Ce lieu permet d'approfondir les thèmes abordés en classe, de clarifier des points essentiels de méthodologie et d'affûter son esprit critique. Il est dédié aux esprits curieux qui ont soif de compréhension et de liberté intellectuelle.
Le sujet de l'évolution récente du système climatique est le plus souvent traité par le biais de symboles forts aisément reconnaissables, qui font sens immédiatement aux yeux du grand public.
Le film d'Al Gore Une vérité qui dérange (An inconvenient truth) est un excellent exemple de leur utilisation, même si pour cela il faut être en dehors de ce que dit la science. Dès 1992, AL Gore déclarait qu'il n'y avait plus à débattre, que les faits étaient scientifiquement établis. On ne peut dès lors s'étonner du contenu du film, que l'on nous présente comme un documentaire et qui est plutôt une fiction documentaire (...).
Au Royaume-Uni, pour sensibiliser le jeune public, le film était projeté dans les écoles, jusqu'à ce qu'une plainte soit déposée. La Justice britannique ayant reconnnu des "erreurs" dans le film, n'en a pas interdit la diffusion, mais a demandé qu'un avertissement en précède le visionnage. 9 "erreurs" sont reconnues par la Justice, là où d'autres ont été repertoriées.
1-Al Gore fait un lien entre le changement climatique et le puissant cyclone Katrina alors que l'Organisation Météorologique Mondiale assure que l'on n'est pas en mesure de prévoir une hausse de l'activité cyclonique avec un climat plus chaud. Le passé montre d'ailleurs la violence du temps associée à tout refroidissement.
2- Le spectre d'un arrêt du Gulf Stream est brandi, alors même qu'un tel scénario est totalement impossible.
3- Le film annonce même une hausse du niveau de la mer de 6 mètres, suite à la fonte accélérée du Groenland et de l'ouest de l'Antarctique. Le comportement de ces vastes calottes de glaces est incertain, et même si la fonte était avérée, il faudrait des milliers d'années pour atteindre une telle valeur. (...)
Montrer le réchauffement du climat étant délicat, il est souvent fait appel aux glaciers de montagne, pour lesquels on dispose parfois d'une riche iconographie. Sont alors mis en parallèle des photographies récentes et d'autres prises il y a quelques décennies, jusqu'à un siècle, la comparaison, qui montre le plus souvent un net recul, devant servir de preuve à l'effet des activités humaines sur le climat. Mais ce n'est là qu'enfoncer des portes ouvertes. Le réchauffement ayant eu lieu depuis 150 ans n'est pas contesté et a eu pour effet ce recul, qui ne prouve rien quant à une éventuelle responsabilité des activités humaines. (...) Les glaciers, surtout pris individuellement, ne sont que de très imparfaits indicateurs d'un éventuel réchauffement, car ils s'intègrent dans leur comportement toutes les variables de l'évolution climatique et non les seules températures. Le Cas emblématique du Kilimandjaro en est une excellente illustration.(1)
Hacène Arezki, Climat mensonge et propagande, T. Souccar Editions, 2013
(1) Un réchauffement qui n'est d'ailleurs pas constaté avec les mesures dont on dispose, ne serait pas à même de faire fondre ces glaces mythiques. Les pertes ont lieu ici par sublimation, c'est à dire passage direct de la glace à la vapeur d'eau. S'il y a recul des glaciers relictuels du toit de l'Afrique, c'est simplement que l'alimentation en neige est inférieures aux pertes par sublimation. Ce déséquilibre date du début du XXème siècle et l'ancienneté du retrait plaide d'ailleurs pour des causes naturelles, puisque le réchauffement anthropique débute selon le GIEC durant les années 1990.