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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 16:53

On a appelé Optimum médiéval une période globalement chaude comparée à celles qui l'ont précédé et suivie, identifiée en Europe, et donc l'acmé se situe aux alentours de l'an mil. (...)

Il n'y avait bien sûr à l'époque aucun relevé thermométrique. Par contre, la documentation historique permet de dégager une quantité d'informations importante, comme les descriptions du temps qu'il faisait, ses effets, les types de cultures, les dates des moissons, avec de plus, une couverture des territoires assez fine. C'est ainsi que l'on a pour habitude de souligner que le vignoble européen s'est étendu à l'époque de "500 km au-delà de sa limite septentrionale actuelle": la vigne est alors cultivée dans des régions d'Europe qui ne le connaissaient pas auparavant, comme la Belgique dès le IXème siècle, l'Angleterre, l'Allemagne, vant d'en dispraître largement, en subsistant parfois dans certains lieux plus favorables que d'autres. (...) Ainsi, (...) la culture des oliviers s'est étendue vers le nord dans la vallée du Rhône parce qu'il y a avait un marché qui se développait.

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(...) L'existence d'un Petit âge de glace est elle aussi bien documentée en Europe, tant dans les archives historiques que par l'étude des paléoenvironnements. L'un des faits les plus marquants, qui lui a valu son nom, est la progression des glaciers qui ont crû en taille et en volume, jusqu'à sérieusement menacer des villages des vallées alpines (...)

Ces deux évènements sont extrêmement bien documentés pour l'Europe, où ils ont d'abord été identifés. L'enjeu est de savoir s'ils n'ont été que des phénomènes régionaux ou si leur ampleur est mondiale.(...)

Tout se passe comme si les paléoclimatologues influents et reconnus cherchaient à tout prix à minorer voire à faire dispraître l'Optimum médiéval, en le cantonnant à l'Europe et en niant son caractère global, et à faire de l'évolution récente du climat, en l'occurrence des températures, un évènement encore jamais vu depuis, avance-t-on parfois, dix millénaires. Si tel est le cas, la concentration atmosphérique en CO2 ayant été elle aussi, nous dit-on, d'une grande stabilité avant l'augmentation commencée à la révolution industrielle, la corrélation entre température et CO2 est excellente sur tout le dernier millénaire et même au-delà. Mais si au contraire la température moyenne globale a connu d'importantes fluctuations, avec un Optimum médiéval et un Petit âge de glace d'extension mondiale, alors la corrélation devient difficile à soutenir et la relation de cause à effet entre activités humaines et réchauffement récent beaucoup moins évidente.

Car si la température a pu fluctuer de manière assez importante à CO2 constant, à cause d'un ou plusieurs autres facteurs, alors il pourrait en être de même actuellement, ce qu'on observe depuis 150 ans relevant, dans ce cas, de la variabilité naturelle du climat.

Hacène Arezki, Climat mensonges et propagande, Editions T. Souccar, 2013

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 10:53

18643587Le sujet de l'évolution récente du système climatique est le plus souvent traité par le biais de symboles forts aisément reconnaissables, qui font sens immédiatement aux yeux du grand public.

Le film d'Al Gore Une vérité qui dérange (An inconvenient truth) est un excellent exemple de leur utilisation, même si pour cela il faut être en dehors de ce que dit la science. Dès 1992, AL Gore déclarait qu'il n'y avait plus à débattre, que les faits étaient scientifiquement établis. On ne peut dès lors s'étonner du contenu du film, que l'on nous présente comme un documentaire et qui est plutôt une fiction documentaire (...).

Au Royaume-Uni, pour sensibiliser le jeune public, le film était projeté dans les écoles, jusqu'à ce qu'une plainte soit déposée. La Justice britannique ayant reconnnu des "erreurs" dans le film, n'en a pas interdit la diffusion, mais a demandé qu'un avertissement en précède le visionnage. 9 "erreurs" sont reconnues par la Justice, là où d'autres ont été repertoriées. 

1-Al Gore fait un lien entre le changement climatique et le puissant cyclone Katrina alors que l'Organisation Météorologique Mondiale assure que l'on n'est pas en mesure de prévoir une hausse de l'activité cyclonique avec un climat plus chaud. Le passé montre d'ailleurs la violence du temps associée à tout refroidissement.

2- Le spectre d'un arrêt du Gulf Stream est brandi, alors même qu'un tel scénario est totalement impossible.

3- Le film annonce même une hausse du niveau de la mer de 6 mètres, suite à la fonte accélérée du Groenland et de l'ouest de l'Antarctique. Le comportement de ces vastes calottes de glaces est incertain, et même si la fonte était avérée, il faudrait des milliers d'années pour atteindre une telle valeur. (...)

Montrer le réchauffement du climat étant délicat, il est souvent fait appel aux glaciers de montagne, pour lesquels on dispose parfois d'une riche iconographie. Sont alors mis en parallèle des photographies récentes et d'autres prises il y a quelques décennies, jusqu'à un siècle, la comparaison, qui montre le plus souvent un net recul, devant servir de preuve à l'effet des activités humaines sur le climat. Mais ce n'est là qu'enfoncer des portes ouvertes. Le réchauffement ayant eu lieu depuis 150 ans n'est pas contesté et a eu pour effet ce recul, qui ne prouve rien quant à une éventuelle responsabilité des activités humaines. (...) Les glaciers, surtout pris individuellement, ne sont que de très imparfaits indicateurs d'un éventuel réchauffement, car ils s'intègrent dans leur comportement toutes les variables de l'évolution climatique et non les seules températures. Le Cas emblématique du Kilimandjaro en est une excellente illustration.(1)

Hacène Arezki, Climat mensonge et propagande, T. Souccar Editions, 2013

 

(1) Un réchauffement qui n'est d'ailleurs pas constaté avec les mesures dont on dispose, ne serait pas à même de faire fondre ces glaces mythiques. Les pertes ont lieu ici par sublimation, c'est à dire passage direct de la glace à la vapeur d'eau. S'il y a recul des glaciers relictuels du toit de l'Afrique, c'est simplement que l'alimentation en neige est inférieures aux pertes par sublimation. Ce déséquilibre date du début du XXème siècle et l'ancienneté du retrait plaide d'ailleurs pour des causes naturelles, puisque le réchauffement anthropique débute selon le GIEC durant les années 1990.

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 21:32

quand-bien-meme-2010

 

C'était le temps des Trente Glorieuses, et il y avait de quoi s'illusionner: la machine économique fonctionnait à plein rendement, alimentée par les ressources abondantes et pratiquement gratuites du tiers-monde. En ce temps-là, comme on sait, sur une société cendée nager dans la félicité planait un climat moral désabusé, probablement dû à la surabondance. "La France s'ennuie", lisait-on parfois dans la presse. Contrairement à aujourd'hui, la jeunesse avait un avenir assuré. Elle ressentait néanmoins un étrange malaise, comme si les excès de l'avoir abolissaient les besoins de l'être, la société de consommation créant simultanément besoins et frustrations. Le consommateur est à l'évidence le rouage d'une machine qui produit toujours plus, afin que l'on consomme toujours plus. Maniant l'aiguillon crétinisant d'une publicité omniprésente, elle joue avec le consommateur et s'en joue, telle une courtisane usant de ses charmes trompeurs, lui promettant des jouissances toujours plus extatiques.

Face à ce traquenard insidieux, il y eut le sursaut de Mai 68 contre la société de consommation. Parmi les mobiles très complexes de ce soulèvement, on peut en retenir un qui est à rapprocher du propos de cette ouvrage, à savoir un désir, exprimé ou sous-jascent, de modération. Surabondance et bonheur ne vont pas forcément de pair; parfois même, ils deviennent antinomiques. Il est probable que cette jeunesse, au-delà des idéologies alors florissantes, aujourd'hui obsolètes, auxquelles elle se référait, pressentait la confiscation de sa propore créativité par une société matériellement trop sécurisante, et pétrifiée dans un fait accompli à caractère, semblait-il, irréversible. Cette jeunesse aspirait probablement à un destin duquel le risque, l'inconnu donnent sens et saveur. La vie n'est une belle aventure que lorsqu'elle est jalonnée de petits ou grands défis à surmonter, qui entretiennent la vigilance, suscitent la créativité, stimulent l'imagination et, pour tout dire, déclenchent l'enthousiasme, à savoir le divin en nous. La joie de vivre est une valeur suprême à laquelle nous aspirons tous, mais que des milliards de dollars ne peuvent offrir. Elle est une sorte de privilège, le fait d'un prince mystérieux qui l'octroie à la chaumière et peut, à son gré, la refuser au palais le plus somptueux.

                                 Pierre Rabhi, La sobriété heureuse, Actes Sud, 2010

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 13:10

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Imaginez un énorme siphon qui attirerait des millions de tonnes de déchets en un seul et même endroit. Sauf qu’ici, ils ne sont pas évacués comme dans un évier. Ils se regroupent et forment un « continent de plastique », grand comme six fois la superficie de la France et dont les conséquences sur l’écosystème marin sont désastreuses. Ce n’est malheureusement pas une chimère : 3,43 millions de km2 de détritus, répartis en deux plaques, flottent au large du Pacifique et forment la « Grande plaque de déchets du Pacifique ». Pire, cette plaque n’est qu’un des cinq gyres océaniques de déchets de la planète. On connait leur existence depuis près de 15 ans. Les gyres de déchets sont des témoins de nos excès: dans le Pacifique, 3.43 millions de km² d'amas de petits morceaux de plastique (dont la profondeur peut par endroits aller jusqu'à 30 mètres) polluent les eaux. En raccourcissant l'échelle, on y trouve près de 750000 déchets par km², dont 5 kg de plastique pour seulement 1kg de plancton.

Des chiffres, rapportés par « l’expédition 7e continent », qui donnent le tournis et un constat qui a profondément marqué Patrick Deixonne, à l’initiative de la mission. Navigateur, Patrick Deixonne rencontre un des 5 gyres de déchets pendant une tentative de traversée de l’Atlantique à la rame : « on a par exemple croisé des par-chocs de voiture au milieu de l’océan », rapporte-t-il désabusé.

Patrick Deixonne est aujourd’hui le chef de mission de « l’expédition 7e continent », opération qui a pu voir le jour grâce au partenariat entre le CNES, la Nasa et la NOAA et qui vise à « rapporter un témoignage […] de cette nouvelle catastrophe écologique […] directement liée au comportement de l’homme. »

Si ce n’est pas à proprement parler une mission scientifique, l’opération aura tout de même pour objectif de mieux comprendre ces gyres : « en collaboration avec des laboratoires de recherche, nous allons tirer profit de notre déplacement pour collecter des données et faire des prélèvements qui permettront d’améliorer la connaissance du phénomène », lit-on sur le site officiel du projet.

Mais comment se forment les plaques de déchets ? Sous l’effet des gyres océaniques, les déchets des quatre coins du monde s’accumulent en 5 principaux endroits du globe, dont la spectaculaire « Grande plaque de déchets du Pacifique ». « À l’image d’un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus de notre société », vulgarise le site notre-planete.info. Avec des conséquences désastreuses pour les écosystèmes présents : « dans cette zone la plupart des morceaux de plastique sont très petits. [...] En fait ils ont la même taille que le plancton dont se nourrissent les poissons. »

Alors quels sont leurs impacts ? Des effets sur les espèces présentes dans ces eaux, mais pas seulement : le plastique agit comme une éponge, fixant de nombreuses toxines dont des polluants organiques persistants (POP), connus pour leur nocivité et leur volatilité. « Ainsi, Bisphénol A, phtalates, DDT et PCB se retrouvent dans ces morceaux de plastique à des concentrations jusqu’à 1 million de fois supérieures aux normales », continue-t-on de lire sur notre-planete.info.

Un triste constat qui en appelle un autre, plus dérangeant encore :« le nettoyage de cet océan de déchets semble insurmontable, la superficie à couvrir est trop importante et les coûts seraient colossaux. Selon Marcus Eriksen, directeur de recherche et d’éducation à la Algalita Marine Research Foundation : il n’y a rien que nous puissions faire maintenant, à l’exception de ne pas faire plus de mal », rapporte notre-planete.info.

 

Rar Rose Lavigne le 26 novembre 2013, site www.toutvert.fr 

 

Pour en savoir plus :

- Lavidéo du CNED, Cap vers les 7e continent : http://www.dailymotion.com/video/x10e3ju_cap-vers-le-7e-continent_tech#.Ubsnd4X_OHk

- Le site de l’expédition 7e continent : http://www.septiemecontinent.com/#!page3/cee5

- Pour approfondir, l’émission de France Inter, La Tête au Carré, Plastiques : danger sur les océans : http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-plastiques-danger-sur-les-oceans

 « Palmarès » des fleuves les plus pollués du monde (http://www.toutvert.fr/fleuves-plus-pollues-du-monde/)

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 12:44

 


(Crédit photo : mike blake - reuters)
 
Interview - Résoudre la question alimentaire à l’échelle planétaire, en se passant de l’agriculture conventionnelle ? Ça ressemble à une utopie, mais c’est la réalité de demain, selon certains. Parmi eux, l’agronome Jacques Caplat. Entretien.

Jacques Caplat est agronome et géographe.

L’idée que les rendements en bio sont plus faibles qu’en conventionnel est récurrente…

Si l’on considère que l’agriculture bio, c’est faire la même chose qu’en conventionnel moins la chimie, alors oui, c’est certain. Mais ça n’est pas ça du tout !

Que faut-il comparer, alors ?

Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.

Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

Que disent les études scientifiques sur cette question ?

L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79 % plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5 % à 10 %. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

Cette transition est-elle possible ?

Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

Qu’attendre de la réforme de la PAC, la politique agricole commune, en 2013 ?

Elle ne va pas changer la donne. Mais sur la plan national, on peut expliquer aux paysans que l’agriculture bio, c’est l’avenir. Pour 90 % d’entre eux, c’est ringard. Alors que techniquement, c’est très moderne. Beaucoup de progrès récents en sont issus. On peut ensuite faire de l’accompagnement. Et une réforme fiscale. L’agriculture bio réclame plus de main-d’œuvre. Or, aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une machine que d’embaucher.

Que pensez-vous de la politique du gouvernement actuel ?

Je suis sceptique et déçu. L’objectif du Grenelle d’atteindre 20 % de bio en 2020 n’était pas mauvais. Signé par tous les partis, il permettait de faire basculer les choses. Mais à la Conférence environnementale de septembre dernier, l’objectif a été fixé à 7 % en 2017. Il n’y a aucune ambition politique. Il faudrait dès aujourd’hui consacrer 20 % de la recherche et des moyens d’accompagnement à l’agriculture bio. Or, à l’Inra, seuls 2 % à 3 % des chercheurs sont dessus. Et il s’agit de volontés individuelles !

Et au niveau international ?

C’est très complexe. Prenez la région d’Atakora, au Bénin. Des associations se sont montrées capables de nourrir l’ensemble du pays avec des méthodes d’agroécologie. Mais les paysans ne peuvent pas vendre leur mil à Cotonou, la capitale, car le blé, français ou américain, y est vendu moins cher. Un mécanisme de compensation, prenant en compte les coûts environnementaux (pollution des nappes, conséquences sur la santé) rendrait la concurrence plus juste. —
L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité, de Jacques Caplat (Actes Sud, 2012)
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:44

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 11:16

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié le 2 novembre les résultats de l'indice de développement humain (IDH) pour 2011. Ce classement actualisé met en évidence l'importance des inégalités et la dégradation de l'environnement qui pèsent lourdement sur le développement des pays les moins avancés.

Le classement de l'IDH 2011
Les dix premiers pays
  1. Norvège
  2. Australie
  3. Pays-Bas
  4. États-Unis
  5. Nouvelle-Zélande
  6. Canada
  7. Irlande
  8. Liechtenstein
  9. Allemagne
  10. Suède

Cependant, si l'on ajuste l'indice aux inégalités internes dans les domaines de la santé, de l'éducation et des revenus, certaines des nations les plus riches ne sont plus dans les 20 premières positions du classement selon l'IDH : les États-Unis passent de la 4e à la 23e place, la République de Corée de la 15e à la 32e place, et Israël de la 17e à la 25e place.
La chute des États-Unis et d'Israël dans le classement à l'IDH ajusté aux inégalités (IDHI) est principalement due aux disparités de revenus. En République de Corée, ce sont les différences intergénérationnelles en termes d'accès à l'éducation qui nuisent à la performance du pays.

À l'inverse, d'autres pays ont gagné des places dans le classement à l'IDHI grâce à un accès relativement plus égalitaire à la santé, à l'éducation et aux revenus. Ainsi, la Suède est passée de la 10e à la 5e place, le Danemark de la 16e à la 12e place et la Slovénie de la 21e à la 14e place.

La France, se situe en 20ème position, que ce soit pour l'IDH ou l'IDHI. C'est tout de même six places de moins que l'année dernière, et c'est assez préoccupant.

Les dix derniers pays

Les pays occupant les 10 dernières places du classement IDH 2011 se trouvent tous en Afrique subsaharienne.

  1. Guinée
  2. République centrafricaine
  3. Sierra Leone
  4. Burkina Faso
  5. Libéria
  6. Tchad
  7. Mozambique
  8. Burundi
  9. Niger
  10. République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo est donc le pays ayant le plus faible IDH au monde

Malgré des progrès récents, ces pays à IDH faible sont encore pénalisés par des revenus inadaptés, des possibilités de scolarisation limitées et une espérance de vie bien inférieure aux moyennes mondiales, qui s'explique en grande partie par des décès dus à des maladies évitables ou guérissables comme le paludisme et le sida. De plus, nombre de ces nations voient leur situation aggravée par les conséquences destructrices des conflits armés.

L'indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI)

« L'indice de développement humain ajusté aux inégalités nous aide à mieux évaluer les niveaux de développement pour tous les segments de la société, et non uniquement pour la personne “moyenne”, traditionnellement utilisée comme référence », explique Milorad Kovacevic, responsable de l'équipe des statistiques du Rapport sur le développement humain. « Dans l'équation utilisée, la distribution de la santé et de l'éducation est aussi importante que celle du revenu, et les données obtenues reflètent d'importantes inégalités dans de nombreux pays. »

Le Rapport 2011, intitulé « Durabilité et équité : Un meilleur avenir pour tous », indique que la distribution des revenus s'est aggravée dans la plupart des pays du monde. L'Amérique latine présente toujours les inégalités les plus saillantes en termes de revenus, bien que l'on constate une réduction de ces disparités au sein de plusieurs pays, comme le Brésil et le Chili. Pourtant, le Rapport montre qu'en termes d'IDHI, qui prend en compte l'espérance de vie et le niveau de scolarisation, l'Amérique latine est plus équitable que l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud.

L'indice d'inégalité de genre (IIG)

L'indice d'inégalité de genre, qui a également été publié le 2 novembre par le PNUD, montre que la Suède est en tête dans le domaine de l'égalité des sexes. Cette mesure composite prend en compte l'accès aux soins de santé reproductive, le nombre d'années de scolarisation, la représentation parlementaire et la participation des femmes au marché du travail. Arrivent ensuite les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse, la Finlande, la Norvège, l'Allemagne, Singapour, l'Islande et la France.

Le Yémen affiche le niveau d'équité le plus faible sur les 146 pays pour lesquels l'IIG a été mesuré. Il est précédé du Tchad, du Niger, du Mali, de la République démocratique du Congo, de l'Afghanistan, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Libéria, de la République centrafricaine et de la Sierra Leone. Au Yémen, seules 7,6% des femmes suivent des études secondaires, contre 24,4% des hommes. Les femmes n'occupent que 0,7% des sièges au Parlement, et seules 20% des femmes en âge de travailler exercent un travail rémunéré, contre 74% des hommes.

Le Rapport indique que les progrès en matière de santé et de revenus dans les pays en développement sont menacés par l'inaction sur l'évolution climatique et la destruction des habitats.

Les inégalités de richesse et de genre sont liées aux dangers environnementaux

Selon les prévisions du Rapport sur le développement humain 2011 les avancées en matière de développement obtenues dans les pays les plus pauvres du monde pourraient être stoppées, voire inversées, d'ici le milieu du siècle, si des mesures audacieuses ne sont pas mises en oeuvre maintenant pour ralentir le réchauffement climatique, empêcher une dégradation de l'environnement accrue et réduire les profondes inégalités dans et entre les nations.

Le Rapport 2011 explique que la durabilité environnementale pourra être obtenue de manière plus équitable et efficace en traitant les inégalités en termes de santé, d'éducation, de revenu et de genre conjointement avec la mise en place d'une action à l'échelle mondiale concernant la production d'énergie et la protection des écosystèmes.

Alors que la communauté internationale se prépare à la grande conférence des Nations Unies sur le développement durable qui se tiendra en juin 2012 à Rio de Janeiro, le Rapport établit que la durabilité doit être considérée comme une question de justice sociale élémentaire, aussi bien pour les générations actuelles que pour celles à venir.

Dans l'avant-propos, Helen Clark explique que « la durabilité n'est pas exclusivement ni même essentiellement une question environnementale, comme le démontre de manière convaincante ce Rapport. Elle concerne surtout le mode de vie que nous choisissons d'épouser, en étant conscients que tous nos actes ont des conséquences pour les sept milliards de personnes vivant sur la planète aujourd'hui, ainsi que pour les milliards d'êtres humains qui nous succéderont dans les siècles à venir. »

Entre 1970 et 2010, les pays se trouvant dans le quart inférieur du classement de l'IDH ont progressé dans les objectifs étudiés par l'IDH de 82 %, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Il est expliqué dans le Rapport que si le rythme de ces améliorations constaté ces 40 dernières années se poursuivait au cours des 40 prochaines années, en 2050, la grande majorité des pays atteindrait des niveaux d'IDH équivalents ou supérieurs à ceux actuellement atteints par les pays appartenant au quart supérieur du classement. Il s'agirait donc d'une réussite extraordinaire pour le développement humain à l'échelle planétaire en moins d'un siècle.

Pourtant, en raison des dangers environnementaux croissants, ces tendances positives pourraient bien être stoppées brusquement d'ici le milieu du siècle, les populations des pays les plus pauvres étant bien plus exposées aux catastrophes liées aux évolutions climatiques, comme les sécheresses et les inondations, ainsi qu'à la pollution de l'air et de l'eau. Ainsi, la moitié des cas de malnutrition dans le monde sont dus à des facteurs environnementaux, comme la pollution de l'eau et la sécheresse, perpétuant un cercle vicieux d'appauvrissement des populations et de dommages écologiques.

Pour atteindre des niveaux de vie élevés, les pays pauvres ne doivent pas se rendre dépendants des énergies fossiles et ne doivent pas suivre l'exemple des pays les plus riches. En effet, le Rapport montre que si les émissions de CO2 sont étroitement liées à la croissance du revenu national au cours des dernières décennies, la consommation de combustibles fossiles n'entre pas en corrélation avec les autres mesures clés du développement humain, comme l'espérance de vie et l'éducation. Aujourd'hui, de nombreuses nations très industrialisées parviennent d'ailleurs à réduire leur empreinte carbone tout en maintenant une croissance élevée.

« La croissance gouvernée par la consommation d'énergies fossiles n'est pas une condition sine qua non pour vivre mieux en termes de développement humain », explique Helen Clark. « Les investissements améliorant l'équité – en matière d'accès aux énergies renouvelables, à l'eau, à l'assainissement et aux soins de santé reproductive, par exemple – pourraient être synonymes de progrès aussi bien en termes de durabilité que de développement humain. »

Le Rapport insiste sur la nécessité de fournir des services d'électricité au 1,5 milliard de personnes aujourd'hui exclues du réseau électrique. Il indique que cet objectif peut être atteint de manière abordable et durable, sans hausse importante des émissions de carbone. Le Rapport indique que l'investissement requis pour mettre en oeuvre cette nouvelle « Initiative pour l'accès universel à l'énergie », appuyée par les Nations Unies, est estimé à environ un huitième des subventions allouées aujourd'hui aux énergies fossiles, dont le montant est évalué à 312 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2009.

D'après les prévisions des auteurs, la dégradation incontrôlée de l'environnement – de la sécheresse en Afrique subsaharienne à l'élévation du niveau de la mer dans les pays de faible altitude comme le Bangladesh – pourrait provoquer une hausse du prix des denrées alimentaires allant jusqu'à 50 % et annuler les efforts mis en oeuvre pour faciliter l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'énergie pour plusieurs milliards de personnes, notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

Dans le cadre du scénario de « défi écologique », la prise en compte du réchauffement climatique sur la production de nourriture et la pollution fait baisser l'IDH moyen de 12 % d'ici à 2050 en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, par rapport au scénario de base. En considérant le scénario encore plus grave de la « catastrophe écologique », comprenant unedéforestation massive, un déclin considérable de la biodiversité et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, l'IDH mondial serait inférieur de 15 % aux projections de base pour 2050, avec les baisses les plus fortes dans les régions les plus pauvres.

La dégradation de l'environnement pourrait compromettre les efforts mis en oeuvre pendant des dizaines d'années pour développer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'électricité auprès des communautés les plus pauvres de la planète. Les auteurs expliquent que « ces privations absolues, importantes en soi, constituent aussi des violations majeures des droits humains ».

Notes

Chaque année depuis 1990, le PNUD charge un éditeur indépendant de la rédaction du Rapport sur le développement humain. La création en 1990 de l'indice de développement humain (IDH), mesure composite prenant en compte la santé, l'éducation et le revenu, a permis de remettre en question les mesures purement économiques de la réussite nationale et de mettre en évidence la nécessité de suivre de manière globale et cohérente les progrès accomplis en matière de niveau de vie général.

Sources
Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info (tous droits réservés)

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 11:24

 

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Alors que la population mondiale vient d'atteindre symboliquement les 7 milliards d'individus, relever les défis associés à une population mondiale en constante croissance nécessite une réponse en deux temps, selon les experts de l'Institut de Worldwatch. Les mesures combinées octroyant aux femmes la possibilité de décider par elles-mêmes de la maternité ainsi que la réduction de façon significative de la consommation mondiale d'énergie et des ressources naturelles rapprocheront plutôt qu'éloigneront l'humanité vers une société durable au niveau environnemental répondant aux besoins de l'Homme.

Environ 4,5 milliards de personnes se sont ajoutées à la population mondiale au cours des 60 dernières années, selon les estimations des Nations Unies, entrainant une pression croissante sur les écosystèmes et les ressources mondiales. En raison du fait que l'être humain entre en interaction avec son environnement de façon plus intense que les autres espèces, et qu'il utilise une grande quantité de carbone fossile, d'azote, d'eau et d'autres ressources, nous sommes sur le point non seulement de changer le climat planétaire, d'épuiser les ressources énergétiques et naturelles essentielles, mais aussi d'éliminer des milliers de plantes et d'espèces animales au cours des prochaines décennies. Dans une certaine mesure, ces conséquences sont à présent inévitables ; nous devons nous y adapter. Cependant afin de réduire la probabilité d'une catastrophe, nous devons travailler simultanément afin d'influer sur l'évolution future de la population et d'examiner les impacts environnementaux et sociaux de la croissance de la population.

"C'est précisément parce que la population humaine est tellement importante, et s'accroit aussi rapidement, que nous devons prendre soin en tant qu'individu, et en tant que nation, du manque de synchronisation face aux capacités environnementales," dit Robert Engelman, Président du Worldwatch , un expert en population mondiale. "Le défi devient plus important encore à chaque génération, mais heureusement, il existe des moyens permettant de réduire de façon pratique et humaine la croissance de la population et réduire les impacts liés à cette croissance produite."

En début d'année, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a lancé 7 milliards d'actions, une campagne mettant l'accent sur des actions positives réalisées par des individus et des organisations faisant face à des défis liés au développement. En partageant ces innovations sur un forum ouvert, cette campagne à l'intention d'assurer la communication et la collaboration alors que la planète devient de plus en plus peuplée et interdépendante.

"Faire face à la croissance mondiale de la population n'est pas la même chose que 'contrôler la population'", déclare Engelman. "Le moyen le plus direct et immédiat afin de réduire le taux de natalité est de s'assurer que les grossesses dans leur plus grande proportion soit désirée, et de garantir que la femme soit en mesure de faire ses propres choix à savoir si elle désire ou non porter un enfant. Dans le même temps, nous avons besoin de rapidement transformer notre consommation d'énergie, d'eau et de matériaux grâce à une meilleure utilisation de conservation, d'efficacité et de technologies écologiques. Nous ne devons pas considérer ceci comme des efforts séquentiels,-concernant tout d'abord la consommation, dans l'attente de changements liés à la dynamique démographique- mais plutôt comme des tâches simultanées à réaliser sur des fronts multiples."

Worldwatch recommande deux approches principales afin d'atténuer les impacts de la population globale en augmentation :
Permettre aux femmes de prendre leurs propres décisions quant à la maternité

Plus de deux grossesses sur cinq à travers le monde sont involontaires par la femme la subissant, et la moitié ou plus, des grossesses entraine des naissances provoquant une croissance continue de la population. Engelman a calculé que si toutes les femmes avaient la capacité de décider par elles-mêmes du moment où elles désirent tomber enceinte, la moyenne mondiale de grossesse tomberait immédiatement sous la valeur de « fertilité de renouvellement » fixé à un peu plus de deux enfants par femme. La population prendrait alors un chemin menant vers un pic suivi d'un déclin graduel, probablement bien avant 2050. Les femmes doivent être en mesure de prendre leurs propres décisions sur la liberté de grossesse, sans crainte ni coercition ou pression de la part de leurs partenaires, famille, et société. Elles doivent avoir un accès facilité à l'éventail de méthodes de contraception sûres, efficaces et abordables ainsi qu'à l'information et les conseils nécessaires concernant leur utilisation.

Consommer moins de ressources et gaspiller moins de nourriture

Les Hommes s'approprient partout entre 24 et près de 40 pourcents des productions photosynthétiques de la planète pour les besoins en nourriture et autres motifs, en plus de la moitié des ressources accessibles en eaux de ruissellement renouvelables de la planète. En plus du fait d'abuser des ressources limitées, les Hommes gaspillent de grandes quantités de nourriture chaque année. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, les pays industrialisés gaspillent 222 millions de tonnes de nourriture chaque année. Si moins de ressources et moins de nourriture étaient gaspillées, le monde serait en mesure de nourrir plus de personnes et utiliser moins de ressources. Avec près d'1 milliard de personnes souffrant de la faim à travers le monde, gaspiller moins de nourriture signifierait aussi l'utilisation des ressources existantes -pas de nouvelles- pour les nourrir.

Auteur

World Resources Institute

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 17:57
Info rédaction, publiée le 29 mars 2011
http://www.maxisciences.com
Energies propres : les investissements de 2010 ont augmenté de 30%
Energies propres : les investissements de 2010 ont augmenté de 30%

Les investissements dans les énergies propres ont augmenté de 30% en 2010. Ce constat encourageant est tiré d'un rapport établi par l'ONG américaine Pew Charitable Trust et publié aujourd'hui. 

Avec 243 milliards de dollars à l'échelle mondiale, les investissements dans les énergies propres ont augmenté de 30% en 2010. La Chine arrive en tête des investisseurs avec 54,4 milliards de dollars, suivie de l'Allemagne (41,2 milliards), des Etats-Unis (34 milliards), de l'Italie (13,9 milliards) et du Brésil (7,6 milliards), rapportel'Expansion. La France arrive quant à elle en 8e position avec 4 milliards de dollars.

Pour la Chine, son statut de "superpuissance mondiale de l'énergie propre" lui a permis de fournir au monde près de la moitié des modules de panneaux solaires et des turbines éoliennes. Le pays concentre également  47% des investissements mondiaux dans l'énergie éolienne grâce à son ambition de dominer le secteur.

L'Allemagne quant à elle représente le pays ayant fournit le plus d'efforts dans le développement des énergies propres. Son investissement a été estimé à 1,4% de son produit intérieur brut (PIB), et concerne majoritairement des petits projets de panneaux solaires sur toitures.

En 2010, la capacité de production des énergies propres s'élève à un total de 388 gigawatts (GW) ce qui équivaut à environ 400 réacteurs nucléaires. Les éoliennes constituent la plus grande part avec 193 GW.

www.maxisciences.com

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 09:21
Golfe du Mexique : l'impact écologique de la marée noire est plus important que prévu






 
Un navire traverse la marée noire, dans le golfe du Mexique, le 17 mai.
AP/Charlie Riedel
Un navire traverse la marée noire, dans le golfe du Mexique, le 17 mai.

Des traces de pétrole et de gaz provenant de la marée noire dans le golfe du Mexique ont été découvertes dans l'océan à une profondeur de 1 000 mètres et sur une longueur de près de 500 km, affirme une équipe de scientifiques embarqués à bord du bateauArctic Sunrisede l'organisation écologiste Greenpeace, qui ont étudié pendant dix jours des zones touchées par la marée noire. Les experts ont analysé notamment la concentration d'oxygène dans l'eau pour déterminer la présence ou non d'hydrocarbures. En août, une étude scientifique avait révélél'existence d'une nappe d'eau de 35 km de long souillée par les hydrocarbures, contredisant les premiers rapports optimistes des autorités.

LE PÉTROLE "N'A PAS DISPARU"

"D'après les mesures que nous avons prises, nous avons vu des signes clairs de manque d'oxygène depuis le puits Macondo, à l'origine de la catastrophe […], sur une distance de 500 km", a indiqué le biochimisteRainer Amon, un des scientifiques ayant participé à l'expédition."La quantité de particules de pétrole et de gaz se trouvant encore dans l'eau doit faire l'objet d'une étude en laboratoire", a ajouté M. Amon. Cette découverte suggère que le pétrole"n'a pas disparu"comme l'affirme le gouvernement américain, a commenté Greenpeace."Contrairement à ce que BP et le gouvernement souhaiteraient que nous pensions, l'impact de la marée noire n'est pas terminé", a déclaré le directeur d'enquête de Greenpeace,Kert Davies.

Les autorités américaines craignent que les effets de la pollution se fassent sentir pendant des années, voire des décennies. Quelque 4,9 millions de barils de brut se sont écoulés du puits accidenté qui se trouvait à 1 500 mètres de fond entre le 20 avril, date de l'explosion survenue sur la plate-formeDeepwater Horizondu groupe britannique BP, et le 15 juillet. Le puits a depuis été condamné.

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