• : HISTOIRE-GÉO en LIBERTÉ
  • HISTOIRE-GÉO en LIBERTÉ
  • : Ce lieu permet d'approfondir les thèmes abordés en classe, de clarifier des points essentiels de méthodologie et d'affûter son esprit critique. Il est dédié aux esprits curieux qui ont soif de compréhension et de liberté intellectuelle.
  • Contact

"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

histoire géo einstein

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 21:24
Davos: les 1% les plus riches au monde possèdent plus que les 99% autres

Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions, a indiqué lundi l'ONG britannique Oxfam à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse).

"L'écart entre la frange la plus riche et le reste de la population s'est creusé de façon spectaculaire au cours des douze derniers mois", constate un rapport de l'ONG intitulé "une économie au service des 1%" publié à l'approche du Forum économique mondial (WEF), qui débute mercredi à Davos. "L'an dernier, Oxfam avait prédit que les 1% posséderaient plus que le reste du monde en 2016. Cette prédiction s'est en fait réalisée dès 2015: un an plus tôt", souligne le rapport.Illustration du creusement spectaculaire des inégalités ces dernières années, l'ONG a calculé que "62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale", alors que "ce chiffre était de 388 il y a cinq ans".

L'ONG appelle les participants au forum de Davos à agir: "nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l’échelle", affirme Manon Aubry, chargée des questions de justice fiscale et d'inégalités chez Oxfam France, citée dans un communiqué. Selon l'ONG, "depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de l'humanité a bénéficié de moins d'1% de l’augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagés la moitié de cette hausse".

Pour faire face à cette croissance des inégalités, Oxfam appelle notamment à mettre un terme à "l'ère des paradis fiscaux", soulignant que 9 entreprises sur 10 figurant "parmi les partenaires stratégiques" du WEF "sont présentes dans au moins un paradis fiscal"."Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté", affirme Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, qui sera présente à Davos.L'an dernier, plusieurs économistes avaient contesté la méthodologie utilisée par Oxfam. L'ONG avait défendu l'instrument de mesure utilisé dans cette étude: le patrimoine net, c'est-à-dire les actifs détenus moins les dettes.                                                                                                  

 © 2016 AFP

Repost 0
20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 15:11
Le Liban: triomphe du vivre ensemble ou de l'entre-soi ?

"Le Liban n'est pas un pays, a lâché Jean-Paul II au cours d'une visite pastorale, c'est un message".

Je le tiens plutôt pour un labo, sinon pour une formule d'avenir. Ce mouchoir de poche de minorités et de solidarités confessionnelles (17 communautés religieuses officiellement reconnues) dont les compromis boiteux tiennent l'Etat sous le joug, il est tentant d'y voir une traîne folklorique du puzzle impérial ottoman (...).

Je me demande plutôt si cette Phénicie éclatée, ce pays mêlé où les entre-soi ne se mêlent pas, ne fait pas office de pionnier. Et si la condition libanaise était la condition humaine de demain chauffée à blanc ? Portant au carré le "narcissisme des petites différences", ce champ clos prend à rebrousse poil le pronostic des Lumières. Et si ce qu'on avait cru derrière nous était désormais devant: le clan, le fief, la famille ? Et si la tribu était l'avenir post-moderne ?

La glissade de l'Etat-nation à l'ethnie, de la citoyenneté à la communauté, n'est-ce pas quoi on assiste en Europe même, où se dire citoyen commence à faire vieux jeu ?

Tel serait le choc en retour un peu partout, de la globalisation techno-financière en voie d'achèvement. On pourrait compléter cette singulière peau de léopard territoriale par un autre glissement: de la fédération par le courant de pensée au regroupement par les liens du sang. Après l'utopie le génétique ? Je doute qu'on gagne au change.

Régis Debray, Un Candide à sa fenêtre, chapitre "mondes", Gallimard, 2015

Repost 0
27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:11

Après 1981, je demandais à François Mitterrand : Pourquoi maintenant que tu as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondait qu'il n'avait pas le pouvoir d'affronter la Banque Mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu'il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. 
J'appris ainsi qu'être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J'ai vécu l'expérience directement durant quatorze ans. 
En France, on élit, et les élus font des lois qu'ils n'ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. 
La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? 
Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire.

Danielle Mitterrand

Repost 0
23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 20:24

"Une nation absorbée par l'économie, loin de décourager le fanatisme et la violence les provoque.
Parce qu'un désert moral appelle des consolations du côté de l'extrême. Une société sans rite et sans credo, ne propose en guise d'accomplissement que la course au fric et le chacun pour soi: c'est tout cadeau pour l'obscurantisme et le fanatisme." 

Régis Debray

Repost 0
19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 16:16

Les observations de la Nasa démontrent depuis plusieurs années et notamment en 2015 une extension importante des glaces de l'Antarctique, contrastant avec la situation au pôle Nord.

Décidément le réchauffement climatique global n'en finit pas de surprendre pas ses effets paradoxaux.

Repost 0
22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 14:53
Un discours clé de Kennedy

Mesdames et messieurs,

Le mot « secret » est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets, et aux procédures secrètes. Nous avons décidé, il y a longtemps, que les dangers de la dissimulation excessive et injustifiée à l'égard des faits pertinents sont plus grands que les périls qui sont cités pour la justifier. Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt à s'opposer à la menace d'une société fermée en imitant ses restrictions arbitraires.

Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt d'assurer la survie de notre nation si nos traditions ne survivent pas avec elle. Et il y a un très grave danger d'une annonce d'un niveau de sécurité plus élevé par ceux qui sont hâtifs d'élargir sa signification à l'extrême limite de la censure officielle et la dissimulation. Cela, je n'ai pas l'intention de le permettre dans la mesure où c'est sous mon contrôle. Et aucun membre de mon administration, que leur grade soit élevé ou pas, civil ou militaire, ne devrait interpréter mes paroles ici, ce soir, à titre d'excuse pour censurer les nouvelles, étouffer la dissidence, cacher nos erreurs ou retenir pour la presse et le public, que les faits qu'ils méritent de savoir. (...)

Parce que nous devons faire face tout autour du monde à une conspiration monolithique et impitoyable qui compte principalement sur des moyens cachés pour étendre sa sphère d'influence, basée sur l'infiltration plutôt que sur l'invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections, de l'intimidation au lieu du libre arbitre, des guérillas la nuit au lieu des armées les jour. C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable qui combine les opérations militaires, diplomatiques, de renseignements, économiques, scientifiques et politiques. Les préparatifs sont occultés, et non publiés. Leurs erreurs sont passées sous silence et ne font pas la une des manchettes Ces détracteurs sont réduits au silence, au lieu d'être admirés. Aucune dépense n'est remise en question, aucune rumeur ne circule, aucun secret n'est révélé. (...)

Aucun président ne devrait craindre d'être inspecté minutieusement et publiquement par rapport à ses programmes. De cette inspection découlera la compréhension et de cette compréhension vient soit du soutien, soit de l'opposition et les deux sont nécessaires. Je ne demande pas à vos journaux de supporter mon administration mais je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain. Parce que j'ai une confiance complète dans la réaction et le dévouement du peuple américain lorsqu'il est informé de tous les faits. Je ne sème pas seulement la controverse chez vos lecteurs, mais je l'accueille. Cette administration a l'intention d'être honnête à propos de ses erreurs. Comme un homme sage a déjà dit: « une erreur ne devient pas une bévue tant que tu ne refuses pas de la corriger ».

Nous avons l'intention d'accepter la responsabilité totale de nos erreurs et nous nous attendons de votre part que vous nous les pointiez du doigt lorsque nous les manquons. Sans débats, sans critique, aucune administration et aucun pays ne peuvent réussir et aucune république ne peut survivre. Voilà pourquoi le législateur athénien Solon a décrété comme étant criminel, tout citoyen se désintéressant de la controverse. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par notre premier amendement. La seule entreprise en Amérique qui est spécifiquement protégée par notre constitution, non pas principalement pour amuser et distraire, pour mettre en évidence ce qui est mondain et sentimental, pas simplement pour donner au public ce qu'il veut, mais plutôt de l'informer, le stimuler, le faire réfléchir pour faire état de nos dangers et de nos opportunités, pour indiquer nos crises et nos choix, pour guider, mouler, éduquer et parfois même fâcher l'opinion publique. Cela implique une plus grande couverture et analyse des nouvelles internationales. Car elles ne sont plus lointaines et étrangères, mais à présent près de nous et locales, cela signifie l'importance d'une plus grande attention à l'amélioration de notre compréhension des nouvelles et de leur transmission. Cela signifie finalement que le gouvernement à tous les niveaux doit honorer ses obligations de vous fournir le plus d'informations possibles en dehors des limitations les plus étroites de la sécurité nationale.

Et donc c'est à la presse imprimée, qui enregistre les actions de l'humanité, qui est le gardien de notre conscience, c'est en la dépêche de nos nouvelles que nous cherchons de la force et de l'assistance avec la certitude qu'avec votre aide l'homme deviendra ce pourquoi il est né: libre et indépendant.

J-F Kennedy, discours devant l'industrie des médias, 17 avril 1961

Repost 0
24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:39
La dictature parfaite selon Huxley
Repost 0
7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 22:03

Nous savons très exactement grâce à l'ouvrage de Peyreffite C'était de Gaulle, (tome 2 paru en 1997) les raisons pour lesquelles Charles de Gaulle refusait systématiquement de commémorer le débarquement de Normandie le 6 juin. Il s’en est longuement expliqué devant Alain Peyrefitte, en 1963 et en 1964, alors que celui-ci était son ministre de l’information et qu’il le voyait en tête-à-tête plusieurs fois par semaine.

EXTRAITS

  • 30 octobre 1963

En nommant Jean Sainteny ministre des Anciens combattants en décembre 1962, le Général lui avait demandé de consacrer son énergie à l’année 1964. Elle était propice à raviver le souvenir de deux des années glorieuses : cinquantenaire de 1914 et vingtième anniversaire de 1944.

À la fin du Conseil du 30 octobre 1963 au Jean Sainteny a évoqué les cérémonies prévues pour la commémoration de la libération, Pompidou me prend à part : « Tâchez de faire revenir le Général sur son refus d’aller sur les plages de Normandie… » Je suis stupéfait et de l’information et de la demande. « Enfin, reprend Pompidou, prenez des précautions… Je m’y suis cassé les dents. »

Sainteny m’apprend ensuite qu’il se les était déjà lui-même cassées. Naturellement, je vais me les casser aussi.

 

de gaulle Churchill france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

« La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. » 

Alain Peyrefitte (l’air candide) : « Croyez-vous, mon Général, que les Français comprendront que vous ne soyez pas présents aux cérémonies de Normandie ?

Charles-de-Gaulle (sévèrement) : – C’est Pompidou qui vous a demandé de revenir à la charge ? (Je ne cille pas). Eh bien, non ! Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement.

Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne (il appuie).

Il m’a crié de toute la force de ses poumons : « De Gaulle, dites-vous bien que quand j’aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! » (Il me l’a déjà dit. Ce souvenir est indélébile.)

« Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

Charles-de-Gaulle : « Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! Ils avaient préparé leur AMGOT (Allied  military government for occupied territories) qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis.

Charles-de-Gaulle : « C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération !

Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là ! Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !"

  • « M’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non ! »

Charles-de-Gaulle : « En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence, que notre première armée y a été associée dès la première minute, que sa remontée fulgurante par la vallée du Rhône a obligé les Allemands à évacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la Résistance.

Charles-de-Gaulle :Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses françaises, puisque les Français de l’intérieur et de l’extérieur s’y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non !

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de mémoire que ça ! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n’ai aucune raison de célébrer ça avec éclat. Dites-le à vos journalistes. »

Il reprend : « Ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Américains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront là pour les honorer dignement. »

NOTE : Sainteny et Triboulet étaient respectivement Ministre des anciens combattants et Ministre de la coopération en 1964.

  • 13 mai 1964

Espérant que le général aura oublié sa vive réplique, ou en tout cas aura oublié que c’est à moi qu’il l’a adressée, je remets la question sur le tapis, 10 mois et demi plus tard, le 13 mai 1964.

  • « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Alain Peyrefitte : « Ne craignez-vous pas, si nous ne devons pas du moins quelques explications, que votre absence du 6 juin en Normandie soit mal interprétée ?

Charles-de-Gaulle : – Mais je vous l’ai déjà dit ! Il n’a jamais été question que j’y aille ! Je ne suis pas allé pour le cinquième anniversaire ; ni pour le dixième ; ni pour le quinzième. Pourquoi voulez-vous que j’y aille pour le vingtième ? Et j’ai demandé au Premier ministre de ne pas y aller non plus. D’ailleurs, le Premier ministre anglais n’y va pas. Johnson ira pas non plus. Pourquoi irions-nous ?

(Évidemment, Wilson et Johnson n’y vont pas, parce que De Gaulle n’y va pas.)

Alain Peyrefitte :Eisenhower et Montgomery doivent y aller.

Charles-de-Gaulle : – Ce sont des acteurs, qui se font payer cher à la télévision. »

Finalement, Eisenhower et Montgomery, après avoir annoncé leur participation, ne sont pas venus.

  • 10 juin 1964

Après le Conseil du 10 juin 1964, le Général laisse percer encore son agacement : « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? S’étaient-ils battus pour que la France recouvre sa liberté, pour qu’elle contribue à sa délivrance ? Que faisaient-ils pendant la guerre ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Et lui, il a dû se battre pour que le débarquement ne se passe pas complètement de la France libre. S’il a prononcé son discours de Bayeux le 16 juin 1946, ce ne fut pas pour commémorer le débarquement du 6 juin, mais son débarquement sur les talons des Américains, le 16 juin 1944 à Bayeux.

Il recule son fauteuil, cale son dos. Il a envie de parler.

vous croyez americains anglais debarque normandie faire plaisir Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

 

Charles-de-Gaulle : « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer, pour détruire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin. Churchill avait demandé à Eisenhower d’essayer de libérer Paris pour Noël. Il lui avait dit : « Personne ne pourra vous en demander davantage. »

Eh bien si, nous étions décidés à demander davantage ! Le peuple de Paris s’est soulevé spontanément et il aurait été probablement écrasé sous les décombres, comme le peuple de Varsovie, s’il n’avait pas été soutenu. Mais il y avait des hommes qui, trois ans plus tôt, à Koufra, s’étaient juré de libérer Paris, puis Strasbourg. Ce sont eux qui ont libéré Paris avec son peuple.

NOTE  : Leclerc et sa colonne, qui venaient du Tchad pour rejoindre la Tunisie en guerroyant, avaient fait, dans l’oasis de Koufra, le serment de ne pas déposer les armes avant d’avoir libéré Paris et Strasbourg.

  • « Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. »

Charles-de-Gaulle : « Mais nous n’avions pas l’accord des Américains. Quand j’ai vu que l’insurrection parisienne allait être écrasée par une division allemande intacte qui arrivait de Boulogne-sur-Mer, j’ai donné l’ordre à Leclerc de foncer. C’est ainsi que nous avons évité à Paris le sort de Varsovie. Nous avons obligé les Anglo-Saxons à changer de stratégie. Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. Ce qu’ils voulaient, c’était en finir avec Hitler, en essuyant le moins de pertes possibles. Ce qu’ils voulaient épargner, c’était le sang des boys, ce n’était pas le sang, les souffrances et l’honneur des Français.

« Effectivement, si les Anglo-Saxons avaient pu mener leur stratégie jusqu’au bout, ils auraient peut-être réussi à frapper l’Allemagne au cœur plus vite. De toute façon, Hitler aurait fini par être battu, et la France aurait fini par être libérée. Mais si les Français étaient restés passifs, et si nous n’avions pas eu de part à la défaite d’Hitler, c’est au bout du compte lui qui aurait vaincu la France. »

EXTRAIT DE L’OUVRAGE « C’ÉTAIT DE GAULLE » D’ALAIN PEYREFFITE Tome 2, Édition de Fallois Fayard 1997 – pages 84 à 87 

Repost 0
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 11:22

Évolution du PIB en France jusqu'en 2013

(évolution par rapport à l'année précédente en %)

 

 

en volume

Champ : France.

Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

2000

 

3,9

2001

 

2,0

2002

 

1,1

2003

 

0,8

2004

 

2,8

2005

 

1,6

2006

 

2,4

2007

 

2,4

2008

 

0,2

2009

 

-2,9

2010

 

2,0

2011

 

2,1

2012

 

0,3

2013

 

0,3

 

Evolution de l'indice du CAC 40(1) depuis 2005

Evolution CAC 40

Source: http://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=PX1p&t=lc7

 

Qu'est-ce-qui saute aux yeux lorsque l'on compare l'évolution du PIB de la France et celui de l'indice du CAC 40 depuis 2008 ?

 

(1) Créé en 1987, le CAC 40 est le principal indice boursier de la place de Paris. Sa première cotation a été décidée le 31 décembre 1987 mais il est entré en vigueur le 15 juin 1988. C’est un panier composé de 40 valeurs de sociétés françaises. Ces sociétés sont choisies parmi les 100 sociétés françaises dont les volumes d’échanges de titres sont les plus importants. Chaque société a un poids déterminé par rapport à sa capitalisation

 sur NYSE Euronext.

Repost 0
12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 11:45

Bk4X-m3CMAAVWwt 

RQ: il s'agit ici de salaire brut (avant déduction des charges diverses pesant sur le revenu. En France celles-ci correspondent à environ 20% du salaire)

Repost 0