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"N'oublie pas de rechercher aussi le bonheur que procure une compréhension nouvelle, apportant un lien supplémentaire entre le monde et toi. Ce devrait être l'oeuvre à laquelle tu apportes le plus grand soin, et dont tu puisses être le plus fier."

 

Albert Jacquard, A toi qui n'est pas encore né.

histoire géo einstein

"Moins d'histoire et de chronologie, ça ne va pas faire des jeunes gens modernes, ça va faire des jeunes gens amnésiques, consensuels et obéissants

Régis Debray

 

 

"Les véritables hommes de progrès ont pour point de départ un respect profond du passé"

Ernest Renan

 

 

11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 11:19

Abbaye de Fronfroide (Département de l'Aude, France)

 

Les premières en date de ces règles occidentales, celle d'Augustin, remontent au IVè siècle et la plus connue attribuée à Benoît de Nursie. (…) Ces associations (les monastères) autonomes qui s'égrènent sur quinze siècles présentent les propriétés qu'on reconnaît non aux choses mais aux corps vivants: la stabilité (ils résistent à ce qui pourrait les démolir aisément), la solidité, preuve de solidarité entre ses constituants, la cohérence, pour ne pas dire la cohésion, et la figurabilité (un faciès propre à chacun).

Levons de suite un quiproquo. Le moine (du grec monos, seul) n'est pas celui qui vit seul, à part, en anachorète, mais celui qui cherche à se sanctifier en s'unifiant lui-même. Le péché est éparpillement. Les frères sont disponibles mais suroccupés, avec un horaire qui ne paraît pas laisser de temps mort (cuisine, vaisselle, lessive, intendance, travail de la terre, offices etc.). (…)

Chacun des trois vœux solennels du profès1 est un cri d'insoumission, un gant jeté à notre nouvel ordre moral: la chasteté, un défi à l'obligation de « jouissez sans entraves »; la pauvreté, à l'arrogance économique; l'obéissance, aux fastidieux devoirs de scandale. (...)La recherche en intimité de l'Un salvateur – l'union à Dieu et l'unité en soi – n'implique pas l'isolement physique. Comme s'il fallait se mettre à plusieurs pour atteindre au recueillement, rassembler son cœur et ses forces. (…) « La première espèce de moines, dit la règle de St Benoît, est celle des cénobites, c'est-à-dire de ceux qui vivent en commun dans un monastère et combattent sous une règle et un abbé. »

(…) Tout espace clos commande la vertu parce que la survie d'un microcosme2 étanchéisé dépend de sa discipline (...)

L'assemblée médiévale des frères applique depuis le VIè siècle le principe de l'élection pour désigner le supérieur (qui n'apparaît dans les communes qu'en 1143). Élection consensuelle, visant à l'unanimité, après longue discussion. Les cisterciens ont inauguré le vote à bulletin secret, et les dominicains, le vote à la majorité simple.(...)

Très longue est la liste de ce que nous devons aux frères des villes et des clairières: nos meilleurs collèges (Oxford et Cambridge), nos écoles militaires, nos maisons de retraite, notre hôtellerie, nos ladreries3, orphelinats, bibliothèques, asiles de fous, nos hospices et nos hôpitaux. Ajoutons-y pèle-mêle, la gastronomie, le réseau routier (ponts, quais, viaducs compris), l'agriculture et l'agronomie, les eaux et forêts, la papeterie (proche des moulins à eau), la bière (inventée au IXè siècle, les premières brasseries ayant été des couvents, et la bière trappiste gardant la palme), le whisky, né dans les monastères d'Écosse (sans doute du besoin d'alcooliser l'eau par mesure d'hygiène), en plus du houblon et de l'orge, la vigne et le vin (nécessaire à l'eucharistie), le marquage du temps (l'horloge mécanique, progrès technique décisif, inventée pour calculer et synchroniser les offices). Un bouffeur de curés emprunte sa langue aux moines chaque fois qu'il parle de déjeûner (rompre le jeûne), de sa profession (déclaration de foi), sa pitance (la portion du moine), qu'il rejette toute capitulation (le compromis passé entre l'abbé et ses subordonnés, les moins capitulaires)qu'il veut avoir voix au chapitre ou pouvoir décompter les voix, s'agissant de bulletins récoltés par tel candidat (car le moine devait déclarer son opinion à haute et intelligible voix), à l'issu d'un scrutin (scrupuleux dénombrement de voix). N'oublions pas en chemin la lecture silencieuse qui a rompu avec un millénaire de lecture acoustique, à haute voix.

Régis debray, Le feu sacré, Chapitre Fraternité « l'exploit monastique », Folio-essais, 2003,

 

1- Personne qui fait ses voeux religieux

2- Image réduite du monde, société en miniature

3- Lieux pour soigner les lépreux

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:50

Le sacrement du baptême, miniature XIIe siècle

L'intégration d'un nouveau né à la communauté des fidèles passe par le baptême. Ce sacrement qui efface le péché originel a donc une fonction sociale. En cas d'urgence, les laïcs, hommes et femmes, doivent l'administrer eux-mêmes. (…)

Autre rite de passage auquel préside le curé, le mariage doit désormais se dérouler publiquement. Les empêchements entraînés par la parenté canonique (réduits par Latran IV de 7 à 4 degrés) relèvent désormais de l'officialité. Partout les célébrations clandestines sont condamnées, sous peine d'amende pour le célébrant. Il appartient également au curé de publier les sentences d'excommunication dont les évêques usent et abusent. De simples prêtres vont jusqu'à prendre l'initiative de telles sanctions. L'abus des excommunications (souvent pour dettes) explique qu'elles ne frappent outre-mesure les destinataires qui font même de l'obstruction. (…) L'obligation pour les paroissiens d'assister aux offices ne se limite pas à la messe du dimanche. Elle s'étend aux jours fériés (de 50 à 60 selon les diocèses). Le contrôle du clergé s'étend désormais à la pratique des sacrements imposée par le canon de Latran IV: « tout fidèle parvenu à l'âge de discrétion doit confesser ses pêchés au moins une fois l'an à son curé, accomplir la pénitence qui lui est imposée, recevoir au moins à Pâques, le sacrement de l'eucharistie ». L'idée que les sacrements sont des remèdes et celui qui les administre un médecin fait figure de lieu commun que diffusent les prédicateurs.

La confession, tout en évitant l'enfer au pénitent, assure l'emprise du curé sur ses paroissiens. A partir de 8 ans, ceux-ci doivent avouer leurs fautes au moins une fois par an. (…) Il n'est pas encore question de confessionnal, mais les prêtres doivent disposer d'un endroit « où les gens puissent les voir l'étole au cou ». Également sous l'influence du concile de Latran IV, la généralisation de la communion pascale a pour corollaire le développement d'un respect quasi-superstitieux pour le Saint Sacrement.

B. Merdrignac, la Vie religieuse en France au Moyen-Âge, Synthèse-Histoire, 1994

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 17:28

Comparaison du calendrier du Rustican (1459) et de Piero de Crescenzi (1304-1306)

A- Calendrier du Rustican


annee

 

B-Extraits du calendrier de Crescenzi, agronome de Bologne (Italie)

Janvier: "on peut très bien couper les arbres  pour les bâtiments. Et l'on peut aussi se procurer du fumier nouveau et porter le fumier ancien aux hamps et aux vignes; semer fèves, ciceroles et vesces. Si les champs ne sont pas mous, on peut aussi faire les premiers labours.(...) Encore pendant ce mois, fait-on les poteries usuelles et les charettes et tout ce qui se fait dans les maisons durant le temps mort. On peut également acheter tous les animaux domestiques, capturer les animaux sauvages; et transporter les abeilles d'un endroit à l'autre."

Février: "On peut porter le fumier aux champs et y semer les fèves (...) sarcler le blé, le seigle et l'épeautre, drainer toutes ces terres et brûler les chaumes. (...) On taille également très bien la vigne. (...) Il est également possible d'élaguer les arbres (...) planter des variétés de légumes et herbes: ail, arroche, anis, aneth, céleri, absinthe, citronelle, oignon, basilic, chou, fenouil, réglisse, laitue, poireau, perseil, épinards, échalottes. Les herbes médicinales peuvent être plantées ce mois-là dans les jardins et ailleurs.(...)"

Mars: " au mois de mars on travaille très bien le sol des champs. On sème aussi l'avoine, les pois chiches et le chanvre dans les régions chaudes et les fèves dans les régions tempérées et froides. On sème aussi le sorgho, le millet et les haricots.  (...) Durant ce mois, on peut planter, transplanter et bêcher les arbres (...) . On y travaille aussi les jardins; on leur donne du fumier et on y sèmes toutes les graines inqidiquées au mois de février.  A la fin du mois on sème les concombres et les citrouilles, les melons, la sauge.(...)"

Avril: "On laboure les champs gras et les champs humides. On sème également les pois chiches dans les contrées froides  et, dans les contrées tempérées, le chanvre et le sorgho. (...) Il faut également protéger des bêtes les petits plants d'arbres. Dans les champs déjà labourés il faut veiller aux pigeons parce qu'ils trouvent peu de choses à becqueter dans les champs. (...) Il faut aussi nettoyer les ruches, tuer les gros papillons qui abondent, lorsque la guimauve fleurit. Ce moi-ci encore, on peut comme aux mois d'été, prendre fauves, oiseaux et poissons."

Mai:" On laboure les champs gras (...) les champs asséchés peuvent être labourés une seconde fois. (...) toutes les semences sont proches de la floraison: elles ne doivent plus être touchées par le cultivateur. (...) On peut greffer les pêcher, le citronnier et le figuier dans les contrées chaudes. Au même moment on laboure les parties des champs destinées à recevoir les semences ou les plantes de l'automne."

Juin: "Il faut mettre l'aire en état (...) à ce moment là on peut semer le millet et le panic. En premier lieu on moissonne l'orge. Ensuite vers la fin du mois on moissonne le blé dans les contrées chaudes, et on la commence dans les contrées tempérées. (...) Nous faucherons le foin pour la nourriture du bétail. C'est durant ce mois, également, que l'on doit récolter les légumes, et déraciner les fèves (...). On castre aussi les veaux, et l'on fait le fromage, et l'on tond les moutons dans les contéres froides. On ôte les gaufres, si elles ont beaucoup de miel, et l'on fait la cire." 

Juillet: "On doit labourer les champs cultivés pour la seconde fois, et l'on finit la récolte du grain et des légumes dans les régions tempérées. (...) Vers la fin du mois on sème les raves et les navets. (...) il faut cueillir les amandes, soumettre les vaches au taureaux, et semblablement les brebis aux béliers. On fauche les prés, là où l'herbe n'est pas encore arrivée à maturité.

Août: "Il faut labourer les champs pour les troisième fois. Au début du mois, et même avant, on arrache le lin et le chanvre (...). C'est encore vers la fin du mois que l'on cueille le sorgho, qui est alors mûr. On recueille et fait sécher les figues. (...) Dans de nombreuses contrées chaudes, vers la fin du mois, on commence à préparer la vendange. 

Septembre: " On peut labourer les champs gras et ceux qui, d'habitude, retiennent longtemps l'humidité. (...), Dans les régions chaudes on sème à ce moment-là le lin. (...) A la fin du mois dans les contrées tempérées on fait la vendange et tout ce qui en dépend. (...) On cueille également les fruits des arbres, dont la maturité apparaît alors. (...) Ce moi-ci on peut faire les nouveaux prés, en extirpant d'abord les racines, les ronces, les troncs, les arbres, l'herbe abondante et dure. (...) Ce moi-là on chasse les vieilles abeilles et on fait le meil et la cire.

Octobre: "On peut faire les puits, creuser les fossés et porter le fumier dans les champs. Dans les contéres tempérées on peut semer le blé, l'orge, l'épeautre, le lin. (...) Dans les régions chaudes on plante les cerisiers, les pommiers, les poiriers et tous les autres arbres qui ne craignent pas le froid. (...) On sème aussi dans les jardins l'ail, l'anet, les épinards, la guinmauve, les oignons, la menthe, le thym, l'origan (...). On enlève également aux abeilles le miel en excédent avec les gaufres et toute la cire corrompue."

Novembre: " Au début du mois de novembre dans les contrées chaudes, on sème convenablement le blé, l'orge et le seigle. Et vers la fin du mois, on sème la fève dans les chaumes non labourés.  Le lin et la lentille se sèment ce mois.  (...) Dans les contrées froides, il convient de bêcher les vignes nouvelles (...) et de fumer les terres maigres. Durant ce temps et par la suite, jusqu'au moment où la terre gèle, on doit prendre un soin particulier à la vieille vigne (...). Ce mois-là encore on met les béliers avec les brebis, et les boucs avec les chèvres, afin que les petits, nés au printemps, puissent se nourrir. Ce mois-là encore, on prend les fauves, les oiseaux et les poissons avec des artifices divers.

Décembre: "On peut semer les fèves (...) et couper les bois pour les maisons, et pour tous les autres travaux (...) et les haies vertes  pour le bois de chauffage, et les perches et les bâtons pour les vignes.  (...)  On peut prendre les bêtes sauvages - surtout par temps de neige -  avec les chiens et les oiseaux, avec des rapaces domestiqués avec des divers filets et avec de la glu.

Piero de Crescenzi (1233-1320)

 

Travail à réaliser

Donner un nom à chaque activité  du calendrier (doc A) et en ajouter une de votre choix à partir du doc B pour chaque mois.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 11:51

breughel

L'étude des jeux et des traités de pédagogie témoigne de l'attention portée aux enfants; on les laisse jouer aux osselets, à la pirouette (la toupie), à la poupée, aux cartes, à la petite guerre, comme faisait Duguesclin avec de jeunes garnements de son âge. L'adulte doit les corriger très jeunes, "plier la verge tant qu'elle est grêle et tendre" (car elle casserait), ne pas hésiter à réprimander, puis à frapper, même s'ils pleurent, car ils sont violents et ont tendance à faire nombre de vilaines choses, à voler, à blasphémer. On leur apprendra d'abord les deux commandements de Dieu: aimer Dieu, aimer son prochain puis, le plus tôt possible, un métier.  Les deux plus beaux sont ceux de clerc (car rien ne s'oppose a priori à ce que l'on devienne prélat, saint ou pape) et de chevalier. Il faut les commencer fort jeunes; durant le Haut Moyen Age, ce sont des bébés que l'on confie à des monastères qui savent parfaitement les élever; au XIIe siècle encore, Suger a commencé à 5 ou 6 ans. Les futurs chevaliers s'entraînent dès 7 ans et au plus tard à 10 ans. A Florence, au début du XVe siècle, on place les petites filles dès 8 ans chez un patron, où on les "oublie"; le garçon en apprentissage au même âge continue à résider fort souvent chez ses parents et y revient quand il se marie; dès 13 ans, filles ou garçons sont considérés comme des adultes et, s'ils sont autonomes, peuvent se marier.

En somme les enfants sont en partie protégés dans la société chrétienne: les avortements, les infanticides, les pratiques contraceptives chez les époux sont péché mortel puni et réprimé, et l'on recommande la continence durant les règles, pour éviter de procréer des enfants monstrueux, durant la grossesse pour éviter de léser ou d'écraser l'embryon, et durant l'allaitement, car on pense que le lait maternel est formé du sang menstruel et qu'une nouvelle fécondatio mobiliserait ce sang et amènerait la mort du nourrisson.

Il existe donc un amour de l'enfant. Mais il est en partie faussé par la dureté des conditions matérielles: morts nombreuses et précoces, souci d'assurer une production future et rapide. Du fait de la brièveté de la vie, les activités productives commencent beaucoup plus tôt que de nos jours et finissent plus tôt encore.

Robert Delort, La Vie au Moyen Age, chapitre "Structures mentales et vie sociale", Ed Point Histoire, 1982 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 07:14

paix de dieu

"Ecoutez, chrétiens1, l'accord de paix !

 

[1] Je n'envahirai d'aucune manière une église. Je n'empiéterai pas sur les aîtres [le terrain libre qui entoure une église et qui sert de cimetière ; lieu, délimité par des croix, où doit s'exercer la « Paix de Dieu », étendant celle-ci au-delà du refuge des églises] de l'église, sauf pour un malfaiteur qui aura enfreint cette paix. Et si j'envahis ces aîtres, je n'en retirerai, sciemment, rien d'autre que ce malfaiteur et ses affaires.

[2] Je n'assaillirai pas de clerc et de moine ne portant pas d'armes séculières ni de gens marchant avec eux sans armes ; je ne m'emparerai pas de leurs biens, sauf si leur culpabilité me donne alors une bonne raison de le faire. Et si leur culpabilité est prouvée, je ne prendrai pas plus que le prix du forfait et l'amende légale. (...)

[4] Je ne m'emparerai pas du paysan, de la paysanne, des serviteurs et des marchands. Je ne prendrai pas leurs deniers, je ne les ferai pas racheter, je ne prendrai ni ne gaspillerai leur bien, et je ne les fouetterai pas.

[5] Je n'enlèverai à personne son mulet ou sa mule, son cheval ou sa jument ou quelque autre bête se trouvant au pacage, y allant ou en revenant ou se trouvant en un autre lieu, à moins qu'ils ne me causent un dommage. Si j'en trouve, je ne les tuerai pas, je ne les détruirai pas. Si l'on veut bien réparer dans les huit jours le dommage qui m'a été causé et payer l'amende légale, je les rendrai.

[6] Je n'incendierai ni ne détruirai les maisons, à moins que je n'y trouve à l'intérieur un cavalier qui soit mon ennemi et en armes ou un voleur, ou qu'elles ne jouxtent un château qui réponde au nom de château. (...)

[9] Je ne détruirai pas de moulin, je ne m'emparerai pas du blé qui s'y trouve, à moins que je ne sois à l'ost2 ou qu'il ne se trouve sur la terre de ma propriété.

[10] Quant au voleur public et bien connu, je ne le protégerai pas et ne l'approuverai pas sciemment, ni son brigandage. Et l'homme qui enfreindra sciemment cette paix, qui viendra ou sera sous ma protection, je ne le protégerai pas dès que je serai au courant ; et s'il l'a enfreinte inconsciemment, soit je ferai réparation pour lui, soit je lui ferai faire réparation dans un délai de quinze jours après qu'on aura demandé raison. (...).

[12] J'observerai ce bref écrit tant que je vivrai (...). A l'exception des terres qui sont de mon alleu, de mon bienfait, en franchises ou en commandes ; à l'exception du temps pendant lequel je bâtis ou j'assiège un château, pendant lequel je participe à l'ost du roi, à celui de l'archevêque de Lyon et des évêques dont nous avons donné la liste des évêchés plus haut ou à celui des comtes ; à l'exception de la chevauchée des chevaliers. Même dans ce cas, je ne prendrai que ce que m'accorde mon sauf-conduit. Et je n'emporterai rien chez moi, à l'exception des fers pour les pieds des chevaux. Et je n'envahirai pas les sauvements de l'église pendant lesdits osts, à moins qu'on ne m'y ait interdit l'achat des vivres ou l'application de mon sauf-conduit.

[13] Depuis le début du jeûne jusqu'à Pâques closes, je n'assaillirai pas le cavalier ne portant pas les armes séculières et je ne lui enlèverai pas de force l'avoir qu'il portera avec lui.

[15] J'observerai tout cela, jusqu'à la présente fête de saint Jean-Baptiste, et à partir d'elle pendant sept ans.

 

Burchard, archevêque de l'Eglise de Lyon, a établi ce pacte de paix au concile de Verdun, en présence de ses évêques (...) qui tous ensemble ont prononcé la formule d'excommunication : celui qui ne tiendra pas cette paix à partir d'aujourd'hui, qui ne la jurera pas d'ici la fête de saint Pierre (à l'exception de ceux qui ont déjà juré), qu'il n'entre plus dans l'église avec les chrétiens, qu'il n'ait plus leur compagnie, qu'il ne reçoive plus le corps et le sang du Seigneur jusqu'à ce qu'il jure cette paix. Nous n'ordonnons pas de jurer ce sacrement à ceux qui ne sont pas cavaliers et ne portent pas les armes séculières. Participa à ce concile Oury, dans les faits honorable prêtre, en espoir vénérable évêque. "

 

Source : R. Bonnaud-Delamare, « Les institutions de paix dans la province ecclésiastique de Reims au XIe siècle », dans Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1715) du Comité des travaux historiques et scientifiques, années 1955-1956, Paris, 1957, p.148-153.

 

1. Document adressé aux chevaliers

2. Service militaire demandé aux chevaliers par le roi.

 

VOTRE TRAVAIL

 

A partir de cet extrait montrez tout d'abord que le XIe siècle est marqué par de nombreuses formes de violences que l'Église tente d'atténuer, puis présentez le moyen de pression utilisé par celle-ci pour y parvenir tout en nuançant l'impact qu'a pu avoir un tel serment. Le tout en une quinzaine de lignes. 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 14:21

 

 1004912-Cassel

La féodalité se fonde sur la vassalité. Ce principe définit une relation d'homme à homme. En échange de sa protection, le vassal rend hommage à plus puissant que lui: son suzerain. Le système vassalique se met en place entre 750 et 900. Sous Pépin le Bref, Charlemagne ou Louis le Pieux, les compagnons du roi (en latin "comites" d'où le mot « comte ») deviennent ses vassaux. Contrepartie du service qu'ils rendent sur le plan militaire, ce lien de dépendance personnelle assure leur sécurité. Ne pouvant révoquer ses vassaux, le roi les dote de terres (fiefs) dont la propriété devient héréditaire.

 

Jean Sévilla

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 10:17

moyen--ge"En échange de sa tenure, le tenancier doit à la mi-février 2 jours de travail avec des boeufs; en mars, 2 jours avec des boeufs; dans les quinze premiers jours d'avril, 1 jour avec des boeufs et dans les quinze autres jours, 1 jour avec des boeufs le matin, avec les mains l'après-midi; à la mi-mai, 7 jours avec des boeufs sur un hectare de terre; payer aussi le cens de 15 deniers; en juin, 2 jours avec des boeufs; en juillet, 3 jours avec une faux ou une fourche; entre août et septembre, 15 jours avec une faux pour moissonner deux hectares de terre, l'un de blé, l'autre d'avoine; à la Saint Rémi (début octobre), 7 jours avec des boeufs; en octobre, 1 jour avec ses mains et un autre jour avec des boeufs; de la Saint Martin (début novembre) jusqu'à la mi-février, 15 jours avec les mains."

D'après le censier (document qui énumère les charges des tenures) au domaine de Manise (Ardennes), fin XIè siècle

Questions

1- Qu'est-ce qu'un tenancier ?

2- Quelle somme doit verser le tenancier ?

3- Calculer le nombre de jours de corvées dans l'année

4- En quelle saison le seigneur exige-t-il le plus de jours de corvées ? Pourquoi ?

5- Sur quelles terres les tenanciers sont-ils tennus d'effectuer ces corvées ?

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 17:06

 

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:22

 

statue-pierre-ermiteLe pape Urbain II lança en 1095 la première croisade pour la libération de Jérusalem. Y participèrent des pèlerins déterminés mais dénués de toute expérience militaire. A leur tête: Gautier Sans Avoir et Pierre l'Ermite. Les croisés avancèrent vers l'Est sans même savoir quels pays ils traversaient. Comme ils n'avaient pas de vivres, ils pillèrent tout sur leur passage et provoquèrent ainsi bien plus de dégâts en Occident qu'en Orient. Ces représentants de la vraie foi se transfromèrent rapidement en une cohorte de vagabonds loqueteux, sauvages et dangeureux. Le roi de Hongrie, pourtant chrétien lui aussi, irrité par les dommages causés par ces va-nu-pieds, les attaqua pour protéger ses paysans de leurs agressions. Les rares survivants qui parvinrent à rejoindre la côte turque étaient précédés d'une telle réputation de barbares, mi-hommes mi-bêtes, qu'à Nicée les atuchtones les achevèrent sans la moindre hésitation.

 

Bernard Werber, Encyclopédie du savoir absolu et relatif, 2001

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 23:00

Travaux-paysans

 

Essayez, mois par mois, d'identifier le travail ou l'activité des paysans. (le mois de janvier est en haut à gauche, février juste à sa droite etc... jusqu'à décembre en bas à droite.)

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