• : HISTOIRE-GÉO en LIBERTÉ
  • : Ce lieu permet d'approfondir les thèmes abordés en classe, de clarifier des points essentiels de méthodologie et d'affûter son esprit critique. Il est dédié aux esprits curieux qui ont soif de compréhension et de liberté intellectuelle.
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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

"On se fait généralement du progrès une idée fort élémentaire"

 

Régine Pernoud (1909-1998), historienne

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 20:24

"Une nation absorbée par l'économie, loin de décourager le fanatisme et la violence les provoque.
Parce qu'un désert moral appelle des consolations du côté de l'extrême. Une société sans rite et sans credo, ne propose en guise d'accomplissement que la course au fric et le chacun pour soi: c'est tout cadeau pour l'obscurantisme et le fanatisme." 

Régis Debray

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 22:36

Communiqué de presse de l’Imperial College of London du 01/04/2020

Des chercheurs ont trouvé des preuves de forêts tropicales humides près du pôle Sud il y a 90 millions d’années, suggérant que le climat était exceptionnellement chaud à l’époque.

Une équipe du Royaume-Uni et d’Allemagne a découvert des sols forestiers du Crétacé à moins de 900 km du pôle Sud. Leur analyse des racines, du pollen et des spores préservés montre que le monde à cette époque était beaucoup plus chaud que ce que l’on pensait.
La découverte et l’analyse ont été effectuées par une équipe internationale de chercheurs dirigée par des géo scientifiques du Alfred Helgener Institute Helmholtz Center for Polar and Marine Research en Allemagne et comprenant des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Leurs résultats ont été publiés le 1er avril dans la revue Nature .
La co-auteure Tina van de Flierdt, du Département des sciences de la terre et de l’ingénierie de l’Imperial College a déclaré :

La préservation de cette forêt vieille de 90 millions d’années est exceptionnelle, mais le monde qu’elle révèle est encore plus surprenant. Même pendant les mois d’obscurité, les forêts pluviales tempérées marécageuses ont pu pousser près du pôle Sud, révélant un climat encore plus chaud que ce que l’on attendait.

Tina van de Flierdt de l’Imperial College , co-auteure

Les travaux suggèrent également que les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère étaient plus élevés que ce que l’on pensait au milieu du Crétacé, il y a 115 à 80 millions d’années.

Le milieu du Crétacé a été l’apogée des dinosaures, mais a également été la période la plus chaude des 140 dernières millions d’années, avec des températures sous les tropiques pouvant atteindre 35 degrés Celsius et le niveau de la mer 170 mètres plus haut qu’aujourd’hui.

Cependant, on savait peu de choses sur l’environnement au sud du cercle antarctique à cette époque. Les chercheurs ont découvert des preuves d’une forêt pluviale tempérée dans la région, comme on en trouverait aujourd’hui en Nouvelle-Zélande. Et cela malgré une nuit polaire de quatre mois, ce qui signifie que quatre mois par an, il n’y avait pas du tout de soleil pour donner la vie.

La présence de la forêt suggère que les températures moyennes étaient d’environ 12 degrés Celsius et qu’il n’y avait probablement pas de calotte glaciaire au pôle Sud à l’époque.

Les preuves de la forêt antarctique proviennent d’un noyau de sédiments forés dans le fond marin près des glaciers de Pine Island et de Thwaites dans l’ouest de l’Antarctique. Une section du noyau, qui aurait initialement été déposée sur terre, a attiré l’attention des chercheurs avec sa couleur étrange.

L’équipe a scanné la section du noyau et a découvert un réseau dense de racines fossiles, qui était si bien conservé qu’on pouvait distinguer des structures cellulaires individuelles. L’échantillon contenait également d’innombrables traces de pollen et de spores de plantes, y compris les restes de fleurs jamais trouvées à ces hautes latitudes antarctiques.

Pour reconstruire l’environnement de cette forêt préservée, l’équipe a évalué les conditions climatiques dans lesquelles vivent les descendants modernes des plantes, ainsi que l’analyse des indicateurs de température et de précipitation au sein de l’échantillon.

Ils ont constaté que la température moyenne annuelle de l’air était d’environ 12 degrés Celsius, soit environ deux degrés de plus que la température moyenne en Allemagne aujourd’hui. Les températures estivales moyennes étaient d’environ 19 degrés Celsius. La température de l’eau dans les rivières et les marécages a atteint jusqu’à 20 degrés et la quantité et l’intensité des précipitations dans l’ouest de l’Antarctique étaient similaires à celles du pays de Galles d’aujourd’hui.

Site de découverte en antarctique (Crédit : Imperial college of london)

Les chercheurs concluent qu’il y a 90 millions d’années le continent antarctique était couvert d’une végétation dense, qu’il n’y avait pas de calotte glaciaire dans la région du pôle Sud et que la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère était beaucoup plus élevée que cela était supposé précédemment pour le Crétacé.

L’auteur principal, le Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine, a déclaré :

Avant notre étude, l’hypothèse générale était que la concentration mondiale de dioxyde de carbone dans le Crétacé était d’environ 1000 ppm. Mais dans nos expériences basées sur des modèles, il a fallu des niveaux de concentration de 1120 à 1680 ppm pour atteindre les températures moyennes à l’époque dans l’Antarctique.

Dr Johann Klages, du Centre Helmholtz

 

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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 16:42

 

La surmédiatisation des événements naturels violents tend à fausser notre perception du réel.

L'exemple suivant est assez symptomatique, d'autant que la question des catastrophes tropicales est très souvent reliée au dérèglement climatique attribué aux activités humaines.

Voici des chiffres qui démentent clairement l'image d'épinal véhiculée par les grands médias.

 

 

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 15:11
Le Liban: triomphe du vivre ensemble ou de l'entre-soi ?

"Le Liban n'est pas un pays, a lâché Jean-Paul II au cours d'une visite pastorale, c'est un message".

Je le tiens plutôt pour un labo, sinon pour une formule d'avenir. Ce mouchoir de poche de minorités et de solidarités confessionnelles (17 communautés religieuses officiellement reconnues) dont les compromis boiteux tiennent l'Etat sous le joug, il est tentant d'y voir une traîne folklorique du puzzle impérial ottoman (...).

Je me demande plutôt si cette Phénicie éclatée, ce pays mêlé où les entre-soi ne se mêlent pas, ne fait pas office de pionnier. Et si la condition libanaise était la condition humaine de demain chauffée à blanc ? Portant au carré le "narcissisme des petites différences", ce champ clos prend à rebrousse poil le pronostic des Lumières. Et si ce qu'on avait cru derrière nous était désormais devant: le clan, le fief, la famille ? Et si la tribu était l'avenir post-moderne ?

La glissade de l'Etat-nation à l'ethnie, de la citoyenneté à la communauté, n'est-ce pas quoi on assiste en Europe même, où se dire citoyen commence à faire vieux jeu ?

Tel serait le choc en retour un peu partout, de la globalisation techno-financière en voie d'achèvement. On pourrait compléter cette singulière peau de léopard territoriale par un autre glissement: de la fédération par le courant de pensée au regroupement par les liens du sang. Après l'utopie le génétique ? Je doute qu'on gagne au change.

Régis Debray, Un Candide à sa fenêtre, chapitre "mondes", Gallimard, 2015

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:11

Après 1981, je demandais à François Mitterrand : Pourquoi maintenant que tu as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondait qu'il n'avait pas le pouvoir d'affronter la Banque Mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu'il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. 
J'appris ainsi qu'être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J'ai vécu l'expérience directement durant quatorze ans. 
En France, on élit, et les élus font des lois qu'ils n'ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. 
La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? 
Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire.

Danielle Mitterrand

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 16:16

Les observations de la Nasa démontrent depuis plusieurs années et notamment en 2015 une extension importante des glaces de l'Antarctique, contrastant avec la situation au pôle Nord.

Décidément le réchauffement climatique global n'en finit pas de surprendre pas ses effets paradoxaux.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 14:53
Un discours clé de Kennedy

Mesdames et messieurs,

Le mot « secret » est en lui-même répugnant dans une société libre et ouverte. Et en tant que peuple par nature et historiquement, nous nous opposons aux sociétés secrètes, aux serments secrets, et aux procédures secrètes. Nous avons décidé, il y a longtemps, que les dangers de la dissimulation excessive et injustifiée à l'égard des faits pertinents sont plus grands que les périls qui sont cités pour la justifier. Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt à s'opposer à la menace d'une société fermée en imitant ses restrictions arbitraires.

Même aujourd'hui il y a peu d'intérêt d'assurer la survie de notre nation si nos traditions ne survivent pas avec elle. Et il y a un très grave danger d'une annonce d'un niveau de sécurité plus élevé par ceux qui sont hâtifs d'élargir sa signification à l'extrême limite de la censure officielle et la dissimulation. Cela, je n'ai pas l'intention de le permettre dans la mesure où c'est sous mon contrôle. Et aucun membre de mon administration, que leur grade soit élevé ou pas, civil ou militaire, ne devrait interpréter mes paroles ici, ce soir, à titre d'excuse pour censurer les nouvelles, étouffer la dissidence, cacher nos erreurs ou retenir pour la presse et le public, que les faits qu'ils méritent de savoir. (...)

Parce que nous devons faire face tout autour du monde à une conspiration monolithique et impitoyable qui compte principalement sur des moyens cachés pour étendre sa sphère d'influence, basée sur l'infiltration plutôt que sur l'invasion, utilisant la subversion plutôt que les élections, de l'intimidation au lieu du libre arbitre, des guérillas la nuit au lieu des armées les jour. C'est un système qui a nécessité énormément de ressources humaines et matérielles dans la construction d'une machine étroitement soudée et d'une efficacité remarquable qui combine les opérations militaires, diplomatiques, de renseignements, économiques, scientifiques et politiques. Les préparatifs sont occultés, et non publiés. Leurs erreurs sont passées sous silence et ne font pas la une des manchettes Ces détracteurs sont réduits au silence, au lieu d'être admirés. Aucune dépense n'est remise en question, aucune rumeur ne circule, aucun secret n'est révélé. (...)

Aucun président ne devrait craindre d'être inspecté minutieusement et publiquement par rapport à ses programmes. De cette inspection découlera la compréhension et de cette compréhension vient soit du soutien, soit de l'opposition et les deux sont nécessaires. Je ne demande pas à vos journaux de supporter mon administration mais je sollicite votre aide dans l'immense tâche qui est d'informer et d'alerter le peuple américain. Parce que j'ai une confiance complète dans la réaction et le dévouement du peuple américain lorsqu'il est informé de tous les faits. Je ne sème pas seulement la controverse chez vos lecteurs, mais je l'accueille. Cette administration a l'intention d'être honnête à propos de ses erreurs. Comme un homme sage a déjà dit: « une erreur ne devient pas une bévue tant que tu ne refuses pas de la corriger ».

Nous avons l'intention d'accepter la responsabilité totale de nos erreurs et nous nous attendons de votre part que vous nous les pointiez du doigt lorsque nous les manquons. Sans débats, sans critique, aucune administration et aucun pays ne peuvent réussir et aucune république ne peut survivre. Voilà pourquoi le législateur athénien Solon a décrété comme étant criminel, tout citoyen se désintéressant de la controverse. Et c'est pourquoi notre presse a été protégée par notre premier amendement. La seule entreprise en Amérique qui est spécifiquement protégée par notre constitution, non pas principalement pour amuser et distraire, pour mettre en évidence ce qui est mondain et sentimental, pas simplement pour donner au public ce qu'il veut, mais plutôt de l'informer, le stimuler, le faire réfléchir pour faire état de nos dangers et de nos opportunités, pour indiquer nos crises et nos choix, pour guider, mouler, éduquer et parfois même fâcher l'opinion publique. Cela implique une plus grande couverture et analyse des nouvelles internationales. Car elles ne sont plus lointaines et étrangères, mais à présent près de nous et locales, cela signifie l'importance d'une plus grande attention à l'amélioration de notre compréhension des nouvelles et de leur transmission. Cela signifie finalement que le gouvernement à tous les niveaux doit honorer ses obligations de vous fournir le plus d'informations possibles en dehors des limitations les plus étroites de la sécurité nationale.

Et donc c'est à la presse imprimée, qui enregistre les actions de l'humanité, qui est le gardien de notre conscience, c'est en la dépêche de nos nouvelles que nous cherchons de la force et de l'assistance avec la certitude qu'avec votre aide l'homme deviendra ce pourquoi il est né: libre et indépendant.

J-F Kennedy, discours devant l'industrie des médias, 17 avril 1961

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:39
La dictature parfaite selon Huxley
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 22:03
Nous savons très exactement grâce à l'ouvrage de Peyreffite C'était de Gaulle, (tome 2 paru en 1997) les raisons pour lesquelles Charles de Gaulle refusait systématiquement de commémorer le débarquement de Normandie le 6 juin. Il s’en est longuement expliqué devant Alain Peyrefitte, en 1963 et en 1964, alors que celui-ci était son ministre de l’information et qu’il le voyait en tête-à-tête plusieurs fois par semaine.

EXTRAITS

  • 30 octobre 1963

En nommant Jean Sainteny ministre des Anciens combattants en décembre 1962, le Général lui avait demandé de consacrer son énergie à l’année 1964. Elle était propice à raviver le souvenir de deux des années glorieuses : cinquantenaire de 1914 et vingtième anniversaire de 1944.

À la fin du Conseil du 30 octobre 1963 au Jean Sainteny a évoqué les cérémonies prévues pour la commémoration de la libération, Pompidou me prend à part : « Tâchez de faire revenir le Général sur son refus d’aller sur les plages de Normandie… » Je suis stupéfait et de l’information et de la demande. « Enfin, reprend Pompidou, prenez des précautions… Je m’y suis cassé les dents. »

Sainteny m’apprend ensuite qu’il se les était déjà lui-même cassées. Naturellement, je vais me les casser aussi.

 

de gaulle Churchill france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

« La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. » 

Alain Peyrefitte (l’air candide) : « Croyez-vous, mon Général, que les Français comprendront que vous ne soyez pas présents aux cérémonies de Normandie ?

Charles-de-Gaulle (sévèrement) : – C’est Pompidou qui vous a demandé de revenir à la charge ? (Je ne cille pas). Eh bien, non ! Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement.

Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne (il appuie).

Il m’a crié de toute la force de ses poumons : « De Gaulle, dites-vous bien que quand j’aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! » (Il me l’a déjà dit. Ce souvenir est indélébile.)

« Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

Charles-de-Gaulle : « Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! Ils avaient préparé leur AMGOT (Allied  military government for occupied territories) qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis.

Charles-de-Gaulle : « C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération !

Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là ! Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !"

  • « M’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non ! »

Charles-de-Gaulle : « En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence, que notre première armée y a été associée dès la première minute, que sa remontée fulgurante par la vallée du Rhône a obligé les Allemands à évacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la Résistance.

Charles-de-Gaulle :Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses françaises, puisque les Français de l’intérieur et de l’extérieur s’y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non !

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de mémoire que ça ! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n’ai aucune raison de célébrer ça avec éclat. Dites-le à vos journalistes. »

Il reprend : « Ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Américains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront là pour les honorer dignement. »

NOTE : Sainteny et Triboulet étaient respectivement Ministre des anciens combattants et Ministre de la coopération en 1964.

  • 13 mai 1964

Espérant que le général aura oublié sa vive réplique, ou en tout cas aura oublié que c’est à moi qu’il l’a adressée, je remets la question sur le tapis, 10 mois et demi plus tard, le 13 mai 1964.

  • « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Alain Peyrefitte : « Ne craignez-vous pas, si nous ne devons pas du moins quelques explications, que votre absence du 6 juin en Normandie soit mal interprétée ?

Charles-de-Gaulle : – Mais je vous l’ai déjà dit ! Il n’a jamais été question que j’y aille ! Je ne suis pas allé pour le cinquième anniversaire ; ni pour le dixième ; ni pour le quinzième. Pourquoi voulez-vous que j’y aille pour le vingtième ? Et j’ai demandé au Premier ministre de ne pas y aller non plus. D’ailleurs, le Premier ministre anglais n’y va pas. Johnson ira pas non plus. Pourquoi irions-nous ?

(Évidemment, Wilson et Johnson n’y vont pas, parce que De Gaulle n’y va pas.)

Alain Peyrefitte :Eisenhower et Montgomery doivent y aller.

Charles-de-Gaulle : – Ce sont des acteurs, qui se font payer cher à la télévision. »

Finalement, Eisenhower et Montgomery, après avoir annoncé leur participation, ne sont pas venus.

  • 10 juin 1964

Après le Conseil du 10 juin 1964, le Général laisse percer encore son agacement : « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? S’étaient-ils battus pour que la France recouvre sa liberté, pour qu’elle contribue à sa délivrance ? Que faisaient-ils pendant la guerre ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Et lui, il a dû se battre pour que le débarquement ne se passe pas complètement de la France libre. S’il a prononcé son discours de Bayeux le 16 juin 1946, ce ne fut pas pour commémorer le débarquement du 6 juin, mais son débarquement sur les talons des Américains, le 16 juin 1944 à Bayeux.

Il recule son fauteuil, cale son dos. Il a envie de parler.

vous croyez americains anglais debarque normandie faire plaisir Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

 

Charles-de-Gaulle : « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer, pour détruire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin. Churchill avait demandé à Eisenhower d’essayer de libérer Paris pour Noël. Il lui avait dit : « Personne ne pourra vous en demander davantage. »

Eh bien si, nous étions décidés à demander davantage ! Le peuple de Paris s’est soulevé spontanément et il aurait été probablement écrasé sous les décombres, comme le peuple de Varsovie, s’il n’avait pas été soutenu. Mais il y avait des hommes qui, trois ans plus tôt, à Koufra, s’étaient juré de libérer Paris, puis Strasbourg. Ce sont eux qui ont libéré Paris avec son peuple.

NOTE  : Leclerc et sa colonne, qui venaient du Tchad pour rejoindre la Tunisie en guerroyant, avaient fait, dans l’oasis de Koufra, le serment de ne pas déposer les armes avant d’avoir libéré Paris et Strasbourg.

  • « Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. »

Charles-de-Gaulle : « Mais nous n’avions pas l’accord des Américains. Quand j’ai vu que l’insurrection parisienne allait être écrasée par une division allemande intacte qui arrivait de Boulogne-sur-Mer, j’ai donné l’ordre à Leclerc de foncer. C’est ainsi que nous avons évité à Paris le sort de Varsovie. Nous avons obligé les Anglo-Saxons à changer de stratégie. Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. Ce qu’ils voulaient, c’était en finir avec Hitler, en essuyant le moins de pertes possibles. Ce qu’ils voulaient épargner, c’était le sang des boys, ce n’était pas le sang, les souffrances et l’honneur des Français.

« Effectivement, si les Anglo-Saxons avaient pu mener leur stratégie jusqu’au bout, ils auraient peut-être réussi à frapper l’Allemagne au cœur plus vite. De toute façon, Hitler aurait fini par être battu, et la France aurait fini par être libérée. Mais si les Français étaient restés passifs, et si nous n’avions pas eu de part à la défaite d’Hitler, c’est au bout du compte lui qui aurait vaincu la France. »

EXTRAIT DE L’OUVRAGE « C’ÉTAIT DE GAULLE » D’ALAIN PEYREFFITE Tome 2, Édition de Fallois Fayard 1997 – pages 84 à 87 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 11:22
Évolution du PIB en France jusqu'en 2013

(évolution par rapport à l'année précédente en %)

 

 

en volume

Champ : France.

Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

2000

 

3,9

2001

 

2,0

2002

 

1,1

2003

 

0,8

2004

 

2,8

2005

 

1,6

2006

 

2,4

2007

 

2,4

2008

 

0,2

2009

 

-2,9

2010

 

2,0

2011

 

2,1

2012

 

0,3

2013

 

0,3

 

Evolution de l'indice du CAC 40(1) depuis 2005
Evolution CAC 40

Source: http://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=PX1p&t=lc7

 

Qu'est-ce-qui saute aux yeux lorsque l'on compare l'évolution du PIB de la France et celui de l'indice du CAC 40 depuis 2008 ?

 

(1) Créé en 1987, le CAC 40 est le principal indice boursier de la place de Paris. Sa première cotation a été décidée le 31 décembre 1987 mais il est entré en vigueur le 15 juin 1988. C’est un panier composé de 40 valeurs de sociétés françaises. Ces sociétés sont choisies parmi les 100 sociétés françaises dont les volumes d’échanges de titres sont les plus importants. Chaque société a un poids déterminé par rapport à sa capitalisation

 sur NYSE Euronext.

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