, Pierre Nora, René Rémond, J-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Marc Ferro...

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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 12:36
Point méthode: "comment rédiger une bonne introduction ?"

 

Dans tout devoir l'introduction est un moment clé: c'est la prise de contact du correcteur avec votre copie. Il faut donc immédiatement produire une bonne impression et éclairer le sens du sujet proposé. L'introduction révèle immédiatement le recul pris par rapport au sujet et donc la qualité d'analyse et de réflexion de l'élève.

Selon l'épreuve (composition ou dossier comme dans le cadre du TPE) l'introduction sera plus ou moins détaillée mais elle devra comprendre presque toujours 3 temps:


1er temps: "centrer" le sujet, en définir les limites et l'intérêt ainsi que le contexte. On appelle parfois cette étape "l'accroche" qui peut débuter par une citation.

2ème temps: rédiger la problématique ou interrogation que le sujet soulève. Une question générale peut souvent en amener d'autres. Ici il faut mettre en avant la question essentielle qui va guider la démonstration. Elle sera votre fil directeur tout au long du devoir.

3ème temps: annoncer le plan c'est à dire votre cheminement pour tenter de répondre à la problématique.


Il est très fortement conseillé de rédiger l'introduction au brouillon. De plus paradoxalement c'est la dernière chose à faire ! Pour faire une bonne introduction il faut tout d'abord avoir rassemblé des informations et les avoir "distribuées" suivant un plan détaillé.

"On ne peut correctement introduire un devoir que lorsque l'on sait où l'on va"

 

 

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 20:43
Minéraliser les émissions de carbone : une méthode ancienne qui a peu d'avenir
Atlantico.fr : Qu'en est-il réellement de la maturité technique des solutions de Captation et de Stockage du Carbone ?

François Gervais : La minéralisation du CO2 sous forme de carbonate de calcium, principal constituant du calcaire, est connue et pratiquée depuis l’antiquité. La calcination du calcaire produit la chaux vive, l’oxyde de calcium, lui-même assez réactif pour absorber le CO2 atmosphérique en reformant du carbonate de calcium. Les différents projets de séquestration en sont des variantes. 

Le principal problème est une question d’échelle. Bien qu’il ne représente que 0,04 % de sa composition en volume, l’atmosphère contient 3200 milliards de tonnes de CO2. Le GIEC nous dit que doubler cette proportion échaufferait la Terre entre 1°C et 2,5°C, fourchette d’incertitude de la réponse climatique transitoire. 44 % des émissions restent dans l’air. Emettre ou éviter d’émettre une tonne de CO2 aurait donc un impact sur le climat de (1/3200000000000) x 44 % x (1°–2,5°C), soit 0,2 millième de milliardième de degré C, ou 0,2 picodegré C par tonne de CO2. Le seuil de mesurabilité de la température de la Terre étant de 0,06°C, le projet islandais reste excessivement loin du compte. Rappelons que les principaux pays émetteurs sont dans l’ordre décroissant, Chine, États-Unis, Inde, Russie, Japon, la France arrivant très loin derrière avec seulement 0,9 % des émissions mondiales. Globalement, il faudrait minéraliser 300 milliards de tonnes de CO2 atmosphérique pour commencer à avoir un début d’impact mesurable sur le climat. Les deux stations en activité les plus dimensionnées, l’une américaine, l’autre canadienne, ne stockent annuellement que le millionième de cet objectif.

Soulignons une autre illustration de ces ordres de grandeur. Usines désertées, constructions et travaux publics interrompus, mobilité en chute libre, tourisme à l’arrêt, entreprises et compagnies aériennes au bord de la faillite : autant d’émissions de CO2 en moins. Mais quel a été l’impact de la récession économique due au confinement lié au covid-19 sur le taux de CO2 dans l’air ? Surprise : il reste parfaitement invisible dans la tendance mesurée à l’Observatoire de Mauna Loa (www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/mlo.html).

Rappelons que le Français émet en moyenne 5 tonnes de CO2 par an. L’impact des 65 millions de nos concitoyens sur le climat est donc limité à 65000000 x 5 t/an x 0,2 picodegré/t, soit moins de 0,0001°C par an, restant très en-dessous du seuil de mesurabilité. 

Sont-elles, dans l'absolu, réellement porteuses pour l'environnement ?

Serait-il réellement porteur pour l’environnement d’installer des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de stations de stockage suffisamment dimensionnées compte-tenu de leurs inévitables nuisances, indépendamment du coût qui serait prohibitif ? 

En revanche, un tiers des émissions de CO2 bénéficient à la croissance de la végétation et aux plantes nutritives. Les satellites observent ainsi un verdissement de la Terre, l’équivalent d’un sixième continent vert de 18 millions de kilomètres carrés (33 fois la superficie de la France métropolitaine) correspondant à une augmentation de biomasse de 20 %. Le bénéfice pour l’Humanité entre 1961 et 2011 a ainsi atteint 520 milliards d’euros pour le riz à lui seul, 245 milliards d’euros pour le blé, 3000 milliards d’euros pour l’ensemble des plantes nutritives. A moins de 0,015 % de CO2 dans l’atmosphère, les plantes meurent. Son augmentation de 0,01 % en un siècle peut être vue comme une marge de sécurité.   

Quelles solutions alternatives pourraient-être envisageables ? 

Plutôt que minéraliser le CO2, une solution pourrait être de l’utiliser en le transformant en algocarburant par un procédé de photosynthèse à base de micro-algues. Pour l’instant, le retour énergétique sur investissement énergétique ne semble pas encore au rendez-vous. Les recherches se poursuivent. Si elles débouchent, il n’est pas exclu qu’à terme le CO2 atmosphérique devienne une richesse énergétique s’ajoutant à son caractère indispensable et irremplaçable pour la croissance de la végétation et des récoltes.

Atlantico le 21 juin 2020

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 22:36

Communiqué de presse de l’Imperial College of London du 01/04/2020

Des chercheurs ont trouvé des preuves de forêts tropicales humides près du pôle Sud il y a 90 millions d’années, suggérant que le climat était exceptionnellement chaud à l’époque.

Une équipe du Royaume-Uni et d’Allemagne a découvert des sols forestiers du Crétacé à moins de 900 km du pôle Sud. Leur analyse des racines, du pollen et des spores préservés montre que le monde à cette époque était beaucoup plus chaud que ce que l’on pensait.
La découverte et l’analyse ont été effectuées par une équipe internationale de chercheurs dirigée par des géo scientifiques du Alfred Helgener Institute Helmholtz Center for Polar and Marine Research en Allemagne et comprenant des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Leurs résultats ont été publiés le 1er avril dans la revue Nature .
La co-auteure Tina van de Flierdt, du Département des sciences de la terre et de l’ingénierie de l’Imperial College a déclaré :

La préservation de cette forêt vieille de 90 millions d’années est exceptionnelle, mais le monde qu’elle révèle est encore plus surprenant. Même pendant les mois d’obscurité, les forêts pluviales tempérées marécageuses ont pu pousser près du pôle Sud, révélant un climat encore plus chaud que ce que l’on attendait.

Tina van de Flierdt de l’Imperial College , co-auteure

Les travaux suggèrent également que les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère étaient plus élevés que ce que l’on pensait au milieu du Crétacé, il y a 115 à 80 millions d’années.

Le milieu du Crétacé a été l’apogée des dinosaures, mais a également été la période la plus chaude des 140 dernières millions d’années, avec des températures sous les tropiques pouvant atteindre 35 degrés Celsius et le niveau de la mer 170 mètres plus haut qu’aujourd’hui.

Cependant, on savait peu de choses sur l’environnement au sud du cercle antarctique à cette époque. Les chercheurs ont découvert des preuves d’une forêt pluviale tempérée dans la région, comme on en trouverait aujourd’hui en Nouvelle-Zélande. Et cela malgré une nuit polaire de quatre mois, ce qui signifie que quatre mois par an, il n’y avait pas du tout de soleil pour donner la vie.

La présence de la forêt suggère que les températures moyennes étaient d’environ 12 degrés Celsius et qu’il n’y avait probablement pas de calotte glaciaire au pôle Sud à l’époque.

Les preuves de la forêt antarctique proviennent d’un noyau de sédiments forés dans le fond marin près des glaciers de Pine Island et de Thwaites dans l’ouest de l’Antarctique. Une section du noyau, qui aurait initialement été déposée sur terre, a attiré l’attention des chercheurs avec sa couleur étrange.

L’équipe a scanné la section du noyau et a découvert un réseau dense de racines fossiles, qui était si bien conservé qu’on pouvait distinguer des structures cellulaires individuelles. L’échantillon contenait également d’innombrables traces de pollen et de spores de plantes, y compris les restes de fleurs jamais trouvées à ces hautes latitudes antarctiques.

Pour reconstruire l’environnement de cette forêt préservée, l’équipe a évalué les conditions climatiques dans lesquelles vivent les descendants modernes des plantes, ainsi que l’analyse des indicateurs de température et de précipitation au sein de l’échantillon.

Ils ont constaté que la température moyenne annuelle de l’air était d’environ 12 degrés Celsius, soit environ deux degrés de plus que la température moyenne en Allemagne aujourd’hui. Les températures estivales moyennes étaient d’environ 19 degrés Celsius. La température de l’eau dans les rivières et les marécages a atteint jusqu’à 20 degrés et la quantité et l’intensité des précipitations dans l’ouest de l’Antarctique étaient similaires à celles du pays de Galles d’aujourd’hui.

Site de découverte en antarctique (Crédit : Imperial college of london)

Les chercheurs concluent qu’il y a 90 millions d’années le continent antarctique était couvert d’une végétation dense, qu’il n’y avait pas de calotte glaciaire dans la région du pôle Sud et que la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère était beaucoup plus élevée que cela était supposé précédemment pour le Crétacé.

L’auteur principal, le Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine, a déclaré :

Avant notre étude, l’hypothèse générale était que la concentration mondiale de dioxyde de carbone dans le Crétacé était d’environ 1000 ppm. Mais dans nos expériences basées sur des modèles, il a fallu des niveaux de concentration de 1120 à 1680 ppm pour atteindre les températures moyennes à l’époque dans l’Antarctique.

Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 12:03
Durant l’année 2018, l’Afrique a connu plusieurs grandes zones de conflictualité. Qu’il s’agisse de l’Afrique du Nord, de l’espace saharo-sahélien, de la zone tchado-nigériane, de la Centrafrique (RCA), de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ou de la Corne de l'Afrique, en 2019, toutes continueront à faire l'actualité.  Nulle part, en effet, le réel n’est pris en compte, toutes les solutions proposées étant d’ordre électoral. 
 
Or, les élections africaines relevant de l’ethno-mathématique, elles ne font que confirmer les rapports démographiques, à savoir que les peuples les plus nombreux l’emportent toujours sur les moins nombreux. 
Tant qu’une évolution du « One man, one vote » individualiste vers un vote de groupe ne sera pas définie, au lieu de pacifier les situations conflictuelles, la démocratie ne fera donc que les envenimer. 
 
Au point de vue économique, durant l’année 2018, les pays producteurs de matières premières n’ont toujours pas entamé l’impératif mouvement de diversification qui, seul, pourrait leur permettre d’échapper aux malédictions liées à la variation des cours. 
 
Au point de vue social, le continent continuera à s’enfoncer dans le néant,  sa démographie y étant plus forte que le développement. 
Le cas du Sahel est à cet égard particulièrement parlant. Voilà en effet une région incapable de nourrir ses habitants et où la population double quasiment tous les 25 ans avec un croît de 3,9% et une moyenne de 7,6 enfants par femme. En 2040, cette région fragile, en voie de désertification et aux ressources plus que limitées, devra ainsi faire vivre plus de 150 millions d’habitants !!!
 
Pour simplement stabiliser la pauvreté, il faudrait à l’Afrique une croissance de 7% par an durant plusieurs décennies. Or, avec une croissance moyenne de 2 à 3%, le continent s’appauvrit année après année.
 
Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement quand, par manque de confiance, les investisseurs boudent l’Afrique ? Là encore, les chiffres sont sans appel : en 2017, sur 2000 milliards de dollars d’IED (investissements étrangers directs) mondiaux, le continent dans la globalité de ses 55 Etats et de son 1,2 milliard d’habitants, en a reçu 60, soit moins que l’Irlande qui, avec ses 5 millions d’habitants en a engrangé plus de 79 milliards…
 
Les « Gilets jaunes », et plus généralement tous les contribuables, seront intéressés d’apprendre que, selon les chiffres officiels du gouvernement, en 2018, la France aura versé 10,45 milliards (mds) d’euros pour l’APD (Aide publique au développement), soit 2 mds de plus qu’en 2015, 75% de cette somme allant à l’Afrique. Si à ces cadeaux faits grâce aux impôts des Français, nous ajoutons les 2 mds liés à l’asile et à l’intégration, le milliard de l’aide aux mineurs isolés et divers autres postes associés à la gestion de l’immigration africaine, comme l’aide médicale, ce sont au minimum 15 mds  (sans compter les dons faits par les régions), qui auront servi à contenter le Zambèze tout en rationnant la Corrèze... 
A titre de comparaison pédagogique, le budget du ministère du Travail et de l’emploi est de 13,1 mds, celui du ministère des Solidarités et de la Santé de 9 mds, celui de la Sécurité de 13,64 mds et celui de la Justice de 7,29 mds...
Bernard Lugan, http://bernardlugan.blogspot.com, janvier 2019

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 12:02

Emmanuel Macron s'apprête à recevoir les présidents sénégalais et ivoiriens. Migrations, pauvreté, démographie... Les problèmes du continent africain sont nombreux : mais la France est très loin d'être en mesure de contribuer à leur résolution.

Vendredi 20 avril 2018, les deux derniers piliers de l’ancienne «françafrique», à savoir les présidents Macky Sall du Sénégal et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, seront reçus par Emmanuel Macron. La situation du continent africain est à ce point préoccupante que l’on voit mal ce que pourra leur promettre le président français en dehors de discours creux et de vœux pieux ?

D’autant plus que, contrairement aux idées-reçues, l’Afrique ne compte pas pour l’économie française. Alors que la totalité de ses exportations mondiales est d’un peu moins de 500 milliards d’euros, la France vend à la seule Afrique sud saharienne pour à peine 14 milliards d’euros de biens et marchandises, soit moins de 3% de toutes ses exportations. La zone CFA totalise à elle seule 46% de ces presque 14 milliards, soit à peine un peu plus de 1% de toutes les exportations françaises. Pour ce qui est des importations, les chiffres sont voisins. Quant à la zone CFA elle-même, elle n’est pas cette «chasse commerciale gardée» permettant aux productions françaises de bénéficier d’une sorte de marché réservé comme certains l’affirment puisque, depuis une décennie, la part de la France dans le marché de cette zone n’est en effet que de 11% environ, loin derrière la Chine.

Militairement, c’est sur la France que repose la «police» du Sahel. Or, Paris n’est pas en mesure de s’attaquer aux causes de la guerre qui s’y déroule. Ces dernières sont en effet inscrites dans la géographie et l’histoire de cette vaste région dans laquelle les populations «blanches», ou du moins à peau «claire», ultra minoritaires vivent au nord cependant que des populations noires vivent au sud. Traditionnellement, les pasteurs nordistes razziaient les agriculteurs vivant le long du fleuve.

La colonisation rassembla nomades et sédentaires dans les limites administratives de l'AOF (Afrique occidentale française). Lors de la décolonisation, les délimitations internes à ce vaste ensemble devinrent des frontières d'Etats. A l'intérieur de ces frontières, l’ethno-mathématique électorale donna automatiquement la victoire, donc le pouvoir aux plus nombreux, c’est-à-dire aux sudistes. Au Mali et au Niger, les Touareg qui refusèrent d’être soumis à leurs anciennes victimes se soulevèrent à maintes reprises. C'est sur ce terreau propice que se développèrent ensuite les trafiquants de toutes sortes, puis, aujourd’hui les islamistes, le djihadisme étant d’abord ici la surinfection d’une plaie ethnique.

Conscient que la question est insoluble, le président français cherche donc actuellement une porte de sortie.

Plus généralement, les dirigeants français ont bien conscience que ni la France, ni même l’Union européenne ne peuvent véritablement aider l’Afrique. Comment le pourraient-ils quand, du nord au sud et de l'est à l'ouest, le continent africain est ravagé par des guerres ou des crises. De la Méditerranée aux prolongements sahariens, la dislocation libyenne entretient un foyer majeur de déstabilisation. Dans le cône austral, ce qui fut la puissante Afrique du Sud sombre lentement dans un chaos social. De l'Atlantique à l'océan Indien, toute la bande sahélienne est enflammée par un mouvement à la fois fondamentaliste et mafieux dont les ancrages se situent au Mali, dans le nord du Nigeria et en Somalie; plus au sud, la Centrafrique a explosé cependant que l'immense RDC n'en finit pas de mourir.

Economiquement, et à l’exception d’enclaves dévolues à l’exportation de ressources minières confiées à des sociétés transnationales sans lien avec l’économie locale, l’Afrique est aujourd’hui largement en dehors du commerce, donc de l’économie mondiale. Malgré le pétrole et les minerais, sa part dans les échanges mondiaux (importations plus exportations), est en effet dérisoire. De 6% en 1980, elle s’est effondrée à 2% dans la décennie 1990, avant de «remonter» à un peu plus de 3% aujourd’hui.

En Afrique, les crises alimentaires sont permanentes, les infrastructures de santé ont disparu comme l'a montré la tragédie d'Ebola en Afrique de l'Ouest ou la flambée de peste à Madagascar, l'insécurité est généralisée et la pauvreté atteint des niveaux sidérants.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population du continent, soit environ 600 millions de personnes, vit avec moins de 1,25 dollar (moins de 1 euro) par jour. Si nous ajoutons à ce chiffre les 250 millions d'Africains ayant un revenu situé entre 2 et 4 dollars, soit, juste à la limite supérieure de l'extrême pauvreté, cela fait un total d'environ 670 millions d'Africains sur une population totale de 1,1 milliard qui vit dans la pauvreté.

Le développement passe par la formation de cadres et par l'innovation, or sur une moyenne de moins de 200 000 brevets d’inventions déposés dans le monde, environ 0,2% le sont par des Africains, dont les 80% par des Sud-africains dont 90% par des Sud-Africains blancs, les 10% restant par des Sud-Africains d’origine indienne. Le drame est que l’Afrique ne dépose pas de brevets, mais qu’elle exporte ses cerveaux, ce qui est clairement une forme d’assassinat pour un continent qui ne compte que 83 ingénieurs par million d’habitants quand l’Europe en a 1 000.

Des diplômés quittent donc l’Afrique où ils sont indispensables, pour aller s’employer dans le monde développé industrialisé où ils sont en surnombre. Or, cette nouvelle forme de traite des Noirs qui porte sur les plus précieux des Africains, ses diplômés, se fait avec l’habituelle complicité des «gentils» de l’anti-ségrégation et des requins du capitalisme associés pour la circonstance. Au nom du paradigme de la culpabilité qui les hante, les premiers s’interdisent de voir qu’en les accueillant, ils saignent l’Afrique. Les seconds les encouragent à venir au nom des lois du marché, du travail global et de la mobilité de la main d’œuvre. Résultat, des dizaines de milliers de boat people se livrent au bon vouloir de gangs qui les lancent dans de mortelles traversées en direction de la «terre promise» européenne.

Le président Macron est conscient de ce problème, mais il n’a aucun moyen, sinon homéopathique, de persuader les Africains de le régler. A moins d’établir un partenariat avec les pays de l’Afrique du Nord qui vont être les premiers à être touchés car, c’est d’abord sur eux que vont se déverser les futures masses de migrants sub-sahariens.

Comment en serait-il autrement alors que la croissance démographique africaine est supérieure à 3% ? Elle est le résultat d'une fécondité très élevée (4,5 enfants par femme au Soudan et 7,1 au Niger), ce qui fait qu’en 2040, le Sahel, région fragile et aux ressources plus que limitées devra faire vivre plus de 150 millions d'habitants.

Là encore, la France est impuissante car elle n’a aucun moyen de contraindre les Africains à adopter de drastiques mais impératives politiques de contrôle des naissances.

Bernard Lugan, le 20 avril 2018

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 10:02

Les chiffres parlent: si dans les années 1960, les africains qualifiés, universitaires ou cadres étaient moins de 2000 à émigrer chaque année, ce chiffre a triplé entre 1975 et 1984, puis décuplé à la fin des années 1980, pour atteindre aujourd'hui le chiffre énorme de 20000 départs annuels. L'Afrique de vide ainsi de ses cerveaux ! Dans ce monde compétition, que deviendront nnos nations africaines dépourvues de cadres d'administration ou d'affaires, d'enseignants, d'ingénieurs, de chercheurs, alors que celles des autres continents investissent précisément dans le facteur humain ? D'autant que cette « fuite des cerveaux » profite en fin de compte aux pays développés, à tel point que le président de la Commission de l'Union africain, Alpha Oumar Konaré, va jusqu'à qualifier le phénomène de traite des cerveaux »

 

Anicet Georges Dologuélé, ancien premier ministre centrafricain, Jeune Afrique, 25 décembre 2005, p51

 

Dans les faits, il apparaît que la migration estudiantine peut aussi être une stratégie délibérée pour les candidats à l'émigration. En effet, qu'il s'agisse des EU, de la France ou de l'Allemagne, les conditions d'obtention d'un visa pour un étudiant sont en général moins restrictives que celle que doit remplir un Africain déjà diplômé (…) Au terme de son cursus, les pays d'accueil accordent d'ailleurs habituellement un délai de plusieurs mois aux diplômés pour trouver un emploi correspondant à leur formation et prolonger aini, cette fois-ci dans la vie active, leur séjour. Si les Etats voient d'un bon oeil l'arrivée des étudiants étrangers, ils ne sont pas les seuls. Les universités, elles aussi, apprécient la venue de ces populations. La raison est simple: elles reprsentent souvent une source de financement très intéressante pour leur budget

Revue Jeune Afrique, 24 octobre 2010, page 165

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:07
Schéma concernant le conflit israélo-palestinien

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 11:51

breughel

L'étude des jeux et des traités de pédagogie témoigne de l'attention portée aux enfants; on les laisse jouer aux osselets, à la pirouette (la toupie), à la poupée, aux cartes, à la petite guerre, comme faisait Duguesclin avec de jeunes garnements de son âge. L'adulte doit les corriger très jeunes, "plier la verge tant qu'elle est grêle et tendre" (car elle casserait), ne pas hésiter à réprimander, puis à frapper, même s'ils pleurent, car ils sont violents et ont tendance à faire nombre de vilaines choses, à voler, à blasphémer. On leur apprendra d'abord les deux commandements de Dieu: aimer Dieu, aimer son prochain puis, le plus tôt possible, un métier.  Les deux plus beaux sont ceux de clerc (car rien ne s'oppose a priori à ce que l'on devienne prélat, saint ou pape) et de chevalier. Il faut les commencer fort jeunes; durant le Haut Moyen Age, ce sont des bébés que l'on confie à des monastères qui savent parfaitement les élever; au XIIe siècle encore, Suger a commencé à 5 ou 6 ans. Les futurs chevaliers s'entraînent dès 7 ans et au plus tard à 10 ans. A Florence, au début du XVe siècle, on place les petites filles dès 8 ans chez un patron, où on les "oublie"; le garçon en apprentissage au même âge continue à résider fort souvent chez ses parents et y revient quand il se marie; dès 13 ans, filles ou garçons sont considérés comme des adultes et, s'ils sont autonomes, peuvent se marier.

En somme les enfants sont en partie protégés dans la société chrétienne: les avortements, les infanticides, les pratiques contraceptives chez les époux sont péché mortel puni et réprimé, et l'on recommande la continence durant les règles, pour éviter de procréer des enfants monstrueux, durant la grossesse pour éviter de léser ou d'écraser l'embryon, et durant l'allaitement, car on pense que le lait maternel est formé du sang menstruel et qu'une nouvelle fécondatio mobiliserait ce sang et amènerait la mort du nourrisson.

Il existe donc un amour de l'enfant. Mais il est en partie faussé par la dureté des conditions matérielles: morts nombreuses et précoces, souci d'assurer une production future et rapide. Du fait de la brièveté de la vie, les activités productives commencent beaucoup plus tôt que de nos jours et finissent plus tôt encore.

Robert Delort, La Vie au Moyen Age, chapitre "Structures mentales et vie sociale", Ed Point Histoire, 1982 

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