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Le poilu est un soldat barbu...

Impossible de se laver et de se raser dans les tranchées de 14-18. Alors les combattants se retrouvaient bien vite avec une barbe hirsute, d'où leur surnom.

 

Parmi nos poilus de la Première guerre mondiale certains jeunes étaient parfaitement imberbes. Ce n'est donc pas de pilosité qu'il est question, mais de courage. Dans le langage familier, le terme "poilu" désignait quelqu'un de courageux, un homme que l'on admire. Un nombre important d'expressions déclinentt le poil pour parler de bravoure. (...) Le linguiste A. Dauzat (1877-1955) auteur de "l'argot de la guerre" publié en 1918, revient sur l'éthymologie de lemploi du mot poilu dans le contexte militaire. Avant d'être le soldat de Verdun, de la bataille de la Marne et des tranchées, le poilu est le grognard d'Auzterlitz. "Ce n'est pas l'homme à la barbe inculte, qui n'a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c'est beaucoup mieux: c'est l'homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! "

Une version populaire attribue aux conditions de vies difficiles dans les tranchées l'origine de cette appellation. Sans possibilité de se raser, les soldats se seraient laissé pousser la moustache et la barbe et, de retour pendant les permissions, auraient paru "poilus". Ils n'étaient pourtant pas désignés par ce terme par les journalistes et par la propagande qui exalta rapidement la figure du combattant luttant avec acharnement pour la patrie. Ce surnom n'était pas utilisé sur le front. Entre eux les soldats s'appelaient "biffins" ou "bonshommes". Leur surnom de poilu devint si populaire et évocateur qu'il désigna exclusivement, dès la fin du premier conflit mondial, ses combattants

Olivier Tosseri - revue Historia

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