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"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

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"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 07:20

 

En 508 avant J-C, Clisthène établit à Athènes un système de gouvernement démocratique où un nombre beaucoup plus important de citoyens peut désormais participer directement à la vie politique de la cité. Quels principes ont permis à cette démocratie de s'affirmer et de durer deux siècles ? Était-elle pleinement satisfaisante ?

 

Le système politique athénien repose sur quelques principes fondateurs essentiels permettant des prises de décisions collectives, la cohésion de la cité et sa défense.

Le premier réside dans l'égalité de tous les citoyens face à la loi, c'est à dire l'isonomie. Qu'ils soient issus de riches familles ou pas, les citoyens devront se soumettre aux mêmes règles - décidées par le vote - et auront théoriquement les mêmes chances de participer à la vie politique. Pour rendre possible ce principe Clisthène fit disparaître les patronymes ancestraux au profit des patronymes liés au lieu de vie essentiel, le dème. Il était ainsi plus difficile de différencier les origines sociales. Ce principe d'égalité s'applique notamment dans le tirage au sort qui concerne par exemple certaines magistratures ou la boulé, conseil de 500 citoyens, chargé de préparer les lois et de surveiller le travail des archontes, ou dans le temps de parole à l'assemblée mesuré par le clepsydre. Le système athénien repose sur le respect du choix de la majorité, d'où l'usage du vote tant dans le domaine législatif à l'écclesia que judiciaire, car les citoyens étaient amenés à voter sur la culpabilité d'accusés au tribunal de l'héliée. Pour permettre aux plus modestes de participer aux séances de ce de ce dernier Périclès instaure le  misthos (indemnité versée aux citoyens pauvres pour qu'ils puissent délaisser leurs activités professionnelles). A partir de - 400 il concernera aussi la participation à l'ecclesia. L'équité n'est donc pas que théorique.

Pour garantir la cohésion de la cité d'autres principes majeurs sont défendus. D'abord le fait que les plus riches soient tenus de dépenser une partie de leur fortune personnelle pour financer des projets communs (liturgie) ou des banquets, la participation de tous aux grandes fêtes religieuses notamment les Panathénées en l'honneur de la déesse Athéna. Plus important encore, chaque citoyen est tenu de défendre sa cité si celle-ci est en danger. Sacrifier éventuellement sa vie est un devoir civique qui justifie l'obtention de droits politiques. Ainsi l'acquisition de la citoyenneté se réalise suite à l'éphébie, service militaire de deux ans permettant de former les futurs soldats, et chaque citoyen est tenu de s'équiper militairement par ses propres moyens. Les plus aisés sont des cavaliers, les plus pauvres servent en tant que rameurs dans la flotte, la plupart restent des fantassins lourdement armés nommés hoplites. Enfin le devoir d'exemplarité est au cœur de la citoyenneté athénienne. Cela a pour conséquence la possibilité de la perdre (l'atimie) en cas de faute grave ou d'être ostracisé, c'est à dire exilé, si l'on est soupçonné de vouloir porter atteinte aux institutions démocratiques ou de trahir sa cité.

 

Ces principes correspondant clairement à une démocratie directe n'excluent pas des faiblesses voire des défauts dans le système.

Premièrement, la citoyenneté qui implique des droits politiques importants restera très circonscrite aux Vè et IVè siècles. En effet, les femmes mais aussi les métèques, ou étrangers et bien sûr les esclaves en sont exclus. Ainsi 15% seulement de la population accède à la citoyenneté. Il est très rare qu'un étranger puisse obtenir le précieux statut même s'il a rendu de grands services à la cité. D'autre part il faut être soi-même fils de deux parents athéniens citoyens pour le devenir.

En outre, si théoriquement tous les citoyens peuvent accéder aux plus hautes charges et peser sur les destin de leur cité, dans les faits il s'avère que ce sont presque toujours les hommes issus des plus riches et vieilles familles aristocratiques d'Athènes qui monopolisent le pouvoir. Périclès en est l'illustration, ayant été élu une trentaine de fois à la plus haute charge, celle de stratège. Ayant reçus une meilleure éducation, disposant donc de capacités oratoires et rhétoriques ainsi que d'une fortune leur permettant d'acheter des fidélités et des votes, ils détiennent de fait entre leurs mains le destin de la cité surtout au Vème siècle. 

Le fonctionnement de la démocratie athénienne conduit irrémédiablement à des dérives bien connues et critiquées surtout à la fin du Vème siècle et au IVème siècle tant par des philosophes (Platon) que des auteurs de théâtre (Euripide, Aristophane): les discours démagogiques visant à flatter les électeurs pour être élu ou réélu ou le glissement vers une forme de ploutocratie où l'argent devient un moyen sinon de corruption du moins d'achat des votes. On voit donc l'égalité  entre citoyens n'empêche pas en réalité Athènes de connaître une certaine confiscation du pouvoir par les plus favorisés, qu'ils soient aristocrates et/ou fortunés.

 

La cité d'Athènes a appliqué dès le Vème siècle avant J-C les principes fondamentaux de tout système démocratique où chaque citoyen peut exercer des responsabilités politiques et ainsi participer directement aux décisions engageant le destin de sa patrie. La démocratie athénienne ne fut toutefois pas exempte de défauts qui ont été l'objet d'âpres débats entre athéniens; les dérives démagogiques ou ploutocratiques ont ainsi contribué a affaiblir la foi de certains athéniens - le célèbre philosophe Platon par exemple - en leur régime fondé sur l'égalité.

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 12:05

 

Réponse rédigée:
          « Présentez le christianisme, soulignez sa filiation spirituelle avec le judaïsme et enfin expliquez sa diffusion »

 

Introduction

Au début de notre ère, dans une province reculée de l'empire romain apparaît une religion nouvelle. Prenant racine dans les traditions bibliques juives, le christianisme s'affirme comme une religion à vocation universelle et dont la diffusion s'accèlère dès la fin du Ier siècle. Quels sont les fondements du christianisme et comment expliquer son succès ?

 

A- Une religion issue du Judaisme et qui s'en sépare

  • Le personnage de Jésus: c'est autour de l'interprétation de son enseignement et de la nature de sa personne que naît le christianisme. Connu essentiellement grâce aux Evangiles rédigés au Ier siècle, il vit en Judée région occupée par les romains depuis -63 et devenue officiellement province romaine en 6 ap JC.Vers 30 ans Jésus débute son ministère, c'est à dire sa prédication comme prophète.

    D'après les traditions bibliques un messie devait venir libérer les hébreux de la domination étrangère et permettre aussi leur régénération spirituelle. Cette attente constitue l'un des fondements de la religion juive de l'époque. Or Jésus annonce qu'il est ce sauveur attendu: cette annonce divise les juifs. Certains croient que la prophétie s'est accomplie devenant adeptes d'une religion nouvelle d'autres considèrent qu'il s'agit d'un imposteur; ceux-là continueront à pratiquer le Judaïsme traditionnel et sont intervenus pour le faire condamner. Pour les premiers Jésus incarne la voie du salut c'est à dire l'accès au royaume de Dieu.

  • La filiation entre Judaïsme et christianisme

    Pourtant cette différence d'appréciation fondamentale de la nature et du rôle de Jésus, Christ pour les uns, faux prophète pour les autres, ne doit pas cacher une réalité essentielle: le christianisme reprend bon nombre de traditions bibliques. Jésus est lui même juif, il connaît les enseignements des anciens prophètes. Ainsi les chrétiens restent évidemment monothéistes et continuent de s'appuyer sur les lois de Moise qu'ils considèrent fondamentales pour faire leur salut (document 2)

  • L'originalité du message chrétien

    Cependant le message transmis par Jésus se démarque de certaines traditions: ainsi la loi du Talion, « oeil pour oeil dent pour dent », est dépassée par le pardon et l'amour de ses ennemis. Pour Jésus c'est d'ailleurs l'un des aspects essentels du Salut. Il complète le décalogue de Moïse en plaçant l'amour du prochain comme le commandement majeur.

    En outre, Jésus insiste sur la nécessité d'une foi profonde s'opposant aux pratiques saducéennes ou pharisiennes qu'il juge superficielles et hypocrites. Ainsi les chrétiens vont-ils abandonner la plupart des rites traditionnels à commencer par les holocaustes et les sacrifices. Le seul « rituel » enseigné par Jésus est l'eucharistie, c'est à dire le partage du pain et du vin.

    Peut-être plus important encore, il ouvre la nouvelle foi à tous, ne se limitant pas aux seuls juifs; l'exemple donné de cet universalisme, de cette necessité de faire connaître la « bonne nouvelle » à tous est repris ensuite par ses disciples dans leur oeuvre missionnaire.

 

B- La diffusion du Christianisme

  • Les débuts de la diffusion: Dès la mort de Jésus les premiers disciples s'organisent; une trentaine d'années plus tard (63) on leur donne pour la première fois le nom de « chrétiens ». AU Ier siècle les apôtres et Paul de Tarse qui rédige les Epîtres jouent un rôle fondamental dans la diffusion de la nouvelle croyance. Ils prêchent au delà de la Palestine, en Asie mineure, en Grèce, à Rome ou en Egypte.Cette diffusion se fait donc essentiellement de façon orale , la rédaction des Evangiles et des Epîtres offrant une base écrite pour les personnes plus cultivées qui vont peu à peu organiser l'Eglise.

  • Le positionnement des autorités romaines: La diffusion du christianisme concerne donc le monde romanisé. Les autorités de l'empire sont au départ plus étonnées qu'indignées par la nouvelle religion, ils comprennent mal cette adoration pour un personnage qui est mort crucifié. Tout au plus les chrétiens servent de boucs émissaires comme ce fut le cas en 64 suite à l'incendie de Rome.

    Par la suite les autorités durcissent leur position car les chrétiens dont le nombre croît y compris chez les romains refusent les traditions religieuses païennes. C'est donc une menace pour l'unité et la cohésion de l'empire. Ainsi en 112 l'empereur Trajan déclare officiellement l'illégalité du christianisme: c'est le début des persécutions contre les chrétiens. Celles-ci impliquent des procès contre ces derniers et bien souvent des condamnations à la peine capitale: décapitation pour les chrétiens citoyens romains, crucifixions ou « bêtes féroces » pour les autres. Au II siècle des évènements notoires marquent les esprits comme à Lyon en 177 où de nombreux chrétiens sont massacrés. Le III siècle constitue l'apogée de la politique de persécution par les romains et en même temps l'aveu de leur impuissance face à la percée jamais démentie des idéaux chrétiens.

  • Le succès du christianisme: malgré tous leurs efforts les autorités romaines ne peuvent que constater le succès grandissant de la nouvelle religion. La simplicité de son message centré sur l'amour et le pardon ainsi que son ouverture à toutes les cultures et classes sociales expliquent pour une bonne part les adhésions des paiens. De plus pour les chrétiens, l'espérance du royaume de Dieu s'ouvre à tous et notamment aux plus déshérités (sermon de la montagne de Jésus: « heureux les pauvres... ») ce qui n'était pas forcément le cas dans les autres religions de l'époque, plus élitistes.

    Ainsi entérinant la progression du christianisme, l'empereur Constantin déclare la tolérance à l'égard des chrétiens au début du IV siècle (Edit de Milan). Cette décision est suivie quelques décennies plus tard par la reconnaissance de cette religion comme religion officielle de l'Empire. (Edit de Theodose en 380)


     Conclusion


    « Fils héritier » du judaisme, le christianisme s'est affirmé comme une religion beaucoup plus ouverte qui a su toucher des cultures et milieux très divers dans et hors de l'empire romain. Il faut cependant souligner que durant les premiers siècles il n'y a pas un mais des christianismes que divers conciles postérieurs vont tenter d'unifier.

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