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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

histoire géo einstein

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 11:38
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 16:02
Révélations sur le membres de la Gestapo

Atlantico : Quand on apprend que les cadres de la Gestapo avaient, pour la très grande majorité, un très haut niveau d’études, pourquoi sommes-nous gênés ?

Georges Bensoussan (1) : Ces informations ne constituent pas une révélation en soi, on sait depuis longtemps que l’élite du régime était constituée de gens très bien formés, intellectuellement formés, des diplômés. On sait aujourd’hui qu’à peu près les 2/3 des officiers supérieurs de la SS avaient fait des études supérieures. Dépasser le niveau bac, c’était considérable à l’époque. Donc cette idée que c’est un ramassis de vauriens, de voyous et d’incultes, c’est faux.

Mais elle a perduré dans le grand public car c’est une idée qui rassure, comme le font souvent les mythes. Les mythes ont toujours une fonction : rassurer et calmer l’angoisse. Si on arrive à se persuader que ces gens-là étaient un ramassis d’abrutis, d’une certaine façon ça nous apaise parce qu’on se dit qu’avec un peu d’intelligence on peut endiguer le crime. Mais ça n’est pas si simple : ces gens sont intelligents, ils sont formés et cultivés.

On ne comprend pas comment tant de crimes ont pu être possibles dans ce contexte parce que le crime relève à ce moment-là d’une idéologie et d’une culture spécifique qui fait du crime la normalité. Donc ce que ça interroge ce n’est pas la psychologie de ces individus. Ces individus sont des hommes normaux – à part quelques psychopathes, mais comme dans toute société – mais qui obéissent à une logique du monde, à une idéologie et à une culture spécifique qui considère à un moment donné qu’au nom du sang et de la race le crime est un impératif catégorique. C’est-à-dire que pour sauver la nation ou la race allemande ou le peuple allemand – ce sont des notions confondues – il est urgent de tuer non seulement les parasites mais ceux qui mettraient en danger la race et la communion du peuple allemand. Donc quand le crime devient une norme, - c’est un impératif au nom d’un bien supérieur -, nous, nous avons du mal à le comprendre parce que nous relevons d’une autre idéologie qui est, disons globalement, la culture des Lumières.

L’Allemagne nazie a tourné le dos aux Lumières car il y a des éléments dans la culture allemande – attention, je ne parle pas de la culture allemande mais de certains éléments de la culture allemande – qui permettent le glissement vers ces anti-Lumières, ces contre-Lumières, qui placent au centre du monde la survie de la race allemande, et pas la notion d’humanité. La notion d’humanité n’existe pas pour les anti-Lumières. C’est un mythe, il n’y a pas de genre humain. Il y a des races humaines qui se combattent entre elles et il faut que la meilleure l’emporte, la race aryenne.

Pour appréhender ces événements – comme toute période de l’histoire - de la façon la plus rationnelle possible, il faut laisser de côté le pathos en se demandant toujours comment les hommes de ce temps-là – à cette époque et au sujet de ce dont on parle – pensaient en acceptant l’idée qu’ils n’avaient pas le même logiciel intellectuel que nous. Ce qui nous déroute c’est que nous pensons que l’humanité toute entière pense comme nous. Non, ni dans le temps ni dans l’espace. Aussi bien dans le temps que dans l’espace, les logiciels intellectuels ne sont jamais les mêmes. Nous ne pouvons comprendre cela que si on fait de l’histoire culturelle. Or l’histoire culturelle est dévaluée depuis la Seconde guerre mondiale – et c’est un paradoxe – parce qu’elle est souvent prise pour de l’essentialisme, donc du racisme. On se condamne – du coup – à ne rien comprendre. C’est d’ailleurs frappant dans l’actualité française.

Il existe en France une idéologie dominante qui refuse l’histoire culturelle. Donc ils ne comprennent strictement rien à ce qu’il se passe dans les banlieues par exemple. Quant aux gens de Daesh, ce ne sont pas des psychopathes. Ce sont des gens intelligents, rationnels, mais ils ont une autre rationalité que la notre, c’est cela que les gens ont beaucoup de mal à comprendre. L’histoire culturelle a toute sa place pour comprendre le monde. Mais malheureusement, aujourd’hui, au nom de l’anti-racisme il y a un certain nombre d’outils intellectuels qui sont interdits.

Avec la Gestapo comme avec Daesh, on a affaire à des idéologies totalitaires. Il ne s’agit pas d’islamo-fascisme comme dit Emmanuel Valls. Je pense qu’il se trompe et qu’il faut laisser de côté le mot "fascisme" : en parlant de fascisme ou de nazisme, on s’en réfère encore à l’Europe et on s’interdit donc de comprendre le côté totalement étranger de Daesh et d’ailleurs de l’islamisme sunnite. En revanche, la Gestapo et Daesh ont un point commun, - et je pense que là-dessus Emmanuel Valls a raison -, c’est qu’elles ont un aspect totalitaire.


Atlantico: La majorité de ces cadres de la Gestapo ont pu se réinsérer tranquillement après la guerre. Comment s’explique cette politique de l’Allemagne vis-à-vis-de ses criminels ?

L’Allemagne ne s’est pas sentie coupable de crime après 1945. C’est un mythe. L’étude des sources d’archives et les travaux d’historiens là-dessus révèle qu’il n’y a aucune culpabilité. C’est un artifice : nous, nous aimerions que l’Allemagne se soit sentie coupable après 1945. Mais c’est faux. Si la masse des allemands regrette quelque chose en 1945, c’est d’avoir perdu la guerre. Ils le disent. Hitler a un énorme défaut, c’est d’avoir perdu la guerre.

La dénazification constitue elle aussi une illusion.

Cette dénazification a été voulue par les alliés et qui a tourné court très vite en période de Guerre froide et d’anti-communisme effréné. Résultat, l’immense majorité des criminels nazis n’ont jamais été jugés. Et la grande majorité sont restés en Allemagne sous leur vrai nom et ont repris une carrière. Seuls quelques "gros poissons" ont été jugés in extremis en Allemagne parce qu’il y avait une forte pression des autorités françaises. Rares sont ceux qui ont été obligés de s’exiler, cela représente une infime minorité. Ceux-là ont effectivement changé de nom, mais ils n’ont pas changé d’idéologie. L’Allemagne savait par exemple depuis 1951 où Eichmann se trouvait et ils n’ont rien fait pour aller le chercher. Eichmann a été pris par une puissance étrangère, par Israël. Prenez aussi l’histoire du ghetto de Lodz - qui est le deuxième grand ghetto en Pologne. Il y avait environ 200 responsables allemands dans cette catastrophe. Sur 200, 4 ont été jugés par les tribunaux allemands. L’Allemagne savait où étaient la plupart de ces criminels mais elle n’a rien fait. Dans l’immense majorité des cas, la dénazification c’est une farce.

Certes, l’Allemagne officielle a dit et redit son mea culpa. Certains ont été d’ailleurs totalement sincères dans cette histoire. Konrad, Adenauer est un démocrate chrétien, ancien maire de Cologne. Il y a eu aussi, surtout, Willy Brandt qui participait à la résistance norvégienne. Ce membre du Parti socialiste s’était exilé très tôt en Norvège. Ces gens-là sont sincères et le geste de Willy Brandt qui s’agenouille au ghetto de Varsovie est tout à fait authentique. Mais ça c’est la voix officielle de l’Allemagne. Dans les corps intermédiaires, du côté d’une grande partie des élites, il n’y a pas eu de contrition.

Atlantico: Comment analysez-vous ce comportement de l’Allemagne d’après-guerre qui ne s’est que très peu dénazifiée d’elle-même ?

On a une masse importante d’allemands, une masse difficile à apprécier, qui sont restés, non pas nazis jusqu’au bout, mais hitlériens jusqu’au bout. Ca n’est pas la même chose. Dans les pires moments de la guerre, à Dresdes sous les bombes, on entend dans la foule qui se cache dans les abris des tas de propos laudateurs sur Hitler. Il y avait encore une forte approbation à la fin de la guerre. Combien, ça on ne pourra jamais le déterminer. Une chose est sûre, c’est que l’hitlérisme a été une passion en Allemagne. L’homme Hitler a fanatisé les foules. Il a été un personnage charismatique. Le nazisme, lui, se dégrade à partir de 1942-43. Ca ne se dégrade pas pour les crimes commis. Ca se dégrade parce que l’Allemagne souffre dans ses villes, dans son ravitaillement aussi. Il fallait reconstruire l’Allemagne, les villes qui étaient dévastées.


Atlantico, 27 septembre 2015, Propos recueillis par Julie Beaufrère-Schiff


 

(1) Georges Bensoussan est historien. Il est responsable éditorial du Mémorial de la Shoah à Paris.

 


 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 12:58
Des cartes pour comprendre le monde...
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 08:25

inegal acces a la nourriture

Les cartes (...) ne sont ni objectives ni exhaustives, elles ne sont en rien le réel, mais son interprétation. La réalisation des cartes résulte d'une longue série de choix, de lectures subjectives, d'une manière de voir, parfois manipulatrice, bien souvent approximation. Une carte est une image graphique qui doit permettre une perception instantanée et une mémorisation facile de l'information représentée. (...)

Tout projet de carte renvoie le cartographe à la disponibilité, à la qualité et à la cohérence de ses sources. Les données statistiques sont à l'image des Etats qui les produisent. Exhaustives, comparables et à jour dans les Etats développées disposant d'appareils statistiques anciens et fiables, elles sont amnésiques, indisponibles, voire falsifiées, dans les Etats autoritaires ou totalitaires; indigentes et peu fiables dans les Etats les plus pauvres ooù même l'état civil fait parfois défaut. Cette hétérogénéité est en partie corrigée par les grands organismes internationaux et les acteurs privés, éditeurs de presse ou ONG qui publient régulièrement des rapports et annuaires. (...) Plus que jamais, il est indispensable de se livrer, pour une même donnée, aux comparaisons et aux critiques des sources.

M-F Durand, Atlas de la mondialisation. Comprendre l'espace mondial contemporain, 2010

 

Questions: pourquoi doit-on constamment conserver un regard critique lorsqu'on analyse une carte d'après M-F Durand ? Cela signifie-t-il une victoire du scepticisme ?

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 12:46
Gauche et droite libérales: l'analyse de fond d'un jeu électoraliste au service du système capitaliste

Depuis maintenant plus de trente ans, dans tous les pays occidentaux, le spectacle électoral se déroule essentiellement sous le signe d'une alternance unique entre une gauche et une droite libérales qui, à quelques détails près, se contentent désormais d'appliquer à tour de rôle le programme économique défini et imposé par les grandes institutions capitalistes internationales (et donc à travers elles, par les puissants lobbies transnationaux qui en sont la principale source d'inspiration).

Dans cette mise en scène parfaitement rodée, c'est la gauche qui a toujours le plus grand intérêt à présenter cet "antagonisme" comme le prolongement naturel d'une lutte et d'un « choix de société » qui remonterait sous cette forme à la Révolution française elle-même (...).  Le problème, nous l'avons vu, c'est qu'il s'agit là d'une pure et simple légende électorale, fondée sur la réecriture intéressée de l'histoire des deux derniers siècles(1).

D'une part parce que la gauche orthodoxe contemporaine (désormais convaincue qu'une sortie du capitalisme n'est plus possible ni même souhaitable) a, depuis trente ans, définitivement renoncé à l'alliance qui l'avait unie pendant près d'un siècle au mouvement ouvrier socialiste (...). D'autre part, et surtout, parce qu'il est évident que la droite moderne (celle dont les maîtres spirituels sont à présent F. Hayek et Milton Friedman) n'a pas non plus grand chose à voir avec la droite réactionnaire du XIXe siècle (celle d'un Montalembert ou d'un Mgr Dupanloup), droite dont les espoirs de rétablir la monarchie et le pouvoir idéologique de l'Église catholique ont été balayés une fois pour toutes à la Libération (le régime de Vichy, malgré certains aspects technocratiques annonçant déjà l'idéal gestionnaire du capitalisme moderne, représente, en réalité, l'ultime soubresaut historique de cette droite tournée vers le passé).

De ce point de vue, et une fois refermée la parenthèse complexe du « gaullisme », la victoire, en 1974 de Valéry Giscard d'Estaing (comparable à celle de M. Thatcher en 1975 sur son vieux rival E. Heath dont elle dénonçait avec une certaine perversité le « socialisme sournois») marque le ralliement définitif de la nouvelle droite (ontologiquement liée aux secteurs les plus modernistes du grand patronat) à ces principes du libéralisme économique et de la globalisation marchande qui avaient d'abord été défendus – dans les années 1820-1830 – par J-B Say et F. Bastiat, tous deux représentants éminents de la gauche de l'époque. Et si cette nouvelle « droite » a su vite sous-traiter à la gauche le soin de développer politiquement et idéologiquement l'indispensable volet culturel de ce libéralisme (l'éloge d'un monde perpétuellement mobile, sans la moindre limite morale, ni la moindre frontière) c'est uniquement pour des raisons qui tenaient à la nature particulière de son électorat (on se souvient que Giscard d'Estaing, qui avait commis l'erreur de vouloir lui-même mettre en œuvre une partie de ces réformes « sociétales » (2), l'avait payé au prix fort lors de l'élection présidentielle de 1981; et la nouvelle droite libérale avait évidemment aussitôt retenu la leçon).

 

J-C Michéa, les Mystères de la Gauche, Ed Climats, 2013

 

(1) L'auteur a notamment rappelé que les répressions les plus sanglantes de soulèvements populaires ouvriers (juin 1848, la Commune en 1870) ont été menées par la Gauche de l'époque...

(2) Par exemple la loi sur l'avortement en 1975

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 09:56
 

Le 28.10.2013 à 16h37

 
 

La Chine est devenue le premier pays au monde en termes de ressources humaines, mais elle souffre d'une «fuite des cerveaux» plus grave que d'autres pays, en particulier en sciences et en ingénierie, d'après le directeur du bureau du Groupe central de coordination pour le travail des talents, où 87% des étudiants ou des universitaires choisissent de rester à l'étranger.

En fin 2012, il y avait 2,64 millions d'étudiants chinois à l'étranger, mais seulement 1,09 million entre eux sont retournés en Chine. Depuis 2003, le nombre d'étudiants chinois à l'étranger a toujours augmenté, passant de moins de 120 000 à environ 400 000. Parallèlement, le nombre d'étudiants étrangers en Chine s'est accru de moins de 80 000 à environ 330 000. Le « déficit » des étudiants à l'étranger a dépassé 40 000 par an, avec un pic à près de 70 000.

Bien que plus d'étudiants soient retournés en Chine dans la dernière décennie avec la croissance soutenue de l'économie chinoise et le ralentissement économique en Occident, peu d'entre eux sont hautement qualifiés.

Les analystes estiment que l'exode des cerveaux, en particulier la perte du groupe haut de gamme, influencera la durabilité de la croissance rapide de l'économie chinoise. Le manque d'innovation est l'un des résultats : la Chine ne se classe qu'à la 34e place des 141 économies sur le classement mondial de l'indice de l'innovation 2012.

Le « déficit de talents » dans les pays en développement est un problème qui ne peut être résolu complètement, selon des experts. Pour passer d'une « fuite des cerveaux » à un « gain de cerveaux », la Chine devrait suivre la tendance des talents globalisés, améliorer l'environnement pour le développement de talents, créer un environnement favorable pour les talents qui reviennent et établir un modèle économique entraîné par l'information et l'innovation.

http://french.peopledaily.com.cn/Sci-Edu/8439312.html

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 14:53
Un discours clé de Kennedy

Mesdames et messieurs,

Le mot « secret » est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets, et aux procédures secrètes. Nous avons décidé, il y a longtemps, que les dangers de la dissimulation excessive et injustifiée à l'égard des faits pertinents sont plus grands que les périls qui sont cités pour la justifier. Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt à s'opposer à la menace d'une société fermée en imitant ses restrictions arbitraires.

Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt d'assurer la survie de notre nation si nos traditions ne survivent pas avec elle. Et il y a un très grave danger d'une annonce d'un niveau de sécurité plus élevé par ceux qui sont hâtifs d'élargir sa signification à l'extrême limite de la censure officielle et la dissimulation. Cela, je n'ai pas l'intention de le permettre dans la mesure où c'est sous mon contrôle. Et aucun membre de mon administration, que leur grade soit élevé ou pas, civil ou militaire, ne devrait interpréter mes paroles ici, ce soir, à titre d'excuse pour censurer les nouvelles, étouffer la dissidence, cacher nos erreurs ou retenir pour la presse et le public, que les faits qu'ils méritent de savoir. (...)

Parce que nous devons faire face tout autour du monde à une conspiration monolithique et impitoyable qui compte principalement sur des moyens cachés pour étendre sa sphère d'influence, basée sur l'infiltration plutôt que sur l'invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections, de l'intimidation au lieu du libre arbitre, des guérillas la nuit au lieu des armées les jour. C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable qui combine les opérations militaires, diplomatiques, de renseignements, économiques, scientifiques et politiques. Les préparatifs sont occultés, et non publiés. Leurs erreurs sont passées sous silence et ne font pas la une des manchettes Ces détracteurs sont réduits au silence, au lieu d'être admirés. Aucune dépense n'est remise en question, aucune rumeur ne circule, aucun secret n'est révélé. (...)

Aucun président ne devrait craindre d'être inspecté minutieusement et publiquement par rapport à ses programmes. De cette inspection découlera la compréhension et de cette compréhension vient soit du soutien, soit de l'opposition et les deux sont nécessaires. Je ne demande pas à vos journaux de supporter mon administration mais je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain. Parce que j'ai une confiance complète dans la réaction et le dévouement du peuple américain lorsqu'il est informé de tous les faits. Je ne sème pas seulement la controverse chez vos lecteurs, mais je l'accueille. Cette administration a l'intention d'être honnête à propos de ses erreurs. Comme un homme sage a déjà dit: « une erreur ne devient pas une bévue tant que tu ne refuses pas de la corriger ».

Nous avons l'intention d'accepter la responsabilité totale de nos erreurs et nous nous attendons de votre part que vous nous les pointiez du doigt lorsque nous les manquons. Sans débats, sans critique, aucune administration et aucun pays ne peuvent réussir et aucune république ne peut survivre. Voilà pourquoi le législateur athénien Solon a décrété comme étant criminel, tout citoyen se désintéressant de la controverse. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par notre premier amendement. La seule entreprise en Amérique qui est spécifiquement protégée par notre constitution, non pas principalement pour amuser et distraire, pour mettre en évidence ce qui est mondain et sentimental, pas simplement pour donner au public ce qu'il veut, mais plutôt de l'informer, le stimuler, le faire réfléchir pour faire état de nos dangers et de nos opportunités, pour indiquer nos crises et nos choix, pour guider, mouler, éduquer et parfois même fâcher l'opinion publique. Cela implique une plus grande couverture et analyse des nouvelles internationales. Car elles ne sont plus lointaines et étrangères, mais à présent près de nous et locales, cela signifie l'importance d'une plus grande attention à l'amélioration de notre compréhension des nouvelles et de leur transmission. Cela signifie finalement que le gouvernement à tous les niveaux doit honorer ses obligations de vous fournir le plus d'informations possibles en dehors des limitations les plus étroites de la sécurité nationale.

Et donc c'est à la presse imprimée, qui enregistre les actions de l'humanité, qui est le gardien de notre conscience, c'est en la dépêche de nos nouvelles que nous cherchons de la force et de l'assistance avec la certitude qu'avec votre aide l'homme deviendra ce pourquoi il est né: libre et indépendant.

J-F Kennedy, discours devant l'industrie des médias, 17 avril 1961

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 10:55
La civilisation occidentale jugée par l'extrême orient à la fin du XIXe siècle

Il peut sembler naturel à l'esprit des occidentaux de contempler avec un sentiment de triomphe sans ombre ce monde d'aujourd'hui dans lequel l'organisation a fait de la société une immense machine pourvoyant elle-même à ses besoins... Et pourtant la Chine, avec sa douce ironie, considère la "machine" comme un instrument, non comme un idéal. L'Orient vénérable fait encore la distinction entre les moyens et la fin. L'Occident est favorable au progrès, mais où tend le progrès ? Lorsque l'organisation matérielle sera complète, quel but, demande l'Asie, aurez-vous atteint ? La dimension seule ne constitue pas la vraie grandeur, et la recherche du luxe ne mène pas toujours au raffinement. Les individus qui coopèrent avec à la fabrication de la grande machine, de la soi-disant civilisation moderne, deviennent les esclaves d'une habitude machinale et sont impitoyablement dominés par le monstre qu'ils ont crée.

En dépit de la fameuse liberté de l'Occident, l'individualité véritable y est détruite par la compétition pour la richesse; le bonheur et la joie y sont sacrifiés par l'insatiable désir de posséder toujours davantage. L'Occident se glorifie de s'être émancipé des superstitions médiévales; mais qu'est donc ce culte idolâtre de la richesse qui les a remplacées ? (...)

Les voies du socialisme est une lamentation sur les affres de l'économie politique occidentale - la tragédie du capital et du travail... L'Asie ignore c'est vrai, les joies sauvages d'une locomotion qui boit l'espace, mais elle possède encore la science, plus profonde du voyage, celle du pèlerinage et celle des moines nomades. L'ascète indien qui mendie son pain quotidien aux ménagères villageoises et qui, le soir venu, s'assied sous un arbre, parle et fume avec les paysans de la contrée, voilà le vrai voyageur. Pour lui la campagne n'est pas faite seulement de ses aspects naturels; elle est un chaînon de coutumes et de traditions, tout empreinte de la tendresse et de l'amitié qui a partagé, ne fût-ce qu'un instant, les joies et les peines de son drame privé.

Le paysan japonais qui voyage, ne quitte, lui aussi, aucun endroit intéressant, de ses promenades, sans y laisser son hokku, petit sonnet d'une forme d'art accessible aux plus simples. Par ces moyens la conception orientale de l'individualité se cultive comme une science mûre et vivante., harmonisant la pensée et le sentiment dans une grave mais souriante humanité.

La tâche actuelle de l'Asie consiste donc à protéger et à restaurer les coutumes asiatiques. Mais, pour ce faire, il faut d'abord se reconnaître elle-même et développer la conscience de ses coutumes, car les ombres du passé sont les promesse de l'avenir.

OKAKURA (1863-1913), Les idéaux de l'Orient, Le réveil du Japon

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 12:34
3,3 millions d’années : des outils plus vieux que le genre Homo

Alors que les outils sont attribués à la lignée humaine, la découverte d’outils vieux de 3,3 millions d’années, avant l’apparition du genre Homo, a fait l’effet d’une bombe en paléoanthropologie.

Tout a commencé le 9 juillet 2011, lorsque l’archéologue Sonia Harmand et son collègue Jason E. Lewis, respectivement Research Associate Professor et Research Assistant Professor au Turkana Basin Institute (TBI), se sont écartés par erreur de leur chemin alors qu’ils menaient une campagne de fouilles dans le nord du Kenya, sur la berge ouest du lac Turkana. En cherchant à retourner sur la route, ils ont examiné l’endroit où ils étaient, plus tard baptiser « Lomekwi 3 », pour y découvrir des outils taillés. Alors que l’âge de ces outils était indéterminé, il aura fallu plusieurs années à une équipe internationale de 19 chercheurs pour dater ces outils. Jusqu’à présent, il était admis que les outils étaient attribués aux membres du genre Homo, bien que certains scientifiques se posaient la question de savoir si les hominines, les fameux australopithèques comme Lucy notamment, ne possédaient pas déjà des outils. Encore fallait-il le prouver. C’est en recourant à la méthode bien connue de la téphrostratigraphie, qui consiste à dater les couches sédimentaires entourant les objets, qu’il a été possible de déterminer que les outils retrouvés sur le site de Lomekwi 3 sont âgés de 3,3 millions d’années environ. 

 

Cette datation signifie qu’il s’agit des outils les plus anciens découverts à ce jour, mais aussi qu’ils sont trop vieux pour être attribués à des représentants du genre Homo connus, en particulier de l’Homo habilis que l’on croyait être le premier à tailler des outils. Cette découverte fait donc l’effet d’une bombe en paléoanthropologie en repoussant les débuts de l’industrie lithique d’au moins 700 000 ans dans le passé, bien avant l’apparition du genre Homo.

« Ces outils mettent en lumière une période inattendue et inconnue de l’histoire du comportement des hominines et ils peuvent nous apprendre beaucoup sur le développement cognitif de nos ancêtres que nous ne pouvions comprendre uniquement à partir de leurs fossiles », explique Sonia Harmand.

L’étude des outils de Lomekwi 3 et la reconstitution de l’environnement où les hominines les ont taillés révèlent que la région autour du site était plutôt boisée il y a 3,3 millions d’années. « Les hominines qui y vivaient ne devaient probablement pas se trouver dans la savane », suppose Jason Lewis. Sonia Harmand ajoute que l’étude de la taille des outils fait apparaître l’utilisation de gestes qui rappellent ceux des chimpanzés qui utilisent des pierres pour ouvrir des fruits à coque, ce qui signifie qu’on est peut-être en présence d’une technologie en transition précédant celle utilisée par l’Homo habilis durant l’Oldowayen, il y a entre 2,6 et 1,7 million d’années environ. Bien que rudimentaires par certains côtés, ils sont trop complexes pour être le produit de chocs au hasard et il doit donc exister des outils plus anciens encore estime Sonia Harmand.

Emilie Dubois, le 24 mai 2015, http://www.linformatique.org/

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:39
La dictature parfaite selon Huxley
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